vendredi 10 février 2012

Japon, 10 février 2012

Ultraman donne une information concernant les US (mais qui nous concerne tous quand même), la NRC approuve l'installation des tout nouveaux premiers réacteurs depuis 1978. Ce sont des réacteurs construits par Westinghouse (Toshiba) qui seront ajoutés aux deux réacteurs déjà existant de la centrale de Vogtle à Waynesboro en Georgie.

Une réflexion ''amusante'' du sénateur Tom Carper, président du sous-comité du sénat pour la sécurité nucléaire qui a accueilli l'annonce en disant, ''L'énergie nucléaire a aidé à juguler notre dépendance aux sales combustibles fossiles et a aidé à réduire la pollution de l'air qui endommage la santé et entraîne un changement climatique''.

Les bombardiers russes n'étaient pas les seuls au-dessus du Japon le 8 février

Plus de deux bombardiers russes au-dessus du Japon d'après The Voice of Russia (9 février) :
Des ''ours''russes survolent le Pacifique

Deux avions russes à longue distance du type TU-95 MS ont accompli une mission de patrouille de routine au-dessus de la zone neutre de l'océan Pacifique, a déclaré aux journalistes un porte-parole du ministère de la défense.


A différents stades, les bombardiers étaient accompagnés d'avions de chasse Su-27 et d'avions de reconnaissance A-50. Tous les vols se sont déroulés en strict accord avec la régulation internationale sur l'utilisation de l'espace aérien au-dessus des eaux neutres, a dit le porte-parole. Plus tôt, les médias japonais ont sonné l'alarme pour 5 avions militaires russes repérés près de la frontière japonaise.

Il n'a été fait d'aucune mention d'avions de chasse et d'avions de reconnaissance dans les news du Japon. Je me demande combien d'avions de chasse japonais ils ont escorté cette fois (en décembre 2010, des bombardiers à longue distance ont ''escorté'' 10 avions de chasse japonais)

Radioactivité au Japon : travail de décontamination entre 70 et 130 microsieverts/h dans un coin de Fukushima

Quel intérêt ?


Des ouvriers sous contrat empilent des sacs en plastique contenant de la terre fortement contaminée du sol d'une des zones les plus contaminées de toute la préfecture de Fukushima.





Cet endroit particulier, Okuma-machi (district où se situe la centrale nucléaire), fait des mesures régulières bien au-dessus de 100 microsieverts/h de l'air à 1mètre du sol.
Il y a 6 jours, l'air y mesurait 130 microsieverts/h, selon le Fukushima Minyu. Le journal dit que les niveaux de radiations n'ont pas changé beaucoup.

A 130 microsieverts/h, si quelqu'un y reste 24h/24 et 7 jours/7 pendant un an, cela fera 1138,8 millisieverts, ou 1,138 sieverts, par an. (seul le Pr Wade Allison pourra dire que c'est sans danger)

Dire qu'Okuma-machi est ''à l'intérieur du rayon des 20 km de la zone interdite'', comme le fait le Yomiuri dans l'article ci-dessous, est le moins que l'on puisse dire. Il est à 3 km de la centrale. Certaines installations publiques touchent l'enceinte de la centrale.

Du Yomiuri Shinbun (10 février) :


Le 9 février, le gouvernement national a invité la presse pour la première fois sur le site de stockage temporaire de déchets élaboré comme projet pilote de décontamination. Le site de stockage se situe à Okuma-machi, à l'intérieur du rayon des 20 km de la ''zone interdite''.

Deux emplacements sur le terrain de baseball de la ville, à 3 km de la centrale ont été montrés à la presse. Les taux de radiations du 9 février dépassaient 70 microsieverts/h à certains endroits. Ils sont les plus élevés de tous les emplacements surveillés par le gouvernement.

Des ouvriers en tenue de protection et  avec des masques empilaient 1 tonne de sacs de terre et de végétation contaminées. L'un des ouvriers a dit, ''porter le masque fait suffoquer, et mes mains sont gelées à cause des gants en caoutchouc. C'est un boulot difficile.''

Quatre couches de protection, comprenant des plaques étanches à l'eau, ont été étendues sur le sol où les sacs seront déposés. Une fois les sacs empilés, ils seront recouverts de 3 couches de plaques, qui eux-mêmes seront recouverts de terre. L'agence atomique japonaise qui a embauché les ouvriers de décontamination explique, ''98% de la radiation des sacs peut être empêchée.''

Bien, il n'y a pas d'information dans l'article sur ce qu'il en est des radiations venant des sacs contenant de la terre extrêmement contaminée tout près de la centrale. Les ouvriers ne sont pas concernés par la radiation mais par l'inconvénient de devoir travailler en tenue de protection qui n'empêche pas les radiations.


Les ouvriers sont-ils des employés de l'agence ou des ouvriers sous contrat, mais à en juger par la remarque de l'un d'entre eux, il est probable que ce soit le dernier cas. J'espère qu'ils étaient pleinement informés des risques et payés convenablement, mais le mot espoir est un vilain mot.
Mon idée de mal élevé est que les radiations venant des sacs peut être mesurée en millisieverts et non en microsieverts.


2077 Bq/kg de césium radioactif dans des shiitake déshydratés ''made in Japan''

C'est sûr. La préfecture d'Iwate est bien au Japon. Comme la société qui a emballé les shitake déclare qu'elle a mélangé des shiitake récoltés à différents endroits du Japon (peu importe qu'ils aient dit que les shiitake sont pour la plupart d'Iwate), la marque peut déclarer ''made in Japan''



Du Sankei Shinbun (9 février) :

7 paquets de champignons shiitake déshydratés avec du césium radioactif à 4 fois la norme de sécurité vendus dans un supermarché de Yokohama

La cité de Yokohama a annoncé le 9 février que 2077 becquerels/kg de césium radioactif a été détecté dans des champignons déshydratés vendus dans un supermarché de Kohoku-ku. La préfecture a demandé de retirer les paquets.

Les champignons proviendraient pour la plupart de la préfecture d'Iwate.

7 paquets ont déjà été vendus.
Si on consomme 80 grammes de shiitake déshydratés la radiation interne pour un enfant à la naissance serait de 0,003833 millisievert, et 0,0025724 millisievert pour des gens au-delà de 13 ans. Il est connu qu'en réhydratant les shiitake, la densité du césium radioactif diminue de 10%.
Comme si 80 grammes de shiitake déshydratés d'Iwate au césium radioactif est tout ce que vous mangez dans l'année.


La température du RPV du réacteur 2 reste proche de 70°C malgré l'injection accrue d'eau

70,6°C à 5h le 9 février, 67,9°C douze heures plus tard à 17h.

Ce que pense TEPCO de tout cela : elle va bien finir par diminuer un jour (sérieux)

D'après la feuille de données de référence de TEPCO sur les températures du RPV du réacteur 2 au 9 février :



Revoyons les récents événements au réacteur 2, réacteur à eau bouillante avec un confinement Mark 1 conçu par General Electric.


En octobre l'année dernière, le robot Quince a été envoyé en mission d'étude des niveaux de radiations dans le bâtiment du réacteur. Après être allé tout en haut et avoir mesuré 250 millisieverts/h, il a commencé à redescendre et s'est coincé quelque part entre le 5ème et le 2ème niveau après qu'un câble de communication a été soit endommagé, soit s'est débranché. Aujourd'hui,  le même Quince est en mission solo quelque part dans le bâtiment du réacteur 2 pour étudier l'effet des radiations sur l'équipement électronique.

Le 14 janvier, on ne sait pas pourquoi, la température du bâtiment des barres de contrôle a grimpé à 142°C, pour plonger à -197°C 5 jours plus tard le 19 janvier. TEPCO a annoncé qu'il était en panne. La température y est montée au-dessus de 130°C à nouveau fin janvier, et depuis est redescendue. Le 9 février, est elle à 70°C.

Le 19 janvier, TEPCO a fait une endoscopie à l'aide d'un endoscope industriel fabriqué par Olympus pour regarder à l'intérieur de la structure nommée enceinte de confinement, à l'intérieur du bâtiment du réacteur. Des douzaines d'ouvriers, qui s'étaient entraînés sur le réacteur 5 ont percé un trou dans l'enceinte de confinement, ont inséré un endoscope et l'ont manipulé pour voir à l'intérieur de l'enceinte qui contient toujours le RPV. TEPCO espérait trouver de l'eau au moins au niveau du premier niveau, à 5,30 m du fond de l'enceinte. Il n'y avait pas d'eau à ce niveau-là. Pas d'autre investigation de ce type prévue dans un futur proche.


Pas besoin de préciser que les thermomètres du fond du RPV n'ont pas mesuré la température de l'eau pendant très longtemps, comme tout le monde le sait.

Puis en février, TEPCO a annoncé que la température au fond du RPV avait grimpé depuis le 2 février. TEPCO  a réagi en augmentant la quantité d'eau injectée au RPV de 50% (de 9 tonnes par heure à 13,5 tonnes par heure) et a ajouté de l'acide borique. Probablement en résultat de ce supplément de 50% d'eau, la conduite souterraine du réacteur 2 a débordé.

Il n'est pas difficile d'imaginer qu'une augmentation respectable de la quantité d'eau contaminée doit être traitée.


TEPCO a fait une étude sur la limpidité de l'eau de la piscine de combustible usagé (SFP), dit l'ouvrier de Fuku

Pour l'instant, ce n'est que de l'ouïe-dire de la part de l'ouvrier qui tweete depuis la centrale. Mais il semble que TEPCO va nous montrer assez rapidement que la SFP du réacteur 4 est comme sous l'eau ;

L'ouvrier qui tweete depuis Fuku dit que TEPCO vient de faire une étude sur la limpidité de l'eau dans la SFP du réacteur 4 et qu'il s'apprête à filmer la piscine avec une caméra sous-marine.

Il semble que TEPCO  ait mesuré aujourd'hui la limpidité de l'eau dans la SFP du réacteur 4. Ils étaient supposés le faire la semaine dernière.

En se basant sur les données du jour, nous pourrons bientôt voir la piscine avec la caméra sous-marine. En fait, on peut vaguement discerner les barres de combustible à l’œil nu après que l'injection d'eau dans la piscine ait été arrêtée. Quand j'ai regardé la piscine avant que nous ayons installé les flotteurs pour la protéger, je ne pense pas avoir vu autant de débris que je m'y attendais.

J'ai vu des barres de soutien...les barres de combustible se trouvaient sur les supports et le support était à sa place. De toutes façons, nous allons le savoir bientôt. Quand les médias viendront à nouveau en visite, ils pourront peut-être s'approcher du réacteur 4, sinon au moins sur le plancher d'opération.

On a tellement spéculé sur le réacteur 4, en particulier à l'extérieur du Japon où des experts et des bloggers ont dit des choses du style que ''le réacteur 4 penche comme la Tour de Pise'', ou que ''le bâtiment du réacteur 4 s'effondre'' ; certains avec ce qu'ils avancent comme ''preuve'' (déclarations d'un expert interne au Japon), d'autres avec juste de l'imagination en regardant les photos montrant l'enlèvement contrôlé des débris. Il y en a qui insistent toujours sur le fait qu'il y a du cœur de combustible dans le RPV, bien que je ne sache simplement pas comment c'est possible en voyant le couvercle de l'enceinte de confinement soigneusement posé à côté sur le plancher d'opération.


Ce sera bien de voir au moins le combustible usagé (et le cœur du combustible enlevé du RPV) sur le support, non perturbé, comme le déclare l'ouvrier. Les murs porteurs qui tombent et renversent la SFP est une autre histoire.

La dernière photo de la SFP du réacteur 4 est de mai 2011.

4 commentaires:

  1. Dans la phrase "A 130 microsieverts/h, si quelqu'un y reste 24h/24 et 7 jours/7 pendant un an, cela fera 1138,8 millisieverts, ou 1138 sieverts, par an. (seul le Pr Wade Allison pourra dire que c'est sans danger)"

    Il faut bien sûr lire "ou 1,138 sieverts"
    A+ Jeep

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    1. OK, c'est corrigé, Jeep, merci. J'écris trop vite...

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    2. Tient !!! Lui, il a le droit de dire patati patata!

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  2. J'adore ce sénateur Tom Carper, ses discours sont tellement rassurant et pleins d'espoir pour l'avenir de nos enfants...

    Par contre...

    ...Il ne lit pas le bild , et encore moins le BBB!

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