Bistro Bar Blog

Toutes les traductions concernant le Japon, proviennent, sauf mention contraire, du blog EX-SKF (http://ex-skf.blogspot.com/)

Ne pas oublier l'envoi du courrier à la maison Asako. Je vous remets l'adresse. Timbre à 0.89 € :
Asako House
Aza-Kookuto 396
OMA-MACHI
Shimokitajun
AOMORI-PREF
039-4601
JAPON

Le 11 mars, participez aux 5 minutes contre le nucléaire entre 19h55 et 20h en coupant tous vos circuits électriques.


samedi 28 janvier 2012

Japon, 28 janvier 2012

Deux manières de vendre le riz contaminé de Fukushima : vente directe et remise à des grossistes

Peu importe ce que disent les gouvernements (nationaux, préfectoraux) ou les coops agricoles de Fukushima du riz sans danger de Fukushima grâce à des tests vigoureux, il y a tellement de manières possibles pour que le riz contaminé au césium radioactif atteigne les consommateurs sans qu'ils le sachent.


Un moyen pour vendre directement aux consommateurs, comme dans ce cas à Fukushima : ''du riz''Mochi'' (riz gluant qui accompagne un repas) contenant 1110 becquerels/kg de césium radioactif a été vendu dans une ferme de Date City, en Fukushima.


Du Jiji Tsushin (27 janvier) :

Le gouvernement préfectoral de Fukushima a annoncé le 27 janvier qu'on avait découvert du césium radioactif dépassant la limite provisionnelle de sécurité (500 Bq/kg) dans du riz ''mochi'' produit par une ferme de Date City. La densité était de 1110 becquerels/kg. Selon le gouvernement préfectoral, 57,5 kg de ce riz a déjà été vendu à la mi-novembre dans un dépôt de vente directe de la ville. Le dépôt demande le renvoi du riz.
Renvoi ? Il est plus que probable que le riz a déjà été mangé sous forme de ''mochi''.
Je n'éprouve vraiment aucune sympathie pour l'agriculteur qui a vendu le riz au dépôt de vente directe. A l'automne 2011, il devait être évident, même pour les gens de Date City, que leurs maisons, leurs terres étaient fortement contaminées. La ville avait fait des mesures de radioactivité et trouvé des ''points chauds'' partout.


Une autre manière est pratiquée par les coops agricoles : réduire le prix de gros de sorte que les distributeurs puissent obtenir une bonne marge, puis motiver les grossistes à promouvoir le riz de Fukushima. Je suis sûr qu'ils s'en réjouiront parce qu'ils font de toutes façons des mélanges avec des riz d'autres parties du Japon.


Toujours du Jiji Tsushin (27 janvier) :

La branche de Fukushima de la fédération nationale de l'association des coops agricoles s'est coordonnée avec des grossistes pour abaisser le prix de gros de certaines marques de riz produit à Fukushima en 2011. Plusieurs grossistes ont révélé l'info à des journalistes. Le nouveau prix sera effectif dès le 30 janvier. Comme les ventes se sont effondrées en raison des rumeurs sans fondement après l'accident de la centrale, la coop de Fukushima peut vouloir stimuler les ventes en abaissant le prix de gros.
Je ne pense pas probable que les grossistes répercuteront aux détaillants, selon ce qu'on a vu dans le passé.

Il n'y a que trop de filières pour faire partir le riz de Fukushima, car les coops ne gèrent que 23% du riz produit à Fukushima.


Au fait, les coops de Fukushima ont décidé d'une politique céréalière pour le riz cultivé en 2012. Les seules zones qui seront interdites de plantation seront celles qui produisent du riz dépassant 500 becquerels/kg de césium radioactif. Partout ailleurs, même dans celles qui ont la malchance d'avoir du riz avec du césium entre 100 et 500 becquerels/kg, les coops permettront la culture de riz après une ''décontamination approfondie'' du sol.


Hahahahahahahahahahahahahahahahahaha.

Nous savons de quelle décontamination ils parlent, n'est-ce pas ? Les cultivateurs de riz de Fukushima qui ont fait pousser du riz l'année dernière (la plupart d'entre eux) ont labouré leurs terres contaminées avant de planter, en mélangeant le césium, le strontium et autres nucléides avec le sol propre jusque-là. Il est plus que probable qu'ils ont déjà fait l'année dernière les labours d'automne avant la neige. La plus grande partie des terres n'a même pas été testée pour les matériaux radioactifs du sol.


Comment décontaminer la terre ? Ce ne sera sûrement pas en grattant la surface du sol. En enlevant 30 cm ? Non, ce n'est pas assez, parce que la pluie a pu faire pénétrer les matériaux. Jusqu'à 1 mètre, alors ? La partie productive du sol serait enlevée.


Centrale de Fukushima : plein de travailleurs immigrés non formés, TEPCO dit que les sous-traitants sont supposés les former
 
Le Tokyo Shinbun est un journal régional qui couvre la région de Kanto au Japon. Il a fait des reportages sur l'accident de Fukushima et la contamination radioactive en résultant d'une manière plus honnête et compatissante que tout autre journal. (leur seul défaut est que leurs liens ne semblent pas durer plus d'une semaine).

 
La meilleure couverture d'un quelconque sujet n'est néanmoins disponible que dans la version imprimée du journal. Mais pas de souci, car il y a toujours quelqu'un qui transcrit l'article et le poste sur internet pour qu'il soit lu.

 
Dans la deuxième partie d'un article du 27 janvier, le Tokyo Shinbun détaille le type d'ouvriers qui travaillent actuellement à la centrale : de jeunes travailleurs immigrés (dans les 20 ans) et des moins jeunes (dans la soixantaine), non formés, à 100 $ par jour (environ 75 € par jour). Certains même ne savent ni lire ni écrire.

 
Du Tokyo Shinbun (27 janvier) :

(la première partie de l'article parle de M. Osumi, le premier ouvrier à décéder en mai l'année dernière après que le travail de ''restauration'' ait démarré.)

Bas salaires
La relation entre la cause du décès de M. Osumi et l'exposition à la radioactivité est inconnue. Pourtant, c'est toujours une exposition à la radioactivité qui est le plus préoccupant pour les ouvriers qui travaillent à la centrale de Fukushima pour gérer l'accident. La limite d'exposition est revenue le 16 décembre dernier à un normal ''maximum 50 millisieverts par an'' et ''100 millisieverts en 5 ans''. Ce fut fait avec la déclaration de la ''fin de l'accident'' par le PM Noda ce jour-là.

La limite d'exposition avait été élevée à 250 millisieverts par an juste après l'accident, en tant que mesure spéciale. Le ministère de la santé et du travail faisait valoir que le chiffre était basé sur une norme internationale pour les accidents sévères qui était de 500 millisieverts. Mais le vrai but était d'augmenter le nombre d'heures que pouvait faire un ouvrier et augmenter le nombre d'ouvriers pour rapidement gérer l'accident. 

 
Cependant, lorsque le premier ministre a voulu déclarer ''la fin de l'accident'', la limite a été abaissée jusqu'à la limite normale.

Selon TEPCO, les niveaux d'exposition à la radioactivité des ouvriers ont dépassé [annuellement?] 250 millisieverts dans certains cas juste après l'accident, mais depuis avril il est resté dans la zone des 100 millisieverts.
Les ouvriers sont cependant inquiets au sujet de la gestion de la sécurité. Un sous-traitant a dit au journal :
 
''A l'heure actuelle, 70 % des ouvriers de la centrale sont des travailleurs immigrés sous contrat venant de tout le Japon. La plupart d'entre eux n'a jamais travaillé dans une centrale nucléaire auparavant. Le salaire est entre 8000 et 13.000 yens (entre 79 et 128 €) par jour. La plupart sont soit dans les 20 ans avec des difficultés à trouver du travail, soit dans les 60 ans avec des certificats venant de précédents emplois.''

 
Quant à la gestion de la sécurité, il a dit, ''Avant de démarrer un boulot à la centrale, il faut passer par une ''formation avant d'entrer dans la zone de contrôle de radioactivité''. Mais en réalité la formation n'est qu'un cérémonial. Les hypothèses du manuel ne correspondent pas au vrai travail sur site en situation d'urgence. Il y en a qui ne savent pas lire, mais quelqu'un d'autre passe l'examen à leur place à la fin de la formation.''

 
12 microsieverts/heure dans la zone de repos


''Puis les ouvriers démarrent leur boulot sur le site. Mais il n'y a pas assez de personnel pour  contrôler les radiations dans les endroits susceptibles, avertir et instruire les ouvriers. Il y a bien trop d'ouvriers parce que la nature du travail est de gérer l'accident. Il y a des ouvriers qui enlèvent leur masque ou qui fument même dans les endroits dangereux. Je me fais du souci pour leur exposition aux radiations internes.'' 

 
Dans la zone de repos où déjeunent et fument les ouvriers, le niveau de radioactivité est de 12 microsieverts/heure. ''Entre ouvriers, on ne parle pas des taux de radioactivité. C'est inutile.''

 
Un ouvrier nous a révélé, que ''pour l'instant, ils se sont débrouillés pour avoir du monde venant de tout le Japon. Mais il n'y aura pas assez d'ouvriers pour l'été, tous les patrons d'agence pour l'emploi le disent.'' Les entreprises de construction l'admettent aussi. [la rareté d'ouvriers pour l'été] 

 
'' Les entreprises locales qui ont participé au travail à la centrale n'y travaillent plus. C'est dangereux et il y a  d'autres boulots qu'à la centrale, comme la construction de logements temporaires. Les ouvriers professionnels migrants qui passent d'une centrale nucléaire à une autre au Japon évitent la centrale de Fukushima. Le salaire n'est pas particulièrement élevé, alors quel intérêt de ramasser de la radioactivité maximum autorisée et perdre l'opportunité de travailler dans d'autres centrales nucléaires ? Ce sont donc pour la plupart des amateurs qui travaillent en ce moment à la centrale. Tôt ou tard, le contingent d'ouvriers va se tarir.'' 

 
Pour les conditions de travail et le niveau des salaires des ouvriers en sous-traitance, un responsable de TEPCO explique, '' Nous pensons que les sociétés de sous-traitance fournissent des conseils appropriés.'' Quant à se procurer des ouvriers, il souligne qu'il n'y a pas de problème à ce sujet. Nous nous approvisionnerons en ouvriers nécessaires selon l'avancée du travail.''

 
Katsuyasu Iida, directeur général du centre de sécurité et de santé au travail à Tokyo, qui a été confronté aux problèmes de santé des ouvriers en nucléaire, souligne, ''les ouvriers sont prévus pour travailler dans un environnement dangereux. Le niveau des salaires descend, et il y a des cas où ils ne sont pas payés. Il devient plus difficile de trouver des ouvriers.''

 
Il dit aussi que la gestion de la sécurité ne peut être exécutée par TEPCO seul, et il demande au gouvernement national d'y participer. ''Ils ont besoin d'améliorer le système de gestion qui incluse les ouvriers en sous-traitance. A moins de leur fournir un environnement de travail sécurisé et de bonnes conditions de travail, ils ne peuvent gérer le travail de restauration qui peut continuer pendant un bon moment.''

 
Note du bureau [au Tokyo Shinbun] : les ouvriers de la centrale de Fukushima risquent leur vie. Certains le font pour 8000 yens par jour (79 €).Un conseiller à qui il est arrivé de travailler pour TEPCO, gagne plus de 10 millions de yens (98.000 €) par an. Les responsables qui ''sont tombés du ciel'' pour des boulots pénards au ''village d'énergie nucléaire'' sont en vie et en bonne santé. Sortir d'une production de courant par énergie nucléaire n'est pas qu'une question d'énergie. C'est de savoir si nous continuerons à ignorer une telle ''absurdité''.
Bien dit. Tous les gens de l'industrie nucléaire japonaise savaient que l'industrie dépendait (dépend encore) d'ouvriers immigrés qui étaient (sont encore) embauchés pour pas cher par des sociétés de sous-traitance. Grâce à l'accident de la centrale, le public est maintenant au courant. Mais il y en a plein qui sont toujours à l'aise avec l'énergie nucléaire fournie par les centrales nucléaires entretenues au dépens de ces ouvriers et qui n'y voient rien de mauvais.

1 commentaires:

Après l'avoir envoyé, vérifiez que votre commentaire a bien été pris en compte par le blog!!