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mercredi 25 janvier 2012

Japon, 25 janvier 2012

Cendres radioactives : l'IAEA dit que l'approche du gouvernement japonais pour enfouir 8000 Bq/kg de cendres dans des décharges classiques est conforme aux pratiques internationales

Pendant que les habitants des municipalités élèvent la voix contre le fait de recevoir des débris contaminés aux matériaux radioactifs, les municipalités sont tout à fait heureuses d'ignorer les habitants, citant la confiance du ministère de l'environnement que tout est sous contrôle et sans danger.


Une des autorités sur laquelle se repose le ministère en ordonnant pratiquement le traitement de débris à grande échelle dans tout le Japon est l'agence de l'énergie atomique internationale, l'IAEA.


Dans un document, qui ''conseille'' avec arrogance les municipalités de ne pas refuser la ''requête'' pour accepter, incinérer, enfouir et recycler les débris radioactifs, le ministère de l'environnement dit ceci :
La mission de l'IAEA a trouvé que la politique de l'incinération de cendres avec une radioactivité de 8000 ou moins becquerels/kg dans des décharges finales contrôlées sans traitement supplémentaire est parfaitement conforme à la méthodologie internationale établie...


L'IAEA a-t-elle vraiment dit ça ? J'ai donc cherché le rapport final de l'IAEA intitulé ''Remédier à de grandes zones contaminées hors site de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi''. Le rapport a été publié le 15 novembre 2011, après la mission de l'IAEA au Japon du 7 au 15 octobre 2011 :

Des directives sont parues pour la gestion des cendres d'incinération et des boues d'épuration selon leur niveau d'activité. Par exemple, des cendres d'incinération ayant des niveaux d'activité de 8000 Bq/kg ou moins doivent être disposées dans des décharges conventionnelles contrôlées sans aucun conditionnement supplémentaire. L'équipe trouve cette approche pleinement alignée avec les pratiques internationales établies.
Je demande donc aux lecteurs ayant une connaissance et des compétences en la matière : cela fait-il bien partie de pratiques internationales établies d'enfouir des cendres radioactives avec 8000 becquerels/kg de césium radioactif dans les décharges habituelles près de chez vous sans aucune précaution pour parer la radioactivité ? Si c'est le cas, où se trouvent les sites qui pratiquent cette forme d'élimination de déchets ?

Mon hypothèse au hasard est que le rapport de l'IAEA a été écrit par le gouvernement japonais, exactement comme les précédents concernant la cause de l'accident de la centrale (c'est le tsunami) qui étaient identiques à la position du gouvernement japonais et à la présentation faite à Washington DC le 26 mai par Naoto Sekimura, l'un des éminents professeurs de l'université de Tokyo en sciences nucléaires, dont l'apparition constante sur NHK les premiers jours de l'accident a servi à assurer le public (ignorant) que tout était sous contrôle, qu'il n'y avait pas de danger immédiat en dehors de la zone toute proche de la centrale.


Il n'y a quasiment aucune mention de la contamination sévère qui résultera probablement des incinérateurs et fours où les débris radioactifs seront brûlés, que ce soit dans le document du ministère de l'environnement ou dans le document de l'IAEA.


''Agence de régulation nucléaire'', c'est le nom de la nouvelle agence qui supervisera l'industrie nucléaire au Japon
Pourquoi un nom ? Parce qu'il sonne comme la contrepartie US, la commission de régulation nucléaire (comme si c'était une bonne chose).


L'idée de départ pour donner un nom à la nouvelle agence était d'utiliser le mot ''sécurité'' au lieu de ''régulation''. Mais le mot ''sécurité'' est devenu un mot si moche au Japon depuis un an (comme ''espoir'' et ''changement'' aux US depuis 3 ans) que l'administration Noda, qui semble prendre grand (plusieurs disent ''uniquement'') soin de la manière dont il est perçu aux yeux de la ''communauté'' internationale (quelle qu'elle soit), a décidé de ne pas utiliser le mot ''sécurité'' dans le titre de la nouvelle agence qui sera créée sous l'égide du ministère de l'environnement.


De l'Asahi Shinbun (24 janvier) :


L'administration Noda a informé le 24 janvier le Parti Démocratique du Japon  (PDJ, parti au pouvoir) de sa décision de nommer la nouvelle agence chargée de la régulation nucléaire ''Agence de Régulation Nucléaire''. L'agence sera déclarée comme agence affiliée au ministère de l'environnement en avril.
L'administration allait l'intituler ''Agence de Sécurité Nucléaire''. Cependant l'équipe du PDJ qui a déclaré terminé l'accident nucléaire a demandé en décembre dernier de l'appeler ''Agence de Régulation Nucléaire''. Elle sera créée en séparant l'agence de sécurité nucléaire et industrielle du ministère de l'économie, du commerce et de l'industrie, et en combinant la commission de sécurité nucléaire sous l'égide du Bureau du Cabinet et la division de surveillance des radiations sous l'égide du ministère de l'éducation et de la science.

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Du blog Netoyens.info

20 janvier 2011



Cérémonies du souvenir ou de l'oubli ?

Cet article date d’aujourd’hui (jiji com) nous confirme que le conseil des ministres a adopté ce matin le projet de grande cérémonie nationale en commémoration du Grand Séisme du 11 mars 2011. Le 11 mars prochain, donc, une cérémonie d’un niveau inégale aura lieu au Théâtre National de Tokyo à partir de 14h00, avec une minute de silence à 14h46, un discours de l’Empereur, du Premier Ministre, etc… Tous les puissants de ce pays seront là, ainsi que quelques victimes de la catastrophe naturelle.
 
En ce qui concerne l’accident nucléaire : pas un mot.
Et dehors, des dizaines de milliers de manifestants défileront contre le nucléaire.
Souvenons-nous des manifestations des 11 juin et 11 septembre 2011.

Nous n’avons pratiquement rien vu dans les journaux télévisés : toute la place était prise par les multiples « cérémonies du souvenir » dédiées aux victimes de la catastrophe purement naturelle.
Que ceci ne se reproduise pas le 11 mars prochain !

Que l’État japonais n’instrumentalise pas une fois de plus la juste commémoration du séisme pour faire oublier Fukushima, pour dénier l’existence des 100 000 manifestants prévus à Koriyama, préfecture de Fukushima, sans doute bien plus encore à Tokyo et les dizaines de milliers de manifestants partout ailleurs !

Soyons clair. La catastrophe naturelle faite de tremblements de terre et du tsunami d’une part et la catastrophe humaine résultant de l’accident nucléaire de Fukushima d’autre part, bien que presque simultanées, n’ont en fait rien à voir du point de vue de la responsabilité collective.
Le responsable des victimes de séisme c’est, globalement, la Nature.

Les responsables de l’accident nucléaire sont les suivants : l’entreprise Tepco et avec elle des sociétés nationales et étrangères comme Toshiba, General Electrics et Areva ainsi que le gouvernement japonais portent une lourde responsabilité; chaque habitant de ce pays aussi dans une certaine mesure.

Commémorer en même temps ces deux événements totalement différents, ce serait déjà faire insulte aux victimes de la catastrophe nucléaire, car ceci contribuerait à nier les responsabilités humaines en les diluant.

Mais ce qui va très probablement se passer, au niveau étatique, sera encore pire : pas un mot sur Fukushima le 11 mars 2012 !
Et pourtant… De qui doit-on se souvenir, avant tout, le 11 mars prochain, pendant qu’il est encore temps ?
Des enfants de Fukushima et des enfants des nombreux « hot-spots radioactivité ».
Je termine par un calcul un peu simpliste, mais implacable.

D’après le rapport officiel des 25 ans après Tchernobyl, on recense 98 000 décès causés par l’accident de 1986. La contamination des sols est déjà au moins moitié aussi importante autour de Fukushima. La contamination de l’Océan est immense et non mesurée. La densité de population est 6 fois plus importante au Japon qu’en Bélarusse. L’alimentation est peut-être un peu plus variée au Japon mais les normes de sécurité en matière d’alimentation et d’évacuation sont encore pires au Japon qu’elles n’étaient en URSS. 

On obtient donc : 98 000 divisés par 2 multipliés par 6 = environ 3 millions de décès.
Et bien sûr, le 11 mars prochain, le gouvernement ne parlera que des 20 000 morts dus aux catastrophes naturelles.

Alors, habitants du Japon - et du reste du monde - le 11 mars prochain, habillons-nous en jaune et courrons tous aux manifestations… avant d’entre nous aussi dans la cohorte des victimes de la catastrophe humaine !

4 commentaires:

  1. Official Trailer: Bottled Life - The Truth about Nestlé's Business with Water

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  2. http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=czfSwjx4yYA

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  3. 98 000 / 2 = 49 0000

    49 000 x 6 = 294 000

    Je vois pas ou est le zéro en trop ?

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  4. http://au-bout-de-la-route.blogspot.com/2012/01/cest-pas-le-moment-daller-au-japon.html

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