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mardi 24 janvier 2012

Japon, 24 janvier 2012

Le ministère de l'environnement semble avoir engagé des gens en sous-traitance pour répondre au téléphone à propos des débris de la catastrophe

Des citoyens japonais ont appelé directement le ministère de l'environnement, pour poser des questions sur la douteuse politique du ministère à répandre les débris de la catastrophe provenant des préfectures de Miyagi et Iwate à travers le Japon en les incinérant, les enfouissant et les recyclant. Très perplexes, ils s'entendent répondre par des gens du ministère qui semblent ne pas connaître grand-chose.


Il s'avère que la première ligne de défense du ministère (façon de parler) est tenue par des employés (ou des intérimaires) d'entreprises privées embauchés par le ministère pour répondre aux appels sur l'affaire des débris. Allant nulle part et n'obtenant aucune réponse sensée, beaucoup de gens déclarent forfait sur cette ligne de défense et raccrochent. Ceux qui persévèrent peuvent être obligés de traverser une ou deux autres couches jusqu'à avoir les vrais employés du ministère.


Il semble bien que certaines personnes qui répondent au téléphone semblent n'avoir pas dépassé le niveau de l'école primaire. La suite est un dialogue reconstitué entre un citoyen et une femme qui a répondu au téléphone au ministère (basé sur les tweets provenant de la même personne) :


La femme qui a répondu au téléphone du ministère :


Le ministère demande [aux municipalités] d'accepter des débris dont la radioactivité se situe entre 240 et 480 becquerels, donc que la radioactivité ne sera pas supérieure à 8000 becquerels après que les débris soient incinérés.


Citoyen
 :

Becquerel par kilogramme est l'unité de mesure, d'accord ? Alors que se passe-t-il s'il y a plusieurs tonnes de débris ?
La femme au ministère :
Cela ne veut pas dire que le nombre de becquerels va augmenter. Je vous dis qu'il n'y aura pas de changement, peu importe combien de tonnes de débris il y a.
480 becquerels/kg de césium radioactif dans les débris veut dire 480.000 becquerels de césium radioactif dans une tonne.

500.000 tonnes des mêmes débris contiendra 240 millions de becquerels de césium.
(je pense qu'un enfant d'école primaire ne pourrait manier des chiffres plus grands que les milliers)


Quand les citoyens parviennent enfin aux propres employés de bas niveau du ministère et demandent, ''A quel service de sous-traitance faites-vous appel pour le téléphone ?''


Le ministère répond toujours (bien sûr) ''Nous ne pouvons pas vous le dire.''


J'y vois quand même une bonne chose à partir de ce récent développement. Le ministère admet enfin ouvertement que les débris de Miyagi et Iwate sont contaminés aux matériaux radioactifs. Le récit du gouvernement, pour autant qu'il y ait un récit, a été que ce ne sont que des débris du séisme/tsunami du 11 mars, comme si l'accident nucléaire n'était jamais arrivé et qu'il n'y avait eu aucune retombée sur les débris.


De plus en plus de préfectures et municipalités ont néanmoins choisi de continuer à se focaliser sur le vieux récit, et ont exprimé leur intention d'accepter, d'incinérer, d'enfouir et ou recycler les débris. Ce sont la plupart des préfectures qui ont presque totalement échappé à la contamination des retombées de Fukushima, y compris la préfecture d'Akita (qui produit un des riz primeurs), la préfecture de Gifu (qui dit que c'est embêtant pour l'accident du réacteur à neutrons de Monju) et la préfecture et ville d'Osaka (dont le maire qui ressemble à un gamin est bourré d'ambitions nationales).


Le gouverneur de Kanagawa Kuroiwa, ancienne personnalité de la TV, fait de son mieux pour apporter les débris dans sa préfecture. Son grand argument est ''Parce que Tokyo le fait.''


Ces temps-ci, des citoyens ordinaires en connaissent bien plus que les officiels du gouvernement et les sous-traitants. Mais jusqu'à présent il semble que le gouvernement n'a rien à craindre des citoyens et fait ce qu'il veut.


Wall Street Journal : ''L'IAEA dit que le Japon seul devrait décider pour ses réacteurs''


(où on reparle de ce qu'Ayumi m'a expliqué par mail hier, concernant le risque d'un séisme de 7)

Le chef de la délégation de l'Agence Internationale de l’Énergie Atomique (IAEA) actuellement en visite au Japon a dit que le Japon seul doit décider s'il redémarre ses réacteurs après le stress-test. L'IAEA doit examiner les moyens avec lesquels le stress-test a été réalisé, et visiter deux centrales nucléaires dont les stress-test ont été concluants.


Mon idée : une approbation retentissante sur la manière dont le stress-test a été fait par le gouvernement japonais, avec quelques petits conseils concernant des améliorations futures.
Il y a encore des citoyens japonais qui pensent que l'AIEA va quelque peu freiner la campagne du gouvernement japonais pour redémarrer les centrales nucléaires malgré les rudes oppositions au niveau citoyen. Désolé. Et réveillez-vous.


Le Wall Street Journal a fait un article plutôt décousu sur la mission de l'IAEA au Japon, avec un premier tiers de l'article dévolu à analyser les tendances des tweets au Japon concernant le danger d'un gros séisme dans la région de Kanto et le dernier tiers parle de la préparation à la catastrophe de municipalités à 30 km autour de n'importe quelle centrale nucléaire.


(Peu importe que les matériaux radioactifs de l'accident aient contaminé de manière significative des zones qui sont à plus de 200 km et que le gouvernement pense toujours en cercles concentriques...)


Du Wall Street Journal version anglaise (23 janvier) :


L'IAEA dit que le Japon seul devrait décider de ses réacteurs


Par Mitsuru Obe


TOKYO – Lundi l'IAEA a démarré la mission d'une aide à l'identification de lacunes dans la procédure des contrôles de sécurité des centrales nucléaires, dans le but de renforcer leur résistance aux catastrophes naturelles, alors que Tokyo a commencé à échafauder des plans d'urgence avec les gouvernements locaux.


Soulignant les risques auxquels fait face le Japon, une nouvelle étude d'un institut de recherche a déterminé qu'il y a 70% de chance qu'un séisme de magnitude 7 touche la zone métropolitaine de Tokyo d'ici 4 ans, et 98% d'ici 30 ans. Le séisme de mars avait une magnitude de 9.


Cette dernière prédiction a surpris les habitants, et fait la une des journaux. Les prévisions du gouvernement, à l'aide d'une méthodologie différente, étaient qu'il y a 70% de chance qu'une secousse de magnitude 7 touche Tokyo dans les 30 prochaines années.


L'expression ''d'ici quatre ans'' à commencé à circuler sur Twitter dès le début de la journée, avec les utilisateurs disant qu'avec la menace d'un gros séisme rôdant au fond de leur tête, le nouveau calcul les a rendu plus conscient du besoin de faire des préparations d'urgence.


L'IAEA a été envoyée en mission en réponse à la requête du Japon pour évaluer la méthodologie de ses contrôles de sécurité stress-test en cours d'exécution sur les réacteurs à l'arrêt. En offrant de se soumettre à un examen international approfondi, le Japon espère regagner la confiance du public pour les procédures de sécurité et entraîner un éventuel redémarrage des réacteurs nucléaires.
Jusqu'à présent les efforts japonais pour regagner le soutien du public pour le redémarrage des réacteurs a eu peu de succès, avec 49 réacteurs sur 54 actuellement hors service. En mai, ces 5 derniers devront être fermés pour maintenance.


Le chef de mission de l'IAEA, James Lyons, a dit que la décision de redémarrer ou non les réacteurs inactifs est du ressort exclusif du gouvernement japonais.


''Nous n'allons pas nous focaliser sur le fait de savoir s'il est ou non acceptable de redémarrer une quelconque centrale. C'est la responsabilité pleine et entière du gouvernement japonais,'' a dit Lyons, directeur de la division de sécurité des installations nucléaires de l'IAEA et ancien responsable de la commission de régulation nucléaire US.


M.Lyons a dit que la mission va se concentrer sur le nombre de zones à examiner pour le stress-test du gouvernement, comprenant les procédures pour accident sévère, des événements extérieurs extrêmes et la perte d'approvisionnement en électricité hors site.


Durant leur séjour de neuf jours jusqu'au 31 janvier, l'équipe des 10 experts de l'IAEA visitera deux réacteurs récemment certifiés comme sûrs par les régulateurs japonais pour évaluer si les contrôles prennent en compte tous les risques potentiels.


Lundi, le gouvernement japonais a demandé aux autorités locales que dans un rayon de 30 km autour des centrales soit établis des plans de réponse d'urgence à de possibles catastrophes nucléaires.
De tels plans n'ont été demandés que pour les gouvernements locaux à l'intérieur d'un rayon de 8 à 10 km, mais le gouvernement a décidé que des plans d'urgence devraient être faits pour des zones beaucoup plus larges à la suite de la catastrophe de Fukushima. 


Le gouvernement demande aussi que les plans pour des catastrophes naturelles majeures soient beaucoup plus spécifiques, en détaillant les méthodes d'évacuation, la distribution de comprimés d'iode pour l'exposition aux radiations, la sécurisation de canaux de communication et le déploiement de postes de surveillance de la radioactivité.


''La catastrophe nucléaire de mars a montré de sérieuses failles dans la communication entre les gouvernements,'' a dit Goshi Hosono, ministre chargé des catastrophes nucléaires, en parlant de l'échec pour alerter les communautés locales de la dispersion des panaches radioactifs de la centrale de Fukushima dans les premiers jours de la crise de 2011.


En même temps, le Pr Naoshi Hirata, de l'institut de recherche sismologique de l'université de Tokyo a déclaré que le séisme de mars a apparemment augmenté les risques de séismes majeurs dans la zone métropolitaine de Tokyo d'ici les quatre prochaines années.


Il y a une corrélation entre le nombre de petits séismes et celui des gros, selon le Pr Hirata. Une récente augmentation du nombre de petites secousses autour de Tokyo indique que le risque d'un gros séisme a aussi augmenté, a-t-il dit.


''L'équilibre a changé depuis le 11 mars,'' a ajouté Shinichi Sakai, un chercheur associé de l'institut. Il a dit que pointer  l'exact emplacement d'un imminent séisme est impossible, mais que les chercheurs vont tenter de rétrécir le champ des possibilités et réviser les scénarios de ce qui pourrait survenir dans l'avenir.


Une exceptionnelle pêche de bonites* dans le port de Katsuura, préfecture de Chiba, la première de l'année
 
*bonites = variété voisine des thons (est utilisé entre autres pour faire des sushis)


La première pêche à la bonite de l'année au port de Katsuura dans la préfecture de Chiba a ramené cinq fois plus de poissons que d'habitude.


L'autre jour, c'était les ostréiculteurs du port de Kesennuma à Miyagi qui ont démarré la récolte des huîtres parce qu'elles grossissaient trop et trop vite.


Asahi Shinbun, version locale de Chiba (24 janvier) :


La première prise de bonites de l'année, 58 tonnes, a été remontée au port de pêche de Katsuura le 23 janvier. Le port, qui se vante d'être l'un des meilleurs du Japon pour la bonite, s'est animé devant pareille pêche. 
Deux bateaux de pêche à la bonite de la préfecture de Mie sont rentrés au port. 58 tonnes de bonites, incluant celles prises à l'hameçon près de Io-jima ont été transportées dans la zone de tri. La pêche habituelle est de 10 tonnes par jour. Il est également rare de voir deux bateaux arriver le même jour. Les bonites sont de belle taille, et ont été vendues entre 400 et 500 yens le kilo. La pêche à la bonite commencera sérieusement en février.
La pêche inclut celles au large de Io-jima, mais aussi celles d'ailleurs, comme indiqué dans l'article sans mention du lieu exact.

La radioactivité des bonites attrapées à 940 km au large de la côte d'Aomori en novembre et ramenées au port de Chiba s'élevait à plus de 15 becquerels/kg de césium radioactif, selon l'information donnée par la préfecture de Chiba.

1 commentaire:

  1. hummm, on va pouvoir manger des bons sushi avec des bonnes grosses huites!!
    Cette année, innovation dans les restos de cuisine japonnaise. Pour attirer les cliens qui bondent encore la cuisine japonnaise, ils on inventer le sushi phosphorescent!

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