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dimanche 31 juillet 2011

Au Japon, l'espoir d'une décontamination par les algues

On peut penser à appliquer le procédé aussi pour nous, si besoin.

Fukushima : l’espoir d’une décontamination par les algues

Par Jean-Emmanuel Rattinacannou, Futura-Sciences
 
À Fukushima, l’espoir pourrait venir du côté des algues. L’espèce microscopique Parachlorella sp. binos, testée dans des universités japonaises, aurait la capacité d’absorber et de fixer rapidement des éléments radioactifs. Une piste pour traiter les millions de litres d’eau contaminée stockés à terre et, pourquoi pas ensuite, les eaux côtières.
  • Tout savoir sur les algues grâce à notre dossier
On connaissait les bactéries mangeuses de pétrole pour nettoyer les marées noires, voici des algues qui enlèvent les éléments radioactifs de l’eau ! Un nouveau produit de décontamination a été présenté mi-juillet par l'entreprise Kaneka et l'institut Kitasato. 

C’est que le long de la côte nord-est du Japon, autour de la centrale dévastée, la radioactivité s’étend toujours en mer. Et si selon Tepco, les eaux les plus contaminées ont été stockées à terre en attendant de trouver une solution, les fuites de la centrale entraînent toujours des rejets polluants dans l’environnement. 

Pour traiter les eaux les plus dangereuses, l’exploitant de la centrale, en partenariat avec Areva, a tenté d’utiliser des zéolites. Ces minéraux, grâce à leur très forte porosité, ont la capacité de retenir des polluants comme une éponge. Mais le procédé est long, très couteux et finalement peu efficace. 

Des algues comme liquidateurs
 
Les algues, elles aussi, fixent naturellement certains éléments de l’eau de mer, par exemple le calcium ou la silice que certaines utilisent pour fabriquer une enveloppe solide. C’est d’ailleurs une voie de concentration problématique des polluants le long de la chaîne alimentaire. Mais des chercheurs ont eu l’idée de renverser la situation : utiliser cette propriété des algues pour extraire les éléments radioactifs des eaux contaminées. Aux États-Unis il y a quelques mois, le choix des biologistes de l’université de l’Illinois s’est porté sur l’espèce Closterium moniliferum. Elle arrive à retenir le césium 90 et le strontium sous forme de cristaux que l'on peut ensuite récupérer. Au Japon cet été, des équipes de l'université Toho à Tokyo et de l'université Yamanashi à Kofu ont travaillé sur Parachlorella sp. binos.
L'algue Parachlorella sp. binos au microscope électronique. Dans le cercle jaune en haut à gauche, l'agrégat d'éléments fixés par l'organisme.
L'algue Parachlorella sp. binos au microscope électronique. Dans le cercle jaune en haut à gauche, l'agrégat d'éléments fixés par l'organisme. © Japan Biomass Corporation
Cette microalgue souvent symbiotique est déjà utilisée comme catalyseur de l'activité des micro-organismes pour dépolluer les déchets animaux et les boues. Face à la radioactivité, elle s’avère beaucoup moins chère et cinq à vingt fois plus efficace que les zéolites. En s’attaquant à une vingtaine d’éléments, elle paraît aussi plus appropriée à la situation japonaise que son homologue américaine. Des expériences réalisées sur un litre d'eau radioactive comparable à celle en attente de traitement à Fukushima sont prometteuses : 5 grammes d’algues déshydratées ont permis d’extraire environ 40 % du césium et de l'iode, ainsi que 80 % du strontium contenus dans l’eau en moins de 10 minutes. 

En aucun cas la solution miracle
 
Une bouffée d’air pour Tepco jusqu’ici relativement impuissant. L’exploitant de la centrale, associé à une entreprise spécialisée, aurait déjà commencé des tests grandeur nature. Mais si la récupération (au moins partielle) des éléments radioactifs dans les eaux contaminées est une belle avancée, elle ne règle en rien le problème. Ce procédé ne fait que réduire le volume de déchets de plusieurs millions de litres d’eau à quelques dizaines ou centaines de kilogrammes d’algues. 

En concentrant ainsi les éléments nocifs, il rend les déchets plus faciles à gérer mais aussi plus dangereux. En aucun cas il ne supprime ou ne « détruit » la radioactivité. Cette méthode n’est donc qu’une première étape dans une décontamination longue, voire impossible, de la zone. Reste enfin à savoir comment ces végétaux, vivants, vont réagir face aux fortes doses de rayonnements qu’ils devront affronter pour réaliser leur tâche…

Un barrage du sud Dakota en voie de rupture

Où l'on reparle de la centrale de Fort Calhoun.
Trouvé chez Jo, sur l'éveil 2011et retraduit à partir du site d'origine.


The Intel Hub
Shepard Ambellas
30 Juillet 2011


Il existe la possibilité d'une catastrophe avec les crues croissantes qui menacent le barrage du Lac Blanc dans le comté de Marshall, au Sud Dakota.
Les autorités de gestion des urgences ont peur que le barrage se rompe après que plusieurs éléments de la structure aient déjà été emportés par les puissantes inondations.

Des officiels locaux s'attendent à une perte totale du barrage.

ABC’s KSFY a rapporté :

Le Superintendant du comté de Marshall dit, ''ils ont dit qu'une partie du sommet a lâché, ou a été emportée par l'eau et il y a paraît-il un trou de bonne taille à peu près au milieu du barrage.''
Le barrage du Lac Blanc occupe entre 2000 et 2400 km² d'eau et sert à l'eau de boisson de villes et maintenant l'eau déborde au-dessus du déversoir du barrage à un débit excessif. ''Je ne sais pas si l'eau passe par-dessus ou si cela a explosé, mais cela causera des dommages définitifs aux champs agricole, aux routes du comté, aux routes communales qui n'en ont pas vraiment besoin.''
A environ 90 mètres du canal de dérivation passe la route 27, s'il  s'effondre et relâche des quantités inconnues d'eau près des fermes et des routes, ce serait catastrophique.
Le gouverneur a déclaré aussi une ''zone non navigable'' dans le comté de Marshall en raison des fortes pluies récentes qui ont été cause de l'ébranlement du déversoir de Marshall.
Les conditions sont toujours sous surveillance locale.
En raison de la fonte des neiges qui démarre dans le Montana (plus de 90 cm d'épaisseur), il faut s'attendre à une aggravation des crues le long du fleuve Mississippi dans les semaines à venir.

La centrale de Fort Calhoun est toujours menacée et The Intel Hub va continuer à surveiller la situation. Le niveau de crue dans la région de Fort Calhoun est d'à peu près 8 mètres selon les rapports chiffrés.

Les assos pour l'environnement se font entuber en douce

Vendredi 22 juillet 2011

Les assos pour l'environnement se font entuber en douce

 
 
Les mauvais coups se font généralement le 14 juillet ou le 15 août. C'est encore plus tentant en période de crise majeure, comme actuellement. C'est sans doute pour cette raison que le Journal officiel du 13 juillet publie un nouveau décret concernant les associations.
Celui-ci fixe les modalités d'application au niveau national de la condition prévue au premier point del'article R.141-21 du code de l'environnement, concernant les associations et fondations souhaitant participer au débat sur l'environnement dans le cadre de certaines instances.
Pour pouvoir participer, une association devra désormais compter au moins 2 000 adhérents. Quant aux associations d'utilité publique, elles devraient exercer leur action sur la moitié des régions au moins, et disposer d'un minimum de 5 000 donateurs, pour pouvoir se faire entendre.
Les seuls organismes ayant le droit de faire entendre leur voix sur les politiques environnementales sont des organismes publics au sein desquels seules ces grandes associations ont le droit d'être représentées. De plus, l'Etat s'octroie le droit de vérifier les conditions de financement des associations pour s'assurer « de leur indépendance ».

Les assos les plus gênantes pour les lobbies handicapées

Ce texte est liberticide au regard de la liberté d'association ou plus précisément du droit des associations à se faire entendre. Il exclut en particulier toutes les associations d'experts qui ont fait l'essentiel du travail en termes d'alerte au cours des dernières années.
Mouvement des générations futures – Criirad, Criigen, réseau santé environnement, Inf'OGM, pour n'en citer que quelques-uns – n'auront aux termes de ce texte plus le droit de participer, voire plus le droit d'être agréés puisque c'est l'agrément au titre de l'environnement lui-même qui est touché par ce décret scélérat.
Autrement dit, non seulement aucun texte de protection des lanceurs d'alerte n'a jamais été pris par ce gouvernement, du temps de monsieur Borloo comme a fortiori du temps de madame Kosciusko-Morizet, mais plus encore, c'est la capacité des associations les plus dérangeantes pour les lobbies défendus par le gouvernement qui est ici mise en cause. En effet, sans agrément, la capacité de porter plainte avec constitution de partie civile reste très réduite. Dans ces conditions, les procès mettant en cause ces lobbies deviennent beaucoup plus difficiles.
De la même manière, le fait que les agréments soient conditionnés par le nombre de personnes rendra très difficile la tâche des associations locales, constituées contre tel ou tel projet, telle ou telle infrastructure. Les préfets pourront toujours soutenir qu'elles ne remplissent pas les conditions.
Ainsi le gouvernement s'est-il attaqué avec efficacité, une fois encore, aux modestes contre-pouvoirs que notre pays compte encore.
Référence concernant l'arrêté du 12 juillet 2011 fixant les modalités d'application au niveau national de la condition prévue au 1° de l'article R. 141-21 du code de l'environnement concernant les associations et fondations souhaitant participer au débat sur l'environnement dans le cadre de certaines instance (JORF n°0161 du 13 juillet 2011, page 12 154).

Trouvé sur le blog de Sylvie Simon 

Japon, 31 juillet

Mon ''correspondant'' japonais de Californie a posté beaucoup d'articles pendant notre nuit, aussi, je mets le minimum d'informations.
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Lire aussi, si vous le voulez ce témoignage d'un ancien chaudronnier japonais qui date de 1996. Je l'avais lu sur la ''Gazette Nucléaire", mais l'avait trouvé trop long pour le poster. Assez édifiant ! (merci à Caralmera)
http://fukushima.over-blog.fr/article-temoignage-de-hirado-norio-chaudronnier-du-nucleaire-2-tant-que-les-centrales-nucleaires-exis-80540409.html

Ex-SKF


Du compost radioactif a été vendu dans 23 préfectures

Il attire beaucoup moins l'attention, mais le compost radioactif va ressembler au boeuf radioactif.

D'abord, 20.000 sacs ont été vendus à Akita. Puis, un nombre inconnu de sacs à Tottori. Maintenant, cela tourne autour de 200.000 sacs provenant d'un commerçant basé dans la préfecture de Gunma qui ont été vendus dans 23 préfectures, Tottori inclus, sur 166 points de vente dans tout le Japon.
Les jardiniers de 23 préfectures ont fini par irradier le sol de leur jardin.


Le prince et la princesse du Japon emmènent leur fille âgée de 9 ans vers leur villégiature d'été fortement irradiée

Pour montrer aux roturiers que eux, également, souffrent dans la région desservie par TEPCO, suppose un journaliste qui suit les familles impériales japonaises.

Le prince de la couronne et la princesse ont emmené leur petite fille à la villégiature impériale de Nasu dans la préfecture de Tochigi. Du foin de riz radioactif contenant 106.000 becquerels/kg a été découvert près de là.
Dans la carte du Pr Hayakawa, on peut voir pourquoi. Le contour de la zone de radioactivité est au moins à 0,5 microsieverts/h. (cherchez la zone juste en dehors du rayon de 100 km, au sud-ouest de la centrale). La photo ci-dessous a été prise le 12 juillet dans un champ de riz à Nasu, radioactivité de l'air à 1,358 microsieverts/h).

 











Un analyste militaire japonais : accident d'un sous-marin nucléaire chinois à Dalian*, en Chine ??

(*Dalien, ville d'une province donnant sur le golfe de Corée, troisième port chinois)

et des fuites radioactives, dit l'analyste. Il mentionne aussi que l'accident du train à grande vitesse et dit qu'il y a déjà 259 morts.

Cela a été rapporté par Mamoru Sato sur son blog le 30 juillet. Je n'ai aucune idée de qui c'est vraiment, mais la bio sur son blog dit qu'il était pilote de chasse dans la force aérienne d'auto-défense du Japon, et qu'il était un officier de haut rang et le commandant de plusieurs grandes bases aériennes jusqu'à sa retraite en 1997. Après avoir vérifié sa biographie sur Wiki, il semble qu'il est vraiment ce qu'il dit.
Le post du 30 juillet de M. Sato :
Selon les informations que je viens d'obtenir, un sous-marin nucléaire de la Marine chinoise a eu un accident dans le port de Dalian le 29 juillet et il y a des fuites radioactives. La zone est strictement bouclée par les militaires chinois, et la situation est considérée comme très dangereuse.
Je doute que le gouvernement chinois annonce l'accident. Les pays voisins devraient prendre des mesures de défense, et les bateaux de pêche japonais du coin devraient faire attention.
Une autre chose. Selon une compagnie d'assurance ''étrangère'', l'accident du train à grande vitesse a fait 259 morts, 183 blessés 183 et 154 disparus. Le chiffre est prévu d'augmenter, selon la compagnie d'assurance.
Les familles des victimes continuent de manifester et je me suis posé des questions sur les ''disparus''. Je commence maintenant à voir pourquoi le gouvernement chinois a doublé à la hâte le dédommagement des victimes.
Quand la Chine cache un accident cela va bien plus loin qu'au Japon.
Le ministère des Affaires Etrangères et les médias japonais devraient essayer de toutes façons d'obtenir plus d'informations sur ''l'accident de la fuite nucléaire'' chinois. Il est inévitable qu'une centrale nucléaire fabriquée en Chine ait un accident, et je suis inquiet sur la saison du ''sable jaune'' dans les années à venir. C'est juste pour vous donner rapidement des nouvelles.
Je ne sais pas si les cachotteries chinoises sont pires que celles du Japon, mais si je vois quelque chose qui confirme, je ferai une mise à jour.
Après l'accident de la centrale, il est apparu à de nombreux japonais (sûrement pour la première fois) que tout le Japon est SOUS LE VENT de la Chine, qui prévoit d'avoir 100 centrales nucléaires. Et merci à l'accident de Fukushima, de nombreux japonais savent maintenant que ce n'est pas la distance qui joue dans un accident nucléaire, mais le vent et la météo.

Boeuf radioactif : le césium n'est pas distribué uniformément dans l'animal

Oups. De l'amateurisme du ministère de la santé qui pensait qu'un seul échantillon de viande d'un seul animal serait suffisant.

Selon le Mainichi Shinbun, les autorités japonaises ont découvert que les différentes parties du même animal possèdent une concentration différente de césium radioactif. Non seulement cela, le même morceau de viande provenant de la même bête peut fournir deux résultats différents aux tests. Cela signifie même que la viande qui a été testée et jugée ''saine'' (testée en dessous de 500 becquerels/kg de césium radioactif) peut ne pas être saine du tout.
Avant les premières mesures, l'opinion qui prévalait de la part des experts en radiations était que le césium radioactif se distribuait uniformément dans les muscles à travers le corps. Amateurisme d'experts, également. (maintenant, ils changent d'avis)
Donc, personne n'a su et personne ne sait ce qu'ils font. Je rappelle gentiment certaines phrases des avocats des consommateurs japonais – ''les experts disent que c'est sain...'', ou ''pourquoi devrions-nous gaspiller l'argent des contribuables en testant toutes les bêtes ?'', ou ''si seulement les médias faisaient leur boulot pour fournir une information valable...''
De l'amateurisme également ici.
Mon message aux consommateurs : acheteur, méfie-toi.

Les plantes sont en train de mourir au coeur de Tokyo

Radiations ? Qui sait. L'ironie des retombées radioactives de la centrale est que les japonais ont commencé à prêter plus d'attention à la nature qui les environne. Ils peuvent donc remarquer des choses qui étaient en cours avant même l'accident. Ou non.

Voici les photos prises sur un trottoir d'une banlieue de Tokyo et diffusées le 30 juillet. La radioactivité de l'air a été plus élevée dans cette banlieue que ce que les chiffres officiels indiquaient dans le centre de Tokyo, comme pour plusieurs autres circonscriptions.
La personne qui a pris les photos dit, ''30% des azalées du trottoir sont complètement mortes. Les feuilles de ginkgo sont en train de brunir.


Azalées

Ginkgo

Centrale de Fukushima : un pas en avant, un pas en arrière et une énigme

D'abord, un pas en avant :

TEPCO a achevé le 30 juillet le travail de consolidation pour la piscine de combustible usagé du réacteur 4.


Maintenant, selon le NHK News en japonais (31 juillet), TEPCO va faire un test de l'échangeur de chaleur qui est également prêt pour la piscine de combustible usagé. La compagnie espère abaisser la température de la piscine de 87°C à 30° environ, comme pour les réacteurs 2 et 3.
Les humains en carbone ont du charrier tout par les escaliers en tenues de protection anti-radiations et masqués et faire le travail avec une forte radioactivité. Cela a permis un travail meilleur et un pas en avant.
Ensuite, un pas en arrière :
Une pompe s'est arrêtée sur l'unité Kurion du système de traitement de l'eau contaminée, et TEPCO a décidé de stopper le transfert d'eau contaminée provenant des réacteurs 2 et 3, car l'installation centrale de traitement des déchets (où l'eau est stockée avant traitement) est presque rendue à sa capacité (à 20 cm dela limite) selon le NHK japonais.
L'unité de déssalinisation est stoppée en raison d'une fuite d'eau, même si le traitement de l'eau pour enlever les matériaux radioactifs continue sans interruption.
Et puis une énigme :
TEPCO a échantillonné l'air à l'intérieur de l'enceinte de confinement du réacteur 1, s'attendant à une très haute densité de matériaux radioactifs, mais le résultat, après que des ouvriers aient reçu au maximum 5 millisieverts en travaillant le 29 juillet, montre que l'air à l'intérieur de l'enceinte est aussi propre/pollué que l'air à l'extérieur de l'enceinte. TEPCO s'attendait à ce que l'air à l'intérieur soit 1000 fois plus contaminé.

Donc, quelles sont les raisons possibles d'un air intérieur semblable à l'air extérieur ?
Matsumoto de chez TEPCO pense que le césium peut avoir tendance à se dissoudre dans l'eau.
Ce pourrait être aussi parce que le corium est parti depuis longtemps de l'enceinte de confinement pour aller dans le radier, ce qui n'affecte plus beaucoup l'air.
Rappelez-vous que TEPCO n'a pas fait (ou publié) de test pour l'eau du sous-sol du bâtiment du réacteur 1, et que l'eau partait en vapeur qui mesurait 1000 millisieverts par heure. Quelque chose de très chaud (en température et radioactivité) se trouve sous cette eau.
TEPCO a envoyé malgré tout des ouvriers au réacteur 1 pour installer l'échangeur de chaleur pour la piscine.
Et cela, au fait, est une autre chose qui n'a pratiquement pas été publié par TEPCO : la piscine de combustible usagé du réacteur 1. Quelle est la radioactivité de l'eau dans la piscine ? Qu'est-il arrivé après l'explosion ? Quelle est la température de l'eau ? Qu'est-il arrivé au combustible usagé ?

samedi 30 juillet 2011

Un dernier mot sur le Japon ce soir

Pour signaler un énième  séisme de 6.4 (sans risque de tsunami) au large de Fukushima.
Profondeur 42 km.

La carte des séismes récents au Japon (agence météo du Japon):

Le cheval d'orgueil


La photo que j'ai mis en bannière du blog provient d'une collection éditée par les archives départementales des Côtes d'Armor, département de mon actuel domicile.

Elle m'a beaucoup interpellée et m'a remis en mémoire ''Le cheval d'orgueil''.

Ce livre de Per-Jakez Hélias,(Pierre-Jacques) paru en 1975,

est l'un des premiers que j'ai lu en débarquant sur la terre bretonne en 1979. En hommage à ce pays et aussi pour comprendre l'âme de ses habitants. En débarquant dans un petit bourg morbihannais au nom bien breton, il nous aura fallu environ six mois pour nous faire accepter, nous les parisiens de la grande ville. Le village vivait encore au pas des chevaux. Le fermier d'en face, M. Jan, avait toujours sa vieille jument de trait, Pompon (toutes ses juments s'appelaient ainsi) qu'il était allé chercher, comme toutes les autres, à pied à Belle-Isle en mer, à près de 20 km de sa ferme.

Per-Jakez Hélias raconte son enfance pauvre dans un village du pays bigouden (là où les femmes rivalisaient d'astuce pour avoir une coiffe plus haute que celle de la voisine), Pouldreuzic.
Le livre a été écrit en breton puis traduit en français. Claude Chabrol s'en est inspiré pour faire un film en 1980 (où je n'ai pas retrouvé l'ambiance du livre).

Voici un commentaire du livre et un extrait :
" Trop pauvre que je suis pour posséder un autre animal, du moins 'le Cheval d'Orgueil' aura-t-il toujours une stalle dans mon écurie ".
Ainsi parlait à l'auteur, son petit-fils, l'humble paysan Alain Le Goff qui n'avait d'autre terre que celle qu'il emportait malgré lui aux semelles de ses sabots de bois. " Quand on est pauvre, mon fils, il faut avoir de l'honneur. Les riches n'en ont pas besoin. " Et l'honneur consiste à tenir et à faire respecter son rang, si humble soit-il. L'auteur a grandi dans ce sentiment. Avant d'apprendre le français, il a été élevé en milieu bretonnant, dans une société qui vivait selon un code strictement établi. Il n'enseigne pas, il raconte minutieusement comment on vivait dans une "paroisse" bretonnante de l'extrême Ouest armoricain dans la première moitié de ce siècle. Il nous fait partager sa profonde conviction: ceux qui jugent les paysans comme des êtres grossiers sont eux-mêmes des esprits sommaires et naïfs. Il affirme que ce sont des siècles de mépris culturel qui ont fini par déclencher jacqueries et révoltes chez les paysans de notre pays. Et puis, un jour,"le Cheval d'Orgueil" a secoué furieusement sa crinière !
Le poupon au maillot

''Marie-Jeanne Le Goff commence à me lever à l'âge de trois mois. Le bonnet blanc à trois quartiers de mon baptême a été remplacé par un bonnet noir de même façon sur lequel on a cousu des cabochons et des perles de verre. On me revêt d'une robe violette plus longue que moi, mais il faut bien penser que je grandirai. Là-dessus, un tablier ivoire avec des poches, oui messieurs! Des collerettes, j'en ai bien une demi-douzaine, sorties du crochet de ma mère et prévues, elles aussi pour aller jusqu'à mes trois ans. Ces collerettes ne peuvent servir à baver à cause des dessins à jour qui laissent passer tout ce qu'on veut. Elles sont là simplement pour l'orgueil. L'ennui, c'est que ma mère, en dehors des dimanches, n'a pas beaucoup le temps de m'habiller. Et la cérémonie de l'habillage est si longue, avec toutes ces épingles, qu'à la fin de l'opération nous sommes fatigués tous les deux. Alors, elle me déshabille et me remet au lit avec mon maillot serré. Ce maillot, je l'ai gardé un an…''

Inondations au Japon

Je vous en avais parlé ce matin, mais ça n'a pas l'air de s'arranger...
Pauvres japonais, ils avaient bien besoin de ces intempéries en plus des irradiations.
Un autre typhon (MUIFA) est en cours dans le Pacifique et se dirige vers le sud du Japon, comme le montre l'image ci-dessous :


Jean-Pierre Petit a ajouté des informations sur le Japon (et Fort Calhoun), dont voici un extrait :

Selon Monsieur Hiroaki Koide de l’Université de Kyoto, la situation de la centrale de Fukushima est désespérée :

« Je pense que le corium, mélange fondu à base d’uranium, a endommagé le fond des cuves et qu’il s’infiltre au travers du béton et se diffuse dans la terre. Le combustible du cœur des réacteurs ne fond pas à moins de 2800 degrés (la radioactivité empêche la mesure de la température actuelle).

Il y a à peu près cent tonnes de corium. Les cuves de pressurisation et les métaux utilisés pour l’enceinte du bâtiment fondent à 1500 degrés. Il est donc probable que le corium soit tombé au fond des cuves, qu’une partie ait attaqué le sol et qu’une autre partie se soit mélangée avec l’eau contaminée, entraînant la fonte des murs.

Le combustible fuit à l’extérieur des réacteurs et diffuse une forte radioactivité dans l’environnement. M. Koide qualifie cette situation catastrophique de "melt-out ".

Si le corium attaque les nappes phréatiques, on aura beau refroidir, cela n’empêchera pas la radioactivité de s’étendre. Il faut stopper cette infiltration souterraine afin de ne pas contaminer l’océan. Ne faut-il pas envisager de construire une enceinte souterraine autour de la centrale ? Cela protègerait les nappes phréatiques du corium et des sols contaminés."

Comme nous l’avons dit plus haut, rien n’a été construit en cas de fonte d’un réacteur, ni au niveau des enceintes, ni au niveau des cuves. C’était dès le départ un échec assuré. C’est pour cela qu’il faut envisager des mesures pour le cas où nous entrerions dans la phase « melt down » car ce n’est qu’une question de temps pour que le corium s’échappe des cuves, perce les enceintes extérieures et s’infiltre dans les sous-sols de la centrale. »"
J'ajouterais que personne ne connaît l'état de fissuration des radiers en béton, de 8 mètres d'épaisseur, sur lesquels sont construits les réacteurs. Un séisme de force 9 fissure ... n'importe quoi.
Par contraste l'AIEA (Agence Internationale pour l'Energie Atomique) salue les progrès réalisés par TEPCO dans sa "feuille de route", dans but de but de maîtriser la situation en 2012. 
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Romandie News

Inondations au Japon: un premier mort et 300.000 personnes pressées d'évacuer

TOKYO - Les inondations au Japon ont fait un premier mort samedi et près de 300.000 personnes ont été invitées à quitter leur maison en raison des intempéries, déjà responsables de la mort de dizaines de personnes dans la péninsule coréenne.

Le corps d'une première victime japonaise, un homme de 67 ans, a été retrouvé mort noyé samedi à Tokamachi, dans la région de Niigata (centre).

Nous avons trouvé une voiture tombée la nuit dernière dans la rivière Nakasawa (...) et le corps de son conducteur un peu plus en aval ce matin, a indiqué la police.

Quatre autres personnes sont portées disparues dans cette région, dont une femme de 93 ans qui a été emportée par les eaux de la rivière et un jeune homme de 25 ans dont la voiture est probablement tombée dans la rivière en crue.

Les autorités ont fait appel aux Forces d'auto-défense pour participer à la recherche des disparus et aux secours des personnes bloquées par les glissements de terrain et les inondations.

Un homme de 63 ans est porté disparu à Fukushima (nord-est) où plus de 40 personnes ont été secourues, après avoir passé la nuit dans des voitures et des bus bloqués par les eaux et les coulées de boues.

Les autorités locales de la région montagneuse de Niigata et de Fukushima déjà frappé par le tsunami ont recommandé aux habitants d'évacuer la région après une alerte maximum de la météo annonçant l'arrivée de fortes pluies, des risques d'inondations et de coulées de boue.

296.000 personnes ont été invitées à évacuer leur domicile samedi, selon la chaîne publique NHK, mais sans qu'aucun ordre d'évacuation obligatoire n'ait été donné malgré la hausse du niveau des eaux des rivières, les digues emportées et les maisons inondées.

NHK a montré des images de ponts partiellement submergés sur le fleuve Shinano, dans la région de Niigata, d'arbres et de poteaux télégraphiques arrachés. Dans cette région, la ville de Karaïte était complètement inondée et ses routes submergées.

Les prévisions météo ont mis en garde contre la persistance de pluies torrentielles. Les précipitations ont atteint 1.000 millimètres depuis mercredi à Tango (250 km au nord-ouest de Tokyo).

Les mêmes intempéries ont frappé au début de la semaine la Corée du Sud, où des pluies d'une violence inhabituelle ont causé la mort d'au moins 59 personnes, et fait des milliers de sans-abri.


(©AFP / 30 juillet 2011 10h59)

Voir une autre vidéo sur les intempéries avec l'écroulement d'un pont :
http://www3.nhk.or.jp/daily/english/30_16.html

Kennedy et Lincoln

Lincoln et Kennedy, deux opposants au « Système de la Réserve Fédérale » … ils furent tous deux assassinés !

Kennedy fut le dernier Président connu pour avoir défié le système de la Réserve Fédérale (banque centrale américaine) et voyez ce qui lui est arrivé. Les circonstances exactes de son assassinat restent mystérieuses. Ce que l’on sait, cependant, est que JFK était, dans de nombreux domaines, un individualiste qui, comme Président, agissait souvent indépendam-ment et parfois en conflit direct avec les intérêts puissants représentés à Washington. L’un d’entre eux était la Réserve Fédérale.

L’économiste Seymour Harris décrivait Kennedy comme « le Président le plus compétent dans le champ économique de tous les temps ».

En 1961, JFK conciliait une profonde compréhension du principe économique qui préconise de laisser un maximum de capitaux à la source de la production ainsi qu’au contribuable. […] Considérant le rôle de la Réserve Fédérale, James J. Saxon l’administrateur monétaire de JFK, encouragea un projet politique octroyant de larges pouvoirs d’investissements et de crédits non-affiliés à la Réserve Fédérale. Cela aurait impliqué de permettre à ces banques et institutions de crédit indépendantes de fixer leurs taux d’intérêts, concurrençant ainsi la Réserve Fédérale et ses filiales. Saxon décida également que ces banques pourraient garantir l’émission de bons à l’échelle locale ou fédérale, un domaine jusque là réservé aux banques affiliées à la Réserve Fédérale. Cette politique mettait en porte à faux l’administration Kennedy vis-à-vis de la puissante banque centrale, elle qui cherche à toujours étendre plus sa prérogative de monopole sur l’émission de monnaie et sur la fixation des taux d’intérêt.

En juin 1963, JFK autorisa l’émission pour plus de 4 milliards de dollars de billets, sans emprunt, dans le système américain. Cette extraordinaire décision a totalement circonvenu la Réserve Fédérale, qui s’attendait à être sollicitée pour prêter et émettre de l’argent frais, avec des intérêts qui leur reviendraient, au gouvernement américain.
La dernière fois qu’un Président avait tenté ce genre de chose fut en 1862, quand Abraham Lincoln choisit de permettre l’émission de 450 millions de dollars sans contreparties pour la trésorerie américaine, plutôt que d’emprunter auprès de l’institution bancaire. Il statua alors : « Le gouvernement possédant le pouvoir de créer et d’émettre de la monnaie… n’a pas besoin et ne devrait pas emprunter des capitaux avec intérêts… Le privilège d’émettre de l’argent n’est pas seulement la prérogative suprême du gouvernement mais aussi son plus important moyen de créativité. »
Il est fascinant de constater la coïncidence dans le fait que Lincoln et Kennedy furent tous deux assassinés.

La veuve de l’assassin présumé de JFK, Lee Harvey Oswald, dans une interview accordée à l’écrivain A J. Weberman, dit ceci: « La réponse aux questions sur l’assassinat de Kennedy se trouve à la Banque de la Réserve Fédérale ». Ne sous-estimez pas cela. Il est erroné de tout faire reposer sur James Angleton (officier de la CIA) et sur la CIA. Il ne s’agit là que d’un des doigts d’une même main. Ceux qui financent sont au-dessus de la CIA.
(Source: article de Chuck Morse, 29 mars 2001, www.chuckmorse.com)

De simples coïncidences… entre A. Lincoln et J.F. Kennedy

Les deux présidents ont été élu dans les années 60 de leur siècle : 1860 pour Lincoln et 1960 pour Kennedy.
Les deux présidents avaient eu quatre enfants, dont seulement deux étaient en vie lors de la disparition de leur père (Robert et Tad Lincoln ; John et Caroline Kennedy). Plus, tant A. Lincoln que J.F. Kennedy avaient perdu un enfant durant leur mandat présidentiel (William Wallace Lincoln, mort en 1862 ; Patrick Bouvier Kennedy, décédé en 1963).
Les deux présidents avaient combattu pour les droits civiques des Noirs (Lincoln par sa proclamation de leur émancipation ; Kennedy par la loi sur les Droits civils).
Lincoln avait un secrétaire appelé Kennedy qui lui déconseilla le jour fatal d’aller au théâtre Ford, où il tomba sous les balles de Booth. Kennedy avait une secrétaire dont le nom de famille était Lincoln qui le pria de ne pas aller à Dallas.
Lincoln fut assassiné dans le théâtre Ford ; Kennedy succomba dans une voiture Lincoln décapotable, sortie des usines Ford Motor Company.
Le successeur d’A. Lincoln fut le vice-président Andrew Johnson, né dans le sud en 1808 ; le successeur de J.F. Kennedy fut Lyndon Baines Johnson, né dans le sud en 1908.

En commentaire, BTK nous donne un lien vers une information plus poussée sur ces coïncidences, où finalement il y en a moins que prévu. Mais suffisamment quand même pour ne pas être l'effet du hasard...

http://pseudo-sciences.org/spip.php?article83

Japon, 30 juillet

Après son effort de traduction et transcription d'hier avec la vidéo du Professeur de l'université (et le mien pour retraduire en français...), le blog Ex-SKF n'a posté que la même vidéo sous-titrée en anglais (http://ex-skf.blogspot.com/2011/07/video-with-english-caption-professor.html). Pour avoir le sous-titrage, cliquez sur le bouton "cc" sous la vidéo.
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NHK World diffuse une vidéo sur les inondations au Japon (où c'est la saison des pluies) dans les préfectures de Niigata et Fukushima :

''Des pluies torrentielles dans les préfectures de Niigata et Fukushima au nord du Japon ont fait déborder les rivières, en augmentant le risque de glissements de terrain.


Six personnes sont portées disparues dans la région. Un homme à Fukushima a été emporté par une coulée de boue alors qu'il construisait une barrière de sacs de sable pour contenir l'eau.

Depuis mercredi, plus de 600 mm de pluie sont tombés à Fukushima et plus de 450 mm à Niigata.

Les autorités ont émis un bulletin d'évacuation pour 193.000 habitants.

L'agence météorologique appelle les gens à rester en alerte pour des inondations, glissements de terrain, orages et vents forts.
"

Qu'en sera-t-il pour la centrale ?
Je ne peux poster la vidéo, je vous donne le lien :

http://www3.nhk.or.jp/daily/english/30_06.html

On voit bien un ciel peu engageant sur la webcam de la centrale (à 16h30, heure du Japon):
http://lucaswhitefieldhixson.com/lucaswebcamwatch.html

Ô sole mio !

Le soleil promettait pour bientôt un réveil, en voici le début.
Après une série de classe C, il a éjecté une brève classe M9, bien dirigée vers la Terre, mais sans grand risque d'après Spaceweather. Une classe X n'est pas à écarter.
C'est le groupe de taches dénommé 1261 qui est en cause :



vendredi 29 juillet 2011

Politiciens du Japon, que faites-vous ? (3/3)



Le témoignage du Pr Kodama continue. Il revient sur ses interventions à Minami Soma où son Centre a aidé à la décontamination.

Nous du Centre des Radioisotopes de l'université de Tokyo avons aidé à décontaminer la ville de Minami Soma, en envoyant 4 personnes en même temps en faisant le travail de décontamination sur une distance de 700 km par semaine.
A nouveau, ce qu'il se passe pour Minami Soma montre clairement qu'un rayon de 20 ou 30 km [de la centrale nucléaire] n'a aucun sens. Vous devez mesurer plus en détail, faire des mesures pour chaque école maternelle.
A l'heure actuelle, à partir d'une zone dans un rayon de 20 à 30 km, 1700 scolaires sont mis au bus pour aller à l'école. En fait à Minami Soma, le centre de la ville est situé près de l'océan et 70 % des écoles ont un niveau de radioactivité relativement bas. Cependant, les enfants sont obligés de prendre des bus pour se rendre jusqu'aux écoles près de Iitate-mura [où la radioactivité est élevée], avec une dépense quotidienne d'un million de yens pour le ramassage scolaire.
Je demande fermement que cette situation se termine le plus tôt possible.
Ce qui est des plus problématiques est que la politique du gouvernement qui ne veut dédommager les habitants pour prix de leur déménagement que si les régions sont des zones officielles d'évacuation. Dans une réunion récente à la Maison des Conseillers, le président Shimizu de TEPCO et M. Kaieda, ministre de l'économie, du commerce et de l'industrie ont répondu dans ce sens. Je vous demande de séparer les deux immédiatement – problème du critère de dédommagement et problème de la sécurité des enfants.
Je vous demande fermement de faire tout ce que vous pouvez pour protéger les enfants.
Une autre chose, que je ressens fortement quand je fais ce travail de décontamination à Fukushima, est que la décontamination d'urgence et la décontamination permanente devraient être gérées séparément.
Nous avons fait un certain nombre de travaux de décontamination d'urgence. Par exemple, si vous regardez ce diagramme, vous remarquerez que le fond de ce toboggan est l'endroit où les petits enfants posent leurs mains. A chaque fois que la pluie dévale le toboggan, un nombre important de matériaux radioactifs s'accumule. Il peut y avoir une différence dans le niveau de radioactivité entre le côté droit et le côté gauche. Si une telle différence se produit et si la radioactivité moyenne du toboggan est de 1 microsievert, l'autre côté peut mesurer jusqu'à 10 microsieverts. Nous devrions faire davantage de travail de décontamination d'urgence dans de tels endroits.
Le sol juste en dessous des gouttières de toit est aussi un endroit où les enfants mettent fréquemment leurs mains. En utilisant un laveur à haute pression on peut ramener le niveau de radioactivité de 2 à 0,5 microsievert.
Il est cependant extrêmement difficile d'abaisser le niveau en dessous de 0,5 microsievert, parce que tout est contaminé. Les immeubles, les arbres, des zones entières. On peut diminuer la dose de radioactivité d'un endroit, mais il est très difficile de le faire pour la zone entière.
Combien cela coûtera-t-il de faire sérieusement le travail de décontamination ? Dans le cas d'un empoisonnement au cadmium, pour nettoyer de la moitié de son cadmium un périmètre d'environ 3000 hectares, le gouvernement a déjà dépensé 800 billions de yens.
Combien seront nécessaires pour décontaminer un périmètre 1000 fois plus important ?
Enfin, le Pr Kodama fait 4 demandes, bien qu'en raison d'une contrainte probable de temps, il n'a pu en énoncer que trois :
J'aimerai donc faire 4 urgentes requêtes.
Premièrement, je demande que le gouvernement japonais, en tant que politique nationale, innove la manière de mesurer la radioactivité de la nourriture, des sols et de l'eau grâce à l'utilisation d'une technologie de pointe comme celle de détecteurs semiconducteurs par imagerie. C'est absolument dans les compétences technologiques courantes du Japon.
Deuxièmement, je demande que le gouvernement vote une nouvelle loi aussi tôt que possible pour réduire l'exposition des enfants à la radioactivité. Actuellement ce que je fais est totalement illégal. La ''Loi de prévention des dommages dus à la radioactivité'' spécifie la quantité de radiations et les types de radionucléides que chaque institution peut gérer. Aujourd'hui l'université de Tokyo mobilise ses forces dans ses 27 centres pour aider à décontaminer Minami Soma, mais nombre de ces centres n'ont pas l'autorisation de s'occuper du césium. Il est illégal de le transporter en voiture. Nous ne pouvons malgré tout laisser des matériaux radioactifs aux mères et enseignants là-bas, et nous les mettons donc dans des bidons et les rapportons à Tokyo. Les recevoir est illégal. Tout est illégal.
La Diète est à blâmer pour laisser faire de telles situations. Il y a de nombreuses institutions au Japon, comme les centres de radioisotopes des universités nationales, qui ont des détecteurs à germanium et autres détecteurs en pointe. Mais comment pouvons-nous en tant que nation, protéger nos enfants si ces institutions ont les mains ligotées ? C'est le résultat d'une négligence grossière de la Diète.
Troisièmement, je demande que le gouvernement en tant que politique nationale mobilise les forces technologiques du secteur privé pour décontaminer les terres. Il existe de nombreuses sociétés ayant des compétences en décontamination ; des sociétés de chimie comme Toray et Kurita, des sociétés de décontamination comme la corporation Takenaka. S'il vous plaît mobilisez leurs forces pour créer un centre de recherche en décontamination à Fukushima dès que possible.
Cela demandera des dizaines de millions de yens pour le travail de décontamination. Je suis gravement inquiet de la possibilité de concessions à faire sur une implication dans les projets de travail. [en d'autres mots, le business comme d'habitude au Japon où seuls les affaires et les politiciens sont les seuls bénéficiaires].
Nous ne pouvons nous payer le luxe d'une seconde de plus à considérer la condition financière du gouvernement japonais. Nous devons résoudre le problème d'un vrai travail de décontamination.
Que diable fait la Diète, quand 70.000 personnes ont du quitter de force leurs maisons et vagabonder ?
C'est tout. Merci.
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(J'espère de tout coeur que cet homme courageux sera entendu)

Politiciens du Japon, que faites-vous ?( 2/3)



La colère du Pr Kodama est maintenant directement dirigée vers la non-action du gouvernement pour protéger ses gens, spécialement les enfants et les jeunes mères, d'une exposition aux radiations internes. Sa spécialité est la médecine interne utilisant les radioisotopes, il dit donc qu'il a fait des recherches intensives sur les radiations internes :
J'ai eu la charge des médicaments anticorps au bureau du Cabinet quand M. Obuchi était premier ministre [1998]. Nous mettons des radioisotopes dans des médicaments anticorps pour traiter le cancer. En d'autres mots, mon boulot est d'injecter des radioisotopes dans le corps humain, mon inquiétude première concerne l'exposition aux radiations internes et c'est ce que j'ai étudié intensivement.
Le plus grand problème des radiations internes est le cancer. Comment le cancer arrive-t-il ? Parce que les radiations coupent les fils de l'ADN. Comme vous le savez, l'ADN est dans une double hélice. Quand il se trouve dans une double hélice, il est extrêmement stable. Quand une cellule se divise, la double hélice donne des fils simples, elle double et donne 4 fils. Ce passage est le plus vulnérable.
C'est pourquoi les foetus et les petits enfants, ayant des cellules qui se divisent rapidement, sont plus prédisposés aux dangers des radiations. Même chez les adultes, il y a des cellules qui se divisent rapidement comme celles des cheveux, les cellules sanguines et l'épithélium intestinal et elles peuvent être endommagées par les radiations.
Laissez-moi vous donner un exemple de ce que nous savons des radiations internes.
Une mutation génétique ne cause pas le cancer. Après l'irradiation initiale, il faut un déclenchement particulier pour qu'une cellule mute en une cellule cancéreuse, ce qu'on nomme ''mutation conductrice'' ou ''mutation de passage''. (pour les détails, référez-vous s'il vous plaît au document joint sur les cas de Tchernobyl et le césium)
La radiation alpha est la plus connue. J'ai sursauté en entendant un professeur de l'université de Tokyo dire qu'on pouvait boire du plutonium.
La radiation alpha est la plus dangereuse. Elle cause des dommages au foie par l'oxyde thorium, comme nous le savons parfaitement en tant que spécialistes du foie.
La radiation interne se réfère à tel et tel millisievert, mais c'est totalement dépourvu de signification. L'iode-131 va à la glande thyroïde, et l'oxyde de thorium va au foie, et le césium va sur l'épithélium urinaire et la vessie. Un scanner du corps est totalement inutile à moins de regarder ces parties du corps où s'accumulent les radiations.
L'oxyde de thorium est un médium de contraste utilisé en Allemagne depuis 1890. Il a été utilisé au Japon à partir de 1930, mais on a découvert que 25 à 30 % des gens développent un cancer du foie 20 à 30 ans plus tard.
Pourquoi faut-il autant de temps pour que le cancer se développe ? L'oxyde de thorium est un nucléide de radiation alpha. La radiation alpha touche les cellules proches et l'ADN le plus endommagé est P53. Nous savons maintenant, merci à la science du génome, la séquence complète de l'ADN humain. Il existe cependant 3 millions de possibilités d'ADN qui sont différentes d'un humain à l'autre. Cela ne veut donc rien dire du tout aujourd'hui de procéder comme si tous les humains étaient identiques. Le principe de base devrait être une ''médecine personnalisée'' en parlant de radiation interne – avec un ADN endommagé et quel type de changement se produit.
Dans le cas de l'oxyde de thorium, il est prouvé que P53 est endommagé dès le début, et il faut 20 à 30 ans pour qu'une seconde, puis une troisième mutation se produise, causant un cancer du foie et une leucémie.
A propos de l'iode-131. Comme vous le savez, l'iode s'accumule dans la glande thyroïde, et c'est le plus remarquable dans la phase de formation de cette glande, c'est à dire chez les petits enfants.
A l'époque où le premier chercheur d'Ukraine disait en 1991 ''Il y a un nombre croissant de cancers de la thyroïde'', des chercheurs japonais et américains publiaient des articles dans Nature magazine en disant ''Il n'y a pas de relation causale entre la radiation et le cancer de la thyroïde.'' Pourquoi disaient-ils cela ? Parce qu'il n'y avait pas de données avant 1986, il n'y avait aucune statistique significative.
La signification statistique a finalement été comprise 20 ans plus tard. Pourquoi ? Parce que le pic démarré en 1986 disparut. Donc même sans données d'avant 86, la survenance de cancer de la thyroïde et de l'exposition aux radiations venant de Tchernobyl avaient une relation de cause à effet. La preuve épidémiologique est très difficile. Il est impossible de prouver jusqu'à ce que tous les cas soient démontrés.
C'est pourquoi, en parlant d'une ''protection de nos enfants'', une approche complètement différente est requise.
Le Dr Shoji Fukushima de l'institution nationale appelée le Centre de Recherches Bioassay du Japon, qui recherche les effets sur la santé des composés chimiques, a étudié les maladies impliquant l'appareil urinaire depuis l'accident de Tchernobyl.
Le Dr Fukushima et des médecins ukrainiens ont étudié des parties de vessies enlevées pendant plus de 500 cas de chirurgie pour hypertrophie de la prostate. Ils ont découvert que dans une zone fortement irradiée avec 6 becquerels/litre dans l'urine, il y avait une grande fréquence d'une mutation de P53, bien que 6 Bq puissent sembler minuscule.
Ils ont aussi noté de nombreux cas de conditions de prolifération précancéreuse, que nous supposons dues à l'activation de la kinase p38 et au signal appelé ''NF-kappa B'', menant inévitablement à une cystite proliférante, avec des carcinomes locaux survenant avec une fréquence considérable.
Sachant cela, j'ai été stupéfait d'entendre le rapport disant qu'entre 2 et 13 becquerels/l [de césium radioactif] avaient été détectés dans le lait de 7 mères à Fukushima.

A suivre...
Quand des matériaux radioactifs ont été détectés dans le lait de femme, qu'a fait le gouvernement et qu'ont dit les chercheurs ? ''Pas besoin de vous inquiéter. Pas d'effet immédiat sur la santé des bébés.''
Le Pr Kodama dit que depuis le temps que nous avons la preuve qu'il y a une relation de cause à effet entre l'exposition aux radiations internes (même petite) et le cancer, il est peut-être trop tard.
L'oxyde de thorium est une suspension contenant des particules radioactives de dioxyde de thorium.

Le séisme du 11 mars pourrait déclencher un cauchemar volcanique



TOKYOCe n’est pas inhabituel pour des volcans endormis d’entrer en éruption des mois ou des années après un énorme tremblement de terre. Mais y a-t-il une relation causale entre les énormes séismes et les éruptions volcaniques ? Est-ce que le grand séisme de l’est du Japon va affecter les volcans de ce pays ?Des chercheurs ont tenté de répondre à ces questions.

Deux jours après le séisme de magnitude 9,5 qui a frappé le Chili en 1960, le volcan Puyehue dans le sud chilien est entré en éruption. Le volcan est encore entré en éruption cette année en juin, après un séisme de magnitude 8.8 en février de l’an dernier. Il est difficile d’établir une corrélation statistique entre les séismes massifs et les éruptions volcaniques vue la faible fréquence de tels évènements.
Mais la recherche conduite par Masaaki Churei, ancien directeur de volcanologie à l’agence météorologique a montré une corrélation historique entre les deux phénomènes. « Les éruptions volcaniques dans la région de Tohoku ont eu des pics avant et après de gros séismes au large de la côte de Sanriku. » a dit Churei. D’après un document de recherche publié par Churei en 2002, 13 éruptions volcaniques, en comptant celles du Mt Chokai et du Mt Azuma, ont eu lieu dans 6 préfectures de la région de Tohoku sur une période de 156 ans, de 1841 à 1996.
Pendant cette période, 4 séismes de magnitude 8 – incluant le séisme de Meiji Sanriku de 1896 et ceux de Ansei Hachinohe en 1856 – ont eu lieu sur la ligne de faille japonaise. La recherche de Churei a montré que sur les 13 éruptions, 12 ont eu lieu dans les 8 ans avant ou après des séismes impressionnants. Elle a aussi montré que les volcans sont devenus actifs 3 à 4 ans après des séismes majeurs.

Churei a trouvé un phénomène semblable dans la mer de Hyuganada à l’est de la préfecture de Miyazaki. Toshitsugu Fujii, professeur émérite à l’université de Tokyo et secrétaire du Comité de Coordination pour la prévision des éruptions volcaniques , a dit , « si des données statistiques justes pouvaient être compilées en les basant sur les enregistrements exacts des éruptions, des corrélations entre les éruptions volcaniques pourraient être faites dans divers endroits du monde. »

Un lien entre les volcans et les séismes majeurs peut être trouvé sous la mer. Dans la mer au large de la côte dans la région de Tohoku, par exemple, la plaque tectonique Pacifique bouge vers l’ouest et s'enfonce sous la plaque continentale nord-américaine pour créer la faille du Japon, qui s’étend du nord au sud. La plaque bougeant vers l’ouest contient beaucoup d’humidité et en transfère à la plaque continentale pendant la subduction. En présence d’humidité, on pense que les rochers à une certaine profondeur ont tendance à se transformer en magma quand ils sont soumis à une haute température et une haute pression.

En effet, juste au-dessus de l'endroit où ce magma est généré, il y a un ''front volcanique'' le long de l’axe nord-sud de la région de Tohoku parallèle à la faille du Japon. Un séisme majeur arrive quand le bord d’une plaque océanique glisse soudainement sous une plaque continentale. Les relations de position et de dynamique des deux plaques changent, affectant probablement la formation du magma. Ainsi les séismes et les éruptions volcaniques sont intimement liés.

Mais il est estimé qu’il faut entre plusieurs milliers jusqu'à des dizaines de milliers d’années pour que le magma créé dans une plaque s’élève à la surface de la terre. Donc, un mécanisme différent semble être au travail quand un séisme massif affecte les activités volcaniques peu de temps après.

Dans le contrecoup du séisme du 11 mars, l’activité volcanique souterraine a enregistré un pic pour 20 volcans à travers le pays, incluant le Mont Yakedake à cheval sur les préfectures de Nagano et de Gifu, le Mont Hakone en bordure des préfectures de Kanagawa et Shizuoka et le Mont Aso dans la préfecture de Kumamoto.

Des séismes qui peuvent être ressentis par des humains se sont produit aussi. En commentant les causes de ce phénomène, l’agence météorologique dit : «  Les chambres magmatiques sous les volcans sont secouées par des vagues sismiques, conduisant les gaz du magma a créer des bulles magmatiques. Ceci a donné en résultat des essaims de séismes ». Beaucoup de volcanologues se concentrent sur l’hypothèse que les mouvements de la croûte déclenchés par les tremblements de terre font sortir le magma et causent les éruptions volcaniques.
Un de ces scientifiques est Eisuke Fujita, un chercheur senior de l’Institut de Recherche Nationale pour les Sciences de la Terre et la Prévention des Désastres. Il a cherché comment la pression gravitationnelle des roches autour de la chambre magmatique du Mont Fuji a changé avec le contrecoup du séisme du 11 mars en comparaison avec l’avant désastre.


Traduit par Hélios

Politiciens du Japon, que faites-vous ? (1/3)

Notre blogger japonais quotidien a écouté et transcrit (en anglais, bien sûr) la vidéo qui figure ci-dessous, où un homme ose dénoncer l'inertie du gouvernement japonais face au désastre nucléaire.
Voici la partie 1/3

Le Pr Tatsuhiko Kodama de l'université de Tokyo dit aux politiciens : ''Que faites-vous ?'' (1ère partie)


Le Pr Tatsukiko Kodama est le président du Centre des Radioisotope de l'université de Tokyo. Le 27 juillet, il est venu à la Chambre Basse japonaise de la Diète, en tant que témoin pour le Comité de Protection Sociale et du Travail.
Vous souvenez-vous du Pr Kosako, également de l'université de Tokyo, qui a démissionné de son poste de conseiller spécial du premier ministre pour manifester contre la limite de radioactivité de 20 millisieverts/an pour les enfants des écoles ? Il y a plus de chercheurs courageux que je ne le pensais à Todai (université de Tokyo) – l'école suprême pour ''l'establishment''. Le Pr Kodama a littéralement crié aux politiciens du comité, ''Que diable faîtes-vous ?''
Il se référait bien sûr à la pathétique réponse du gouvernement national pour sa gestion de la crise nucléaire, particulièrement quand il s'agit de protéger les enfants.
Même si vous ne comprenez pas la langue, jetez un oeil et écoutez. Il semble sincère, et sa voix tremble littéralement de colère.

Parallèlement à sa colère, il a donné des informations très intéressantes et très dérangeantes, que j'ai essayé de résumer ci-dessous :

Il commence avec les retombées radioactives à Tokyo :

''On a détecté 5 microsieverts/h de radioactivité à Tokai-mura dans la préfecture d'Ibaraki à environ 9 h du matin le 15 mars, et averti le ministère de l'éducation et de la science dans le cadre de la ''notification de l'article 10'' [comme spécifié dans la loi des contre-mesures dans les catastrophes nucléaires]. Plus tard, une radioactivité dépassant 0,5 microsieverts/h a été détectée à Tokyo. Puis le 22 mars il y a plu et la pluie a apporté 0,2 microsieverts/h de radioactivité et c'est je crois la raison d'un niveau élevé ce jour-là.
Le secrétaire en chef du Cabinet Edano a dit à ce moment-là ''Il n'y a pas d'effet immédiat sur la santé''. J'ai pensé réellement que cela allait devenir un gros, gros problème.''
C'était vraiment aux infos que 5 microsieverts/h avait été détecté à Tokai-mura le 15 mars au matin, mais presque personne, sauf les experts en nucléaire comme lui, n'avait fait le lien entre les infos et le niveau élevé à Tokyo. Les habitants de Tokyo n'en ont même rien su. Qu'est-il arrivé ce matin du 15 mars ? Et bien, le réacteur 4 de la centrale a fait à 6h du matin un ''gros bruit'', qui a fait exploser le toit et la chambre de suppression du réacteur 2 a explosé à 6h14. Ou bien cela a pu venir de l'explosion du réacteur 3 la veille, le 14 mars à 11h01.
Le Professeur continue à exprimer son inquiétude à ce moment-là :
''Pourquoi étais-je inquiet ? Parce que la méthode actuelle de prévention des dommages dus aux radiations est basée sur le fait d'avoir une petite quantité de matériaux radioactifs qui émet une très forte radiation. Dans ce cas, la quantité totale de matériaux radioactifs n'est pas un problème. Ce qui l'est c'est l'intensité de la radiation.
''Pourtant, dans le cas de l'accident de la centrale de Fukushima, 5 microsieverts dans un rayon de 100 km [il se réfère à Tokai-mura], 0,5 microsieverts dans un rayon de 200 km [il se réfère à la zone de Tokyo]et la radioactivité s'est étendue loin au-delà, même jusqu'aux thés d'Ashigara et Shizuoka, comme tout le monde le sait maintenant.''

Donc, au lieu d'une petite quantité de matériaux hautement radioactifs dans une zone restreinte, ce que nous avons est une énorme quantité de matériaux radioactifs largement dispersés.
Il continue :
'' Quand nous recherchons la maladie des rayons, nous regardons la quantité totale de matériaux radioactifs. Mais il n'y a aucun rapport précis de TEPCO ou du gouvernement japonais pour nous dire combien de matériaux radioactifs ont été libérés de Fukushima.
''Donc, en utilisant notre base de connaissance du Centre des Radioisotopes, nous l'avons calculé. En se basant sur les données thermiques, c'est 29,6 fois la quantité libérée par la bombe nucléaire sur Hiroshima. En équivalent uranium, c'est 20 bombes d'Hiroshima.
''Ce qui est le plus effrayant est qu'avec une bombe nucléaire la radioactivité va décroître d'un millième en un an, celle d'une centrale nucléaire ne va décroître, elle, que d'un dixième.
''En d'autres mots, nous aurions du reconnaître depuis le début qu'exactement comme à Tchernobyl, Fukushima a libéré des matériaux radioactifs équivalents à la quantité de dix bombes nucléaires, et que la contamination qui en résulte est de loin bien pire qu'une contamination par bombe nucléaire.''
Quelle est donc l'implication d'une énorme quantité de matériaux radioactifs libérés et dispersés largement?Il est beaucoup plus dur de prédire le comportement des particules, car elles possèdent des moeurs non-linéaires :
''Quand une grande quantité de matériaux radioactifs est libérée, ce sont des particules. La dispersion des particules est non-linéaire, et c'est l'un des calculs les plus difficiles dans la dynamique des fluides. Le combustible nucléaire est comme du sable caché dans de la résine synthétique, mais une fois que le combustible fond, une grande quantité de particules super-fines est libérée.
''Qu'arrive-t-il alors ? Le problème est analogue à celui du foin de riz. Le schéma de contamination ne suit pas des cercles concentriques. Cela dépend du temps. Cela dépend aussi de l'endroit où les particules atterrissent – comme sur des matériaux qui absorbent de l'eau, par exemple.''
Son Centre des Radioisotopes a aidé la ville de Minami Soma, et il décrit la situation de la ville en détails concernant le foin de riz radioactif :
''Nous au Centre des Radioisotopes avons aidé Minami Soma dans l'effort de décontamination. Nous avons effectué 7 décontaminations jusqu'ici. Quand nous y sommes allés la première fois, il n'y avait qu'un seul compteur Geiger. Le 19 mars après que le ministère de l'agriculture a délivré un compte-rendu [sur le bétail], la nourriture, l'eau et le carburant étaient sur le point d'être épuisés dans la ville. Le maire a lancé un appel à l'aide sur Internet, qui a été largement visionné.
''Dans ce genre de situation, personne n'a voulu regarder le bout de papier du ministère, personne n'a voulu savoir. Les éleveurs ne savaient pas que le foin de riz était en danger. Ils ont acheté quand même la nourriture à l'extérieur, payant des centaines de milliers de yens, et ont commencé à abreuver le bétail avec la même nappe phréatique qu'eux.
''Que pouvions-nous donc faire ? Nous devons garantir qu'une mesure de radioactivité minutieuse est faite dans la zone contaminée. Comme je l'ai dit, il n'y avait qu'un compteur geiger à Minami Soma quand nous sommes venus en mai. En fait, il y avait 20 dosimètres fournis par les militaires US. Mais personne à la mairie ne pouvait comprendre le manuel en anglais jusqu'à ce que nous arrivions et leur disions comment les utiliser. C'est comme cela là-bas.
''Quant à l'inspection de la nourriture, il y a plus d'appareils perfectionnés de contrôle que de compteurs pour le germanium, comme les détecteurs semi-conducteurs. Pourquoi le gouvernement japonais ne dépense-t-il pas d'argent pour des subventions [le développement de ces détecteurs perfectionnés] ?
''Depuis 3 mois, le gouvernement n'a rien fait de tout cela et j'en tremble de colère.''

Le Japon dément (du verbe "démentir"...)

Romandie News

Le Japon dément toute censure autour de l'accident nucléaire de Fukushima


TOKYO - Le Japon a catégoriquement démenti vendredi des articles publiés à l'étranger l'accusant de vouloir censurer sur l'internet toute information négative à propos de la crise nucléaire de Fukushima.

Au cours des dernières semaines, plusieurs médias et sites internet occidentaux ont affirmé que le gouvernement nippon avait fait adopter une loi prévoyant de supprimer les mauvaises informations circulant sur la Toile à propos du grave accident survenu à la centrale nucléaire Fukushima Daiichi après le séisme et le tsunami géant du 11 mars dans le nord-est de l'archipel.

Chikako Ogami, porte-parole de l'Agence de l'énergie, a démenti l'adoption d'une telle loi. Notre gouvernement ne censurera jamais l'information. Ce sont des articles erronés, a-t-elle dit à l'AFP.

Mme Ogami a expliqué que des fonds spéciaux avaient été réservés sur le budget destiné à la reconstruction des zones dévastées du Tohoku (nord-est), qui lui a bien été adopté par le Parlement. Mais cet argent est destiné, selon elle, à assurer une veille des sites internet afin que les autorités soient alertées sur toute information inexacte susceptible de véhiculer des rumeurs nuisibles aux habitants de la préfecture de Fukushima.

Nous n'avons aucunement l'intention de demander aux fournisseurs d'accès à internet ou aux gérants de sites de supprimer ce genre d'informations ou de punir ses auteurs, a-t-elle tenu à souligner. Nous allons simplement donner des explications sur notre propre site et sur notre compte twitter.

C'est la société Asatsu DK, un important publicitaire japonais, qui, suite à un appel d'offres, a remporté le contrat de 70 millions de yens (630.000 euros) et sera ainsi chargé de cette veille internet jusqu'à fin mars 2012.

La centrale Fukushima Daiichi a été gravement endommagée par une vague géante de 14 mètres déclenchée par un séisme de magnitude 9 survenu au fond de l'océan Pacifique le 11 mars.

Quatre de ses six réacteurs ont commencé à chauffer dangereusement, provoquant des explosions et des rejets radioactifs dans l'atmosphère et dans la mer. Quelque 80.000 personnes ont dû être évacuées dans un rayon de 20 km autour de la centrale.

Certains habitants de Fukushima se sont plaints de rumeurs affirmant qu'ils risquaient de contaminer d'autres personnes s'ils voyageaient en dehors de la préfecture.

Les agriculteurs locaux sont également victimes de l'embargo imposé pour certains légumes, produits laitiers et maintenant la viande de boeuf originaires de la région. Cette mesure a jeté le soupçon sur l'ensemble des produits étiquetés en provenance de Fukushima.

(©AFP / 29 juillet 2011 07h06)


29 juillet, Japon, 140 ème jour

Ex-SKF


Compost de feuilles radioactif : la ville de Kamakura arrête de distribuer du compost aux habitants

après plus de 4 mois de retombées radioactives, parce que le ministère de l'agriculture a finalement émis une mise en garde annonçant que ce serait mieux de ne pas utiliser le compost de feuilles.

Cela figurait dans les infos dès le début que le niveau de radioactivité est plus élevé sous les gouttières, dans les arbustes et les arbres, sur les feuilles mortes et les brindilles sur le sol (ding ding ding ding....allo?)

Une autre leçon importante pour penser par soi-même et ne pas dépendre des autorités du Japon et d'ailleurs.

Du Tokyo Shinbun, édition de Kanagawa (28 juillet)

Après que du césium radioactif ait été découvert dans le compost de feuilles, le ministère de l'agriculture a lancé un avis pour différer l'usage et la commercialisation de compost sur une base volontaire. En conséquence le 27 juillet, la ville de Kamakura a stoppé la distribution de compost gratuit aux habitants.

La ville collecte les déchets de jardin – les rameaux d'élagage et les branches provenant des habitants et des jardineries commerciales (du style bois raméal fragmenté, BRF) – pour les réduire et recycler les déchets. Les déchets de jardin sont commercialisés à la préfecture de Yamanashi et compostés à cet endroit.
De tels résidus de taille donnent jusqu'à 11.000 tonnes par an. Le compost est distribué sans frais aux habitants à 8 emplacements de la ville. L'année dernière, 2100 tonnes de compost ont été distribuées. La ville a décidé d'arrêter la distribution jusqu'à ce que le gouvernement national présente une norme pour le compost, et a mis en garde les habitants sur la page d'accueil du site de la ville.
Pour l'heure, la ville collecte toujours les déchets de jardin venant des habitants, mais décidera quoi faire du compostage. La ville fait aussi ses propres analyses du compost pour voir si du césium radioactif est détecté.
 

Des humains sont entrés dans le réacteur 3, et ont reçu 4,61 millisieverts pour 40 minutes de travail

11 salariés de TEPCO sont entrés dans le bâtiment du réacteur 3 le 27 juillet pour mesurer la radioactivité à des endroits où ils avaient besoin de travailler en vue de changer le point d'injection de l'eau du tuyau servant au système de refroidissement d'urgence du coeur, afin d'obtenir un refroidissement efficace du combustible dans le RPV.

En regardant la carte topographique faite, ces endroits dégagent une particulièrement forte radioactivité. Un emplacement particulier mesurait 280 millisieverts/h et c'est là qu'ils espèrent pouvoir faire l'injection d'eau (voir la page 3 ci-dessous du document de TEPCO).
Ils ont réussi à mesurer le niveau de radioactivité sur les marches conduisant au 3ème niveau, et c'était encore plus élevé que celles du 2ème niveau, presque le double.
Le document en anglais de TEPCO du 28 juillet est plein d'erreurs intéressantes, quand il disent ''réservoir'' (''bulb'' en anglais), je pense vraiment qu'ils veulent dire ''vanne'' (''valve''en anglais). Pour des oreilles japonaises, la différence entre ''b'' et ''v'' est proche de zéro et la différence entre ''u'' dans bulb et ''a' dans valve n'existe pas.

(Page 1)


(Page 2)


(Page 3)

Un des ouvriers de Fukushima qui utilise Tweeter est inquiet à propos du plutonium dans le bâtiment du réacteur. Il a dit aussi il y a quelque temps que la limite d'urgence de 250 millisieverts pour les radiations des ouvriers de la centrale n'était appliquée en pratique que pour les salariés de TEPCO, alors que la plupart des sous-traitants limitaient leurs ouvriers à des radiations cumulées en-dessous de 100 millisieverts. TEPCO envoie ses propres salariés dans les zones à très forte radioactivité.
Mais quand viendra l'installation réelle des tuyaux et de l'équipement, ce seront probablement les sous-traitants qui devront faire le boulot. Ce seront des gens comme M. Watanabe interviewé par The Independant.( l'homme qui accepte de se sacrifier pour la bonne cause). Je ne pense pas que les salariés de TEPCO y connaissent grand-chose sur la plomberie. 1 minute de travail à cet endroit fortement contaminé et vous recevez 2,8 millisieverts.




Des matchs de baseball scolaires radioactifs à Fukushima
Je me rappelle toujours la photo bizarre d'habitants de Tokyo écoutant le discours d'un candidat pendant les élections locales en avril. En raison de retombées radioactives dues à la pluie, ils écoutaient le candidat avec des masques. La détermination des autorités de poursuivre ce qui avait été planifié avant l'explosion des bâtiments des réacteurs de la centrale, et la volonté des citoyens de l'accepter, comme si rien n'était arrivé. Continuer et faire semblant.
Voici le plus récent exemple du ''continuer et faire semblant'', le championnat annuel d'été de baseball scolaire. J'ai vu les nouvelles quand c'est arrivé, mais j'étais trop scandalisé pour le poster. Je suis toujours scandalisé, mais voici :


C'est la mesure de radioactivité avant le match dans la préfecture de Fukushima le 13 juillet. (avec les mesures pour chaque emplacement de joueur, je laisse en anglais, n'y connaissant rien au baseball)

Batter box: 0.3 microsievert/hour
Center field: 2.2 microsieverts/hour
3rd base dugout: 0.7 microsievert/hour
3rd base stand: 0.8 microsievert/hour
Back net stand: 0.2 microsievert/hour

NHK, qui a retransmis le jeu en direct, l'a diffusé pendant le match.
Comme le plus élevé était inférieur à la limite de sécurité de 3,8/h décidé par le ministère de l'éducation, le match a eu lieu. Aucun match n'a été annulé nulle part en raison d'inquiétudes pour la radioactivité. En fait, le match final qui doit décider qui représentera Fukushima au championnat national a été joué sous la pluie le 28 juillet. C'est une école catholique située dans la ville fortement irradiée de Date qui a gagné, et qui représentera la préfecture de Fukushima dans le championnat national d'Osaka.
Les japonais ont fait le championnat de printemps aussi, juste après l'accident de Fukushima. Ils n'ont même pas mesuré la radioactivité à l'époque.
Beaucoup d'argent en jeu dans le baseball scolaire. De nombreux grands joueurs viennent d'en dehors de la préfecture pour jouer pour les écoles avec des calendriers de baseball soutenus.
Radioactivité, on t'em....e (''radiation be damned'')