Bistro Bar Blog

dimanche 25 décembre 2011

Japon, 25 décembre

D'abord, je vous poste deux vidéos, qui sont celles de la conférence donnée par le journaliste qui était entré illégalement à la centrale en se faisant passer pour un ouvrier et dont j'avais parlé précédemment sur le blog. Kna60 a fait la traduction et le  sous-titrage (sur sa nouvelle chaîne Dailymotion, ayant stoppé Youtube qui se permettait de lui supprimer des éléments de vidéo, sous prétexte qu'elles étaient trop longues):


Conf. de presse Tomohiko Suzuki ancien... par kna60


Conf. de presse Tomohiko Suzuki ancien... par kna60

EX-SKF

Radioactivité au Japon : le ministre de l'environnement va obtenir un budget d'1 trillion de yens, 5 fois celui obtenu cette année

En parlant de cadeaux de Noël...

Le ministère de l'environnement, autrefois parent pauvre et sans pouvoir du gouvernement national, est aujourd'hui l'un des plus puissants sous la bannière de Goshi Hosono, qui cumule aussi un ministère chargé de l'accident nucléaire terminé. La mesure de son pouvoir ? La taille de son budget.

Il va quintupler pour l'année fiscale 2012 pour atteindre plus d'1 trillion de yens (1.000.000.000.000 de yens et sachant que 1000 yens = 9,82 €, faites le calcul) en raison du travail de ''décontamination'' dans la préfecture de Fukushima et dans 7 autres préfectures. Comme pourtant personne ne prétend connaître le coût de la décontamination grâce aux entreprises qui vont signer des contrats pour distribuer le travail à la pyramide des sous-traitants, le budget du ministère est quasi-illimité. Il n'inclut même pas le coût de la construction d'installations temporaires pour les déchets contaminés.

Comme le cite l'Asahi Shinbun (24 décembre) :

''Les responsables du ministère de l'environnement disent 'Le coût ultime de la décontamination nous est toujours inconnu'.
Heu...C'est plus du style ''Le coût ultime de la décontamination nous est toujours inconnu mais nous savons que ça va être gigantesque ; en fait c'est si gigantesque que nous ne le dirons pas de peur d'en être responsable. Donc nous disons que nous ne savons pas, et quand il y aura la merde, nous dirons ''Qui aurait pu le dire ?'' et vous direz ''Oh bon on ne peut rien y faire maintenant donc continuons à faire ce qui n'a pas marché, parce que si nous le faisons suffisamment ça peut finalement marcher''. Et ainsi de suite.
On peut être presque sûr que le gouvernement va choisir la ''technologie'' la plus coûteuse, la plus compliquée et probablement la moins efficace pour faire la décontamination. Plus le projet est coûteux, plus il sera profitable à toutes les parties (rien à voir avec le filtre à café pour enlever le césium radioactif inventé par un profane).
Ben Bernanke de la Fed saurait quoi faire (''imprimer'' de la monnaie), mais pas Shirakawa de la Banque du Japon. Au lieu de cela, l'administration Noda est ultra désireuse d'augmenter les impôts publics, de supprimer d'autres avantages sociaux et de renforcer le gouvernement de sorte que ''Fukushima se rétablisse et que l'économie croisse''.
Comme de plus en plus de japonais prennent conscience de s'être fait avoir, et que la soi-disant décontamination est prétexte à donner des contrats lucratifs à ceux qui sont bien introduits et ce sur le dos des habitants des zones contaminées, les gouvernements de tous bords – national, préfectoral, municipal vont dans le sens contraire, prêchant la vertu pour aider les compagnons japonais, en mangeant des aliments contaminés, en brûlant les débris contaminés, et en payant pour la décontamination pour faire revivre Fukushima.

Reportage de Fukushima (1) Minami Soma : 41,72 microsieverts/h, rayonnements alpha, beta et gamma combinés dans un immeuble municipal
Des gens vivent dans cet immeuble, y compris des enfants. La ville désire que tous les habitants rentrent à Minami Soma maintenant que l'accident est officiellement ''terminé''.
Le maire de Minami Soma Katsunobu Sakurai est devenu célèbre par son appel à l'aide sur youtube les premiers jours de la crise. A cette époque, peu de gens étaient conscients de la catastrophe nucléaire en cours, mais étaient au contraire focalisés sur les suites du séisme et du tsunami du 11 mars.
Même après que l'extension de la contamination radioactive résultant de l'accident de la centrale devienne connue, de nombreuses cités intérieures à Fukushima incluant Minami Soma continuaient de dire aux habitants que tout était sous contrôle, comme si l'accident nucléaire n'était qu'un événement lointain, inopportun. Minami Soma fut plus réaliste, ou plus consciente que les autres, car cette cité pratique des tests d'exposition aux rayonnements plus approfondis sur ses habitants et s'occupe de décontaminer les habitations et les bâtiments publics depuis le début avec l'aide du Pr Kodama de l'université de Tokyo.

Mais plus ça va, plus quelque chose me retient d'en ajouter sur Minami Soma. Pourquoi le maire et les officiels de la ville insistent sur le retour des habitants ? Pourquoi insister sur la ''décontamination'' sachant qu'elle ne fonctionne pas bien (ils ont les données de mesure avant et après) ? Pourquoi punir les habitants les plus infortunés qui ont perdu leur maison dans le séisme et le tsunami en leur coupant les dons publics et en taxant les dons en argent qu'ils ont reçu ?

Par méfiance du gouvernement, et comme le souligne à juste titre le journal de l'association médicale canadienne, de plus en plus de gens de Fukushima commencent à évoquer ouvertement leur situation, la plupart dans des blogs. Je viens de lire trois de ces blogs aujourd'hui, sachant avec certitude qu'il y en a plein d'autres.
Le premier est un blog qui s'intitule ''Une nuit sans fin'', écrit par un homme de Fukushima. Il parle donc et en parcourant ses messages, je n'ai aucune raison de douter de lui.
Dans le message nommé ''La vérité sur Minami Soma'' du 20 décembre, il rapporte les résultats de son contrôle de radiations qu'il a effectué en utilisant son dosimètre personnel dans un immeuble d'une partie de Minami Soma qui avait été déclaré comme ''zone prête à évacuer'', où les habitants étaient supposés évacuer à tout moment en cas d'urgence nucléaire, et où les enfants et les femmes enceintes ''n'étaient pas supposés se trouver'' (mais elles s'y trouvaient , car il n'y a eu aucune aide de la ville pour évacuer).

Extrait du blog ''Une nuit sans fin'', sur l'article ''La réalité de Minami Soma'' :

Des photos valent mieux que des mots pour que les gens se rendent compte.
Les photos seront une preuve irréfutable. Le quartier d'Haramachi à Minami Soma dans la préfecture de Fukushima. Qui a été à l'époque déclaré comme ''zone prête à l'évacuation'' [abolie ensuite le 30 septembre]
Voici les photos prises aujourd'hui 20 décembre 2011 dans le complexe d'immeubles municipaux à Kita Nagano.
Je demande au blogger si je peux utiliser ses photos. En attendant la réponse (il a dit non à d'autres gens), vous pouvez aller les voir sur son blog. L'information qu'il donne dans son article est ceci : 
Des gens vivent dans l'immeuble depuis le 11 mars, car la ''zone prête à l'évacuation'' n'exige pas une évacuation sauf s'il y a une urgence nucléaire. Selon le blog, la plupart des enfants ont évacué mais il en reste quelques-uns.
La radioactivité sur le trottoir juste à l'extérieur d'un immeuble.
Rayonnement gamma : 10,83 microsieverts/h
Rayonnements beta et gamma : 14 microsieverts/h
Rayonnements alpha, beta et gamma : 41,72 microsieverts/h
Vers la fin, il écrit :
Les habitants ne s'attendaient pas à voir ces chiffres.
Ils pensaient que le niveau de radioactivité pouvait être élevé, mais n'ont jamais soupçonné qu'il était aussi haut. Quand leurs enfants sont revenus pour le weekend, ils m'ont dit qu'ils avaient laissé jouer les enfants dehors.
Partout où j'ai mesuré, la radioactivité était élevée.
Voici un bâtiment municipal géré par la ville de Minami Soma. C'est la réalité de Minami Soma !
Est-ce Tchernobyl ?
Je me le demande.
Il dit qu'il a informé le gouvernement de la ville sur les fortes radiations de l'immeuble. En regardant sur une carte, on voit que c'est dans cette zone de fortes radiations que la ville va rouvrir 2 écoles primaires et une maternelle en février prochain, maintenant que la centrale nucléaire a réalisé son ''arrêt à froid'' et qu'il n'y a plus de ''zone prête à l'évacuation''.
Le plus triste, si c'est vrai, c'est que ces écoles rouvriront à la demande des parents.
Est-ce si important d'envoyer leurs enfants à l'école dans une zone qui a plus de 40 microsieverts par heure de rayonnement total ?
''Une nuit sans fin'' – quel beau titre.



Des manifestants qui essaient de faire une déclaration au président de TEPCO Katsumata sont arrêtés par la police

Diffusé en direct par IWJ d'Yasumi Iwakami, en ce moment, ici. (mais cela semble fini)

200 policiers gardent l'entrée de la résidence de Katsumata. Les manifestants et les spectateurs sur USTREAM sont excédés que leurs impôts soient utilisés pour protéger le président de TEPCO, qui à leurs yeux est un criminel.

1 commentaire:

  1. http://www.avaaz.org/fr/japan_disaster_funds_whaling_fr/?tta

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