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samedi 17 décembre 2011

Japon, 17 décembre

EX-SKF


État d’arrêt à froid : Hosono dit “ Personne ne sait où est le combustible, mais j’ai confiance qu'il est bien refroidi ”

Dans un geste typique de parfait mépris pour le public, l’administration Noda a annoncé la nuit dernière qu’il n’y aurait plus de conférence de presse collective où les journalistes pourraient rencontrer le personnel de TEPCO et des officiels du gouvernement et d’autres ministères et agences concernés, prendre connaissance des mises à jour et poser des questions.

La conférence de presse conjointe de la nuit dernière sera donc la dernière, maintenant que la centrale nucléaire de Fukushima I est officiellement dans un “ état d’arrêt à froid ” et que l’accident a été décrété “ terminé ” par le gouvernement.
Voici ce que le ministre en charge de l ’accident et ministre de l’environnement Goshi Hosono avait à dire la nuit dernière lors de la dernière conférence de presse collective, comme rapporté par Nifty News (16 décembre) :

Le ministre de l’environnement Hosono a exprimé une certaine inquiétude comme quoi “ Personne ne saura où se trouve le combustible tant qu’on n’aura pas ouvert les réacteurs ”, mais il a réaffirmé l’arrêt à froid, suivant l’exemple de son premier ministre. Il a dit, “ Où que soit le combustible, il est refroidi ”.

Ayez confiance en nous, croyez-nous sur parole, dit-il.

État d’arrêt à froid à Fukushima : le secrétaire d’état adjoint américain de l’énergie était aussi dans le coup

Comme je l’ai posté hier, NHK a cité le secrétaire député d’état US exprimant un grand intérêt des sociétés US pour participer à la décontamination du Japon (bulle), après qu’il ait congratulé l’administration pour cette étape importante.
Et bien, il n’était pas seul. On dirait qu’une délégation tout entière du gouvernement américain se trouvait tranquillement au Japon à négocier avec l’administration Noda très pro US pour une grosse part de la bulle “ post ”-accident de démantèlement et de décontamination, qui sera payée par les infortunés contribuables japonais.
Les infos de Businessweek/Bloomberg concernant l’état d’arrêt à froid citent le secrétaire d’état adjoint Daniel Poneman :

La production d’armes de la Guerre Froide aux US a laissé le pays avec “ un héritage conséquent de déblais nucléaires, y compris des déchets de haut niveau, des sols et nappes phréatiques contaminés, ” a déclaré hier Daniel Poneman à Tokyo, le secrétaire d’état adjoint au département de l’Énergie.
Le site de Hanford dans l’état de Washington et celui de Savannah River en Caroline du sud possèdent plus de 400 millions de litres de déchets en réservoir que le gouvernement travaille à convertir en forme plus stable qui ne menace pas l’environnement, a-t-il dit.
Le gouvernement japonais a demandé un soutien américain pour démanteler la centrale de Fukshima Dai-Ichi tout en gérant le site d’un point de vue environnemental, a-t-il ajouté.

Vient de tomber : découverte de 348 Bq/kg de strontium à Tokorozawa à Saitama ?

L’information ne circule actuellement que sur Twitter par des gens qui ont regardé la conférence de presse en direct.

C’était lors d’une question posée par Yasumi Iwakami, journaliste indépendant, pendant la conférence de presse à la NISA, qui a déclaré qu’il n’y avait, qu’il n’y a pas et qu’il n’y aura pas de fuite d’eau par la centrale de Fukushima.
348 becquerels/kg de strontium radioactif ont été trouvés à Tokorozawa dans la préfecture de Saitama, selon Iwakami

État d’arrêt à froid à la centrale : Amano de l’IAEA (agence internationale de l’énergie atomique) adresse ses félicitations

Si les dirigeants décident que c’est un arrêt à froid, c’est un arrêt à froid. Si suffisamment d’augustes personnages le disent suffisamment de fois, ce doit être vrai.

Le directeur général de l’IAEA est l’ancien bureaucrate japonais (au ministère des affaires étrangères) Yukiya Amano, qui félicite dûment l’administration japonaise pour le travail exemplaire et le “ progrès significatif ” réalisés, comme suit :
16 décembre 2011 / Le directeur général de l’IAEA Yukiya Amano a publié la déclaration suivante aujourd’hui :
L’IAEA se réjouit de l’annonce du gouvernement japonais qui annonce que les réacteurs de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi ont atteint une “ condition d’arrêt à froid ” et se trouvent dans un état stable et que le relâchement de matériaux radioactifs est sous contrôle.
Par dessus tout TEPCO et le gouvernement japonais ont fait des progrès significatifs et ont réalisé la seconde étape de la feuille de route de TEPCO à la fin de l’année comme cela avait été programmé.
L’IAEA continue la surveillance de l’état de la centrale et de la situation radiologique du Japon à la suite du séisme et du tsunami du 11 mars. L’IAEA reçoit les informations mises à jour de la part de diverses sources japonaises officielles, grâce aux autorités nationales compétentes. L’agence continue à se tenir prête à fournir une assistance nécessaire au Japon comme demandé.
“ ...autorités nationales compétentes ”, ça fait trop riche.

La toute dernière technologie au Japon : les mains
Le site du Jiji Tsushin montre plusieurs photos des soldats des forces d’auto-défense accomplissant un travail de décontamination.
J’ai posté un article lundi sur eux en train de décontaminer à la mairie du village d’Iitate-mura à l’aide d’un tournevis. Sur la photo ici du Jiji, ils décontaminent la mairie de Namie-machi.
Les outils : leurs mains.
Il n’y a aucune information indiquant si les forces d’auto-défense sont au courant des niveaux de radioactivité – celle de l’air, la densité des matériaux radioactifs provenant des boues et des feuilles mortes qu’ils doivent enlever, ou s’ils sont équipés de dosimètres personnels pour contrôler leur taux d’exposition.
Probablement non. Ce sont des soldats en poste soit à Fukushima ou à Koriyama dans la préfecture de Fukushima. L’un d’eux est le 44 ème régiment d’infanterie et l’autre le 6ème régiment d’artillerie, selon un tweet des forces d’auto-défense terrestres. On peut être bien sûr qu’ils ne sont pas entraînés à décontaminer, pas forcément les matériaux radioactifs mais des produits chimiques plus ordinaires, etc.
La photo du Jiji a été prise le 8 décembre à la mairie de Namie-machi, à 8 km au nord de la centrale. Il pleuvait légèrement, la photo le montre.

(Mise à jour) : L’ancien premier ministre Hatoyama dit que du chlore-38 ÉTAIT détecté, malgré la rétractation de TEPCO

(Mise à jour) Hatoyama dit dans son article de Nature que son équipe avait les données de TEPCO sur la nouvelle analyse du chlore-38, et en est venue à la conclusion que du chlore-38 se trouvait dans l’eau du soubassement du réacteur 1, et que la densité en était de 1,6 millions de becquerels/millilitre, juste comme TEPCO l’avait rapporté au début. (Lire la traduction faite par Nature Asia) À propos de sa réflexion sur l’explosion nucléaire du réacteur 3, voir mon dernier article.

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En mars et avril, il y a eu toute une histoire sur une recriticité dans l’un ou l’autre réacteur de la centrale, parce qu’une annonce de TEPCO sur la détection de chlore-38 dans l’eau du bâtiment de turbine. En se basant sur cette annonce, Hiroaki Koide de l’université de Kyoto fut le premier chercheur (je pense) à dire qu’une recriticité avait pu se produire.
Le chlore-37, isotope stable dans l’eau de mer peut acquérir un neutron et devenir du chlore-38 instable. La source du neutron ? Une fission d’uranium quelque part tout près.
TEPCO l’a nié ensuite, comme étant une des nombreuses “ erreurs ” faites probablement en identifiant les radionucléides.
Mais aujourd’hui, dans le magazine Nature où il a écrit un article avec un politicien du parti démocrate japonais de la Chambre Basse japonaise, il dit la chose suivante, selon le Yomiuri Daily (en anglais) du 16 novembre :
Dans l’article, Hatoyama critique TEPCO, l’opérateur de la centrale hors d’usage, pour n’avoir dévoilé qu’une information limitée au comités de la Diète. Il laisse aussi entendre la possibilité d’une recriticité à la centrale et dit qu’il y reste beaucoup de choses concernant la crise qui mérite une clarification, y compris l’état du combustible fondu à l’intérieur des réacteurs nucléaires.
Hatoyama dit aussi que lui et Taira ont obtenu des données d’échantillons d’eau contaminée obtenues par TEPCO en provenance du soubassement du réacteur n°1 de la centrale et qu’ils ont demandé à un institut de recherche extérieur de les réanalyser.
Les résultats ont montré que le radionucléide chlore 38, l’un des isotopes libéré pendant la recriticité, “ était effectivement présent ”, déclare-t-il.

TEPCO a rapporté à un endroit qu’il y avait du chlore 38 dans l’échantillon d’eau, mais que l’opérateur s’est plus tard rétracté, en disant que c’était une erreur d’analyse.

La version japonaise de cet article dit exactement la même chose. Et chose très intéressante, c’est que presque personne n’y a prêté attention quand l’article est sorti le 15 décembre en japonais. Le nombre de tweets pour l’article n’est que de 12. J’ai vu le gros titre de l’article sur le Yomiuri, mais je n’en pensais pas grand-chose et l’ai sauté, en partie parce que je ne m’occupe pas de lire quoi que ce soit de cet ancien premier ministre japonais, dont le surnom est “ extraterrestre ”.
Mais pour lui donner du crédit, il a organisé un groupe d’étude hebdomadaire ces dernières semaines et mois de crise nucléaire, invitant des chercheurs qui étaient alors ridiculisés par les médias de masse et les politiciens comme des “ extrêmistes ” - ceux qui ont dit que l’accident de la centrale et la contamination qui en résulte étaient bien plus sérieux que ce qu’admettait le gouvernement et les médias de masse.
À en juger par le nombre de lecteurs japonais qui recopient les tweets de la version japonaise de l’article du Yomiuri que je viens de tweeter, ce sont des infos nouvelles pour eux également.
Le titre de l’article est “ Hatoyama : Nationaliser la centrale nucléaire de Fukushima ”. Titre ennuyeux, exprès, probablement, de sorte que personne ne le lit. Les pouvoirs en place ne pouvaient se permettre d’attirer l’attention sur une “ recriticité ” alors qu’ils allaient annoncer un arrêt à froid de la centrale. Le Yomiuri a fait son devoir de patriote.
(Merci à EneNews d’avoir remarqué les détails au-delà du gros titre)

Ancien premier ministre japonais Hatoyama : explosion nucléaire probable au réacteur 3

Il s’avère que l’ancien premier ministre Yukio Hatoyama avait autre chose à dire que la seule recriticité de mars et avril dans son article de Nature, publié le 15 décembre, jour délicat s’il en fut pour l’administration Noda qui allait déclarer la fin de l’accident de Fuku I.

Bien que la version originale en anglais ne soit valable que pour les souscripteurs, Nature Asia a mis à disposition de tout le monde la traduction intégrale.
Dans cet article, lui et son co-auteur Tomoyuki Taira parlent des possibilités de recriticité (détection de chlore-38), d’explosion nucléaire du réacteur 3, et de fusion traversante du corium qui contamine les nappes phréatiques.
Je ne suis pas étonné que le Yomiuri Shinbun, en parlant de l’article de Hatoyama dans le magazine Nature, ait décidé de ne mentionner que la nationalisation et la recriticité de mars/avril – un sujet suffisamment sans danger pour en parler aujourd’hui.

En conclusion de ce qui a pu être une explosion nucléaire au réacteur 3, Hatoyama ne s’occupe pas du mécanisme qui aurait pu entraîner une explosion nucléaire et se concentre sur la preuve d’éléments transuraniens dispersés loin de la centrale, en disant qu’une explosion d’hydrogène n’aurait pu être suffisamment puissante.
L’original était en anglais, et la traduction (par Nature Asia?) a été éditée par M. Taira, selon le site web de Nature Asia. Ce qui suit est ma rapide retraduction en anglais du passage concernant l’explosion nucléaire du réacteur 3.

“ À propos d’énergie nucléaire : nationaliser la centrale atomique de Fukushima Daiichi ”, par Tomoyuki Taira et Yukio Hatoyama (traduction en anglais à partir de la traduction en japonais de l’anglais d’origine) :
Possibilité d’explosion nucléaire
Nous avons besoin d’une réponse à la question concernant ce qui a causé la série d’explosions à la centrale de Fukushima I. On a initialement rapporté que c’étaient des explosions d’hydrogène, c’est à dire des explosions résultant de réaction chimique à haute température entre l’alliage du revêtement et la vapeur d’eau dans le coeur du réacteur. Ce n’est pourtant pas concluant. D’autres possibilités existent, qui sont des explosions nucléaires et des explosions de gaz autre que l’hydrogène.
Quelle quantité et quel genre de matériaux radioactifs ont été dispersés par les explosions, et jusqu’où ont-ils été répandus ? Quel est l’état du combustible nucléaire usagé stocké dans la piscine de combustible usagé du réacteur 3 ? Pour répondre à ces questions, il est impératif de savoir d’une manière ou d’une autre s’il y a eu explosion nucléaire. Selon deux faits observés, nous pensons qu’une explosion nucléaires est plus que probable. D’abord, plusieurs éléments transuraniens (Wiki :Un transuranien, ou élément transuranien, est un élément chimique dont le numéro atomique est supérieur à celui de l'uranium, c'est-à-dire supérieur à 92.) ont été détectés à des dizaines de km de la centrale. Ensuite, les armatures d’acier de la partie supérieure du bâtiment du réacteur 3 sont tordues comme si elles avaient fondu.
Selon les rapports du ministère de l’éducation et de la science, du curium-242 (242Cm) a été détecté à environ 3 km de la centrale, et du plutonium-238 (238Pu) à 45 km de la centrale. Ils sont extrêmement toxiques, et si ingérés ils causeront une irradiation interne. La demi-vie du curium-242 est courte (environ 163 jours) et le dépôt de plutonium-238 autour de la centrale est de très loin plus important que la normale, amenant le ministère de l’éducation à conclure que ce ne sont pas des retombées radioactives provenant de tests atmosphériques mais qu’elles ont été émises par la centrale.
Si c’est le cas, des éléments de barres de combustible usagé brisées ont pu se disperser autour de la centrale et c’est extrêmement dangereux.
Ces éléments transuraniens n’ont pas été apportés par le panache radioactif comme le césium ou l’iode beaucoup plus légers. Ils ont donc dû être soufflés par une force extrêmement puissante. Nous ne savons pas si une explosion d’hydrogène est assez puissante pour disperser des éléments transuraniens à cette distance. Il est improbable qu’une explosion d’hydrogène ait généré une température assez élevée pour faire fondre de l’acier. TEPCO a annoncé initialement qu’il y avait une fumée blanche avec l’explosion du réacteur 3. La dernière enquête a pourtant révélé que la fumée était noire, et une explosion d’hydrogène n’est pas censée générer une telle fumée noire. Notre conclusion donc est que l’explosion au réacteur 3 a pu être une explosion nucléaire. Il est également important de savoir si un gaz explosif différent [autre que l’hydrogène] a été généré à ce moment-là.
Hatoyama, en tant qu’ancien premier ministre et officiel de haut rang du parti démocrate du Japon, a eu accès à des informations plus détaillées sur l’accident, à la fois par les sources du gouvernement et celles de TEPCO, en supplément des données provenant d’experts en nucléaire qu’il avait invité à son groupe d’étude sur l’accident de Fukushima, bien que s’étant plaint dans l’article de Nature d’être frustré des réponses lentes de TEPCO. (Il se réfère au manuel d’opérations de TEPCO, dont 99% avait été noirci.)

4 commentaires:

  1. Il n'y a plus aucun danger !!

    On peut leur faire confiance !!

    Et même qu'il n'y a jamais eu aucun incident à la centrale !!!

    Croix de bois croix de fer si je ment je vais en enfer !!!!

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  2. Une cure de FUKUSHIMA ,un bonheur réactif.
    invitez vos ennemis,résultat garantis

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  3. Sur le site de Pierre

    http://echelledejacob.blogspot.com/2011/12/deroulement-du-plan.html#more

    Cassandre

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  4. Et aussi

    http://www.archivesolidaire.org/scripts/print.phtml?section=&object_id=5149&action=Print&PHPSESSID=5835ee8a7d03c470dff5d1461b53b00c

    Michel Collon, journaliste de Solidaire, victime de l’OTAN

    Le journaliste et spécialiste des Balkans, Michel Collon, vient d’être opéré d’un cancer aux reins. Il a demandé aux médecins de procéder à des examens complémentaires quant à d’éventuelles traces d’uranium appauvri dans ses organes. Ils y ont découvert des substances radioactives. Le rapport avec les nombreux voyages de notre collègue en Irak et dans les Balkans, où l’Occident et l’Otan ont utilisé à foison des armes à l’uranium appauvri, semble évident. Mais Michel Collon ne baisse pas les bras. Entretien avec une victime qui se prépare à répliquer vigoureusement aux responsables de cette contamination.

    Han Soete*



    «Je fulmine contre les responsables de cette guerre»

    Durant le traitement de son cancer aux reins, les médecins ont découvert que Michel Collon avait été contaminé par des substances radioactives. L’opération a réussi, mais Michel devra vivre dans la crainte permanente d’un nouveau cancer. C’est cela, surtout, qui le met très en colère. ...

    Cassandre

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