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samedi 10 décembre 2011

Japon, 10 décembre

Un article du Monde du 7 décembre :

Japon : arrêt d'un réacteur nucléaire pour cause de problème technique


La compagnie d'électricité japonaise de l'ouest, Kansai Electric Power, s'apprête à arrêter manuellement, dans la nuit de mercredi à jeudi, l'un de ses réacteurs nucléaires à cause d'un problème technique. Il s'agit du 46e mis hors service au Japon sur un total de 54.

Le réacteur Mihama 2, qui avait été remis en exploitation commerciale le 19 novembre 2010, souffre d'un souci de valve liée au système de refroidissement. Il était prévu qu'il soit stoppé pour maintenance régulière le 18 décembre, les réacteurs japonais devant subir des contrôles durant soixante-quinze à cent vingt jours tous les treize mois environ.
Du fait de cet arrêt anticipé, à partir de jeudi, Kansai Electric Power n'aura plus que deux réacteurs en service sur onze, lesquels devraient en outre être stoppés pour entretien d'ici à fin février prochain.
PLUS QUE HUIT UNITÉS EN SERVICE
Dans l'ensemble du Japon, sur un parc de 54 unités, après l'arrêt de Mihama 2, seulement huit unités seront encore en service, deux supplémentaires devant en outre être mises à l'arrêt avant la fin du mois, tandis que nul ne sait quand seront réactivées celles déjà stoppées.
A la suite du tremblement de terre et du tsunami qui, le 11 mars, ont engendré l'accident à la centrale nucléaire Fukushima Daiichi (nord-est), une quinzaine de réacteurs ont été subitement arrêtés dans les centrales du nord-est, puis deux autres tranches présentant des risques à Hamaoka (centre). Le redémarrage de tous les autres réacteurs arrêtés pour maintenance ou à cause des secousses sismiques est conditionné par de nouveaux tests de résistance (notamment vis-à-vis des catastrophes naturelles) et à l'approbation des autorités locales, ce qui retarde l'échéancier habituel.
RÉDUCTION OU REDÉMARRAGE DU NUCLÉAIRE ?
La réduction de capacité de production électrique nucléaire force les entreprises et particuliers à minimiser leur consommation, et les compagnies à remettre en exploitation des centrales thermiques.
L'ex-premier ministre de centre gauche, Naoto Kan, s'était prononcé pour une réduction progressive de la part de l'énergie nucléaire au Japon, un avis partagé par une large majorité de la population selon les sondages. Son successeur, Yoshihiko Noda, plaide pour un redémarrage des unités dont la sécurité aura été confirmée.
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 EX-SKF


La NISA admet que 7 tonnes d'eau à l'heure ont fui d'un RPV ?

Un tweet du conseiller de la Maison Basse Hiroshi Kawauchi dit que l'agence de sécurité nucléaire et industrielle (NISA) admet aujourd'hui dans son rapport qu'un RPV (reactor pressure vessel) a pu être endommagé par le TREMBLEMENT DE TERRE, et non par le tsunami. Pas d'info pour savoir de quel réacteur il parle.

Le journaliste indépendant Ryuichi Kino dit que quel que soit ce document, il n'est pas encore en ligne sur le site de la NISA. J'ai fait un contrôle sur la page du METI (ministère de l'économie) et il n'y a rien non plus jusqu'ici.

Tweet du conseiller Kawauchi du 9 décembre :

Document provenant de la NISA. Il dit ''un dommage minime à l'intérieur d'un réacteur dû au séisme ne peut être nié.'' C'est juste surprenant pour moi qu'ils puissent appeler minime un dommage qui a causé une perte de refroidissement au rythme de 7 tonnes à l'heure, mais ils ont de toutes façons admis la possibilité d'un dommage à l'intérieur du réacteur.

Maintenant, qu'est-ce que cela veut dire ? Un article curieux me vient à l'esprit. Le journal français Le Monde a rapporté le 7 décembre que le comité du gouvernement qui enquête sur l'accident est sur le point de publier son rapport provisoire, et le rapport va dire que c'est le séisme, et non le tsunami au sujet duquel TEPCO et le gouvernement ont si longuement insisté, qui a causé le dommage ayant conduit à l'accident. (J'ai lu l'article du Monde dans un résumé traduit en japonais sur ce blog, mais l'original semble être ceci – il faut être apparemment inscrit au journal pour le lire.)
Un autre vaillant essai de la NISA pour couvrir ses arrières, me semble-t-il.


Carte mise à jour (et déjà remise à jour) du Pr Hayakawa, comparaison entre Fukushima et Tchernobyl
et la version 5 de la carte du contour de radioactivité a été publiée. Et après sa réprimande, le professeur semble plus revigoré que jamais.
Depuis son blog, carte de comparaison entre Fukushima et Tchernobyl (déjà révisée depuis) :
Et la carte de contour de radioactivité version 5 :

Le Pr Yukio Hayakawa, l'irascible et irrévérencieux (tout au moins sur twitter) volcanologue a reçu un blâme officiel du président de son université (de Gunma) qui se trouve avoir un lien fort avec l'agence d'énergie atomique japonaise et le professeur en semble revigoré plus que jamais.
Comme le fait d'envoyer un message au président de l'université et de petites donations privées de gens qui ont suivi Hayakawa qui tombent dans les coffres de l'université exprès pour soutenir le travail d'Hayakawa, à la surprise (et probablement l'agacement) de l'université et l'amusement de l'équipe administrative.
Hayakawa lui-même semble considérer que l'incident est une vraie grande opportunité enfin réalisée de toucher les habitants de Fukushima. Pour la première fois, un journal local a parlé de lui comme quelqu'un qui ''insulte nos agriculteurs''. Hayakawa, en apprenant le reportage du journal, a écrit sur son tweet : ''Hourra !!Enfin ! Je peux toucher les gens de Fukushima !''
D'après ce que j'ai lu, les gens de Fukushima, malgré l'ère d'Internet, se sont isolés de la réalité à cause des reportages très sélectifs des médias locaux (journaux, TV). Ce n'est que récemment, semble-t-il, que la réalité se fait jour parmi ceux qui sont en grande détresse.
Hayakawa disait aux fermiers de Fukushima en mars et avril, ''Ne cultivez pas de légumes, ne plantez pas de riz, parce qu'ils seront radioactifs. Regardez la carte de radioactivité que j'ai établie.'' Pendant l'été, il demandait à ce qu'on fauche les champs de riz et il appelait ''meurtriers'' les agriculteurs qui faisaient pousser du ''riz empoisonné'' dans des zones fortement contaminées de Fukushima, juste pour toucher des indemnités. Sur twitter et son blog, malheureusement. Mais jusqu'au 8 décembre, les médias, autant ceux de masse qu'alternatifs, l'ont complètement ignoré.
Pourquoi ? Probablement parce que c'est un ''marginal'' (outsider). C'est un géologue et volcanologue, et non un expert en radioactivité ou un scientifique nucléaire. Il est possible qu'il en connaisse plus, beaucoup plus sur la manière dont les particules extrêmement minuscules ont pu se comporter et se répandre que les physiciens en nucléaire qui ont paradé à la TV depuis le 11 mars, mais il n'y connaît rien en radioactivité ou en réacteur nucléaire, n'est-ce pas ? Et où est-il, à l'université de Gunma ? Une université nationale, d'accord, mais sans nom prestigieux comme Tokyo ou Kyoto. Ni même celui de Tohoku ou Nagasaki.
Il ne s'intègre pas, et c'est ce qui irrite beaucoup de gens au Japon. L'université de Gunma s'est vraiment irritée, en fait, qu'elle a interdit l'usage de l'électricité dans son bureau pendant la conférence de presse du 8 décembre. Elle s'est passée sans éclairage ni chauffage, à la lumière du jour. La caméra d'un journaliste est tombée en panne de batterie.

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Si vous voulez avoir un aperçu du professeur Hayakawa lors de la conférence de presse dans son bureau, Fukushima Diary présente une vidéo (le Pr est assis au bout de la table et celui qui est debout à sa gauche doit lui passer un savon) :

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Fukushima Diary publie aussi une vidéo montrant les légumes géants obtenus cette année à Kanto, qui sont bon marché, et qu'on recommande aux gens d'acheter et de manger.


1 commentaire:

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