mercredi 16 novembre 2011

Sur la piste du coupable, suite

Parmi toutes les hypothèses sur la présence d'iode radioactif en Europe, je me suis attachée à l'une d'elles concernant la centrale nucléaire slovène de Krsko, suite au lien donné en commentaire sur l'article d'hier.

Wikipédia nous dit :


La Centrale nucléaire de Krško, est la seule centrale nucléaire construite en Slovénie et elle est située dans la municipalité de Krško, à 120 km à l'est de la capitale slovène Ljubljana et à environ 20 km de la frontière avec la Croatie



Voici deux anciens articles concernant cette centrale :

L'un tiré du site du Figaro.fr daté du 28 mars 2011:

Croatie: centrale nucléaire "sûre"

La centrale nucléaire de Krsko, copropriété de la Croatie et de la Slovénie, qui avait subi le 11 mars un arrêt d'urgence sans provoquer de danger, est "sûre", a affirmé aujourd'hui le président croate Ivo Josipovic en visite à Vilnius.

"Il n'existe aucune exigence officielle de fermer cette centrale nucléaire car elle est particulièrement sûre", a déclaré le président croate lors d'une conférence de presse avec son homologue lituanienne Dalia Grybauskaite.

Après la catastrophe à la centrale nucléaire de Fukushima au Japon, les 27 pays de l'UE se sont mis d'accord le 25 mars pour procéder à des tests de sécurité sur l'ensemble des centrales nucléaires de l'Union. "Nous surveillons la situation en permanence et nos garanties pour notre sécurité et la sécurité de nos voisins sont très solides" a assuré le président Josipovic.

La centrale de Krsko, dotée d'un réacteur de 2.000 mégawatts, est située à 120 km à l'est de Ljubljana et à 30 km de Zagreb. Elle produit 20% de l'électricité consommée en Slovénie et 15% de celle utilisée en Croatie. Ella avait fait l'objet également d'une mise à l'arrêt d'urgence de cinq jours le 4 juin 2008 après la découverte d'une fuite de liquide de refroidissement.

Alors que les autorités slovènes projettent de construire un second réacteur à Krsko, les militants écologistes en Autriche réclament la fermeture de la centrale, située à une centaine de kilomètres de la frontière autrichienne. "La centrale va être surveillée et l'information sera accessible à tout le monde. La Croatie, tout comme la Slovénie voisine, s'est engagée à garantir la sécurité et à informer le public", a déclaré pour sa part Mme Grybauskaite.


L'autre est un communiqué de la CRIIRAD de juin 2008 :

Alerte radioactive à la centrale nucléaire de Krsko, en Slovénie

Le 6 juin 2008 


CRIIRAD - Communiqué du 5 juin 2008

La CRIIRAD a reçu de nombreux appels et mails concernant la fuite survenue sur le circuit primaire de la centrale nucléaire de Krsko, en Slovénie.

Nous tenons à rassurer nos adhérents : notre réseau de balises de surveillance de la radioactivité n’a détecté aucune contamination et les informations qui commencent à nous parvenir sont plutôt rassurantes. Nous restons cependant vigilants.

Nous avons relevé de nombreux dysfonctionnements dans l’information diffusée par les services officiels et la procédure d’alerte.

Le texte ci-dessous vous donnera les détails de notre analyse.

Plusieurs communiqués ont été publiés depuis hier, par les autorités slovènes, la Commission européenne et l’Autorité de sûreté nucléaire française (ASN) concernant la fuite survenue sur le circuit primaire de la centrale nucléaire de Krsko, en Slovénie.

L’analyse de leur contenu est consternante. Vingt-deux ans après la catastrophe de Tchernobyl, il reste encore beaucoup à faire en matière d’information.

Une fuite sur le circuit primaire peut être très grave car le cœur du réacteur doit être refroidi en permanence afin de maintenir la température à des niveaux compatibles avec la tenue des matériaux. Afin d’apprécier la gravité de ce qui s’est produit à Krsko, il est nécessaire de disposer d’un certain nombre d’informations. Aucune d’elle n’a été diffusée ni par les autorités slovènes, ni par la Commission européenne, ni par l’Autorité de sûreté nucléaire française. Le caractère totalement lacunaire et ininterprétable des informations disponibles n’a été mentionné par aucun responsable.

Aucune précision sur les circonstances de la détection de la fuite (suite à une alarme qui a bien fonctionné ou de façon fortuite parce que les opérateurs ont eu de la chance ?) ; aucune précision sur la quantité d’eau radioactive qui s’est échappée du circuit primaire – information pourtant essentielle – ni sur le délai entre le moment où la fuite s’est produite et celui où elle a été découverte (2,4 m3/h pendant 2 heures ce n’est pas beaucoup, pendant une semaine c’est très différent) ; aucune précision ni sur la nature, ni sur l’activité des radionucléides présents (ou plutôt des affirmations erronées sur l’absence de contamination de l’eau du circuit primaire : le réacteur de Krsko serait ainsi le seul réacteur au monde à avoir empêché tout phénomène d’activation, de corrosions, de microfissure au niveau des gaines des combustibles…). Le circuit primaire étant réputé non contaminé, aucune information n’a été évidemment donnée sur les caractéristiques radiologiques de l’eau, ni sur les rejets radioactifs liquides ou gazeux (phénomènes de dégazage). Précisons que l’eau du circuit primaire n’est pas confinée dans la cuve du réacteur comme certains articles l’ont indiqué et que le bâtiment réacteur n’est pas non plus un espace confiné puisqu’il est équipé de systèmes de renouvellement d’air et de cheminées de rejets).

Le protocole d’information ou d’alerte devrait imposer la transmission d’informations interprétables. Evidemment, des diagnostics approfondis prennent du temps mais il y a un minimum en deçà duquel on n’est plus dans le domaine de l’information. 24 heures après l’alerte on n’a toujours aucune information sur les caractéristiques radiologiques de l’eau qui s’est échappée du circuit primaire. Des informations plus précises commencent à circuler mais en dehors des systèmes officiels sans que l’on puisse en vérifier la validité. L’absence d’information fiables est susceptible de conduire à des alertes injustifiées ou, plus grave, à l’absence d’alerte alors que la situation le justifie.

En 1986, en France, les services officiels (SCPRI) affirmaient qu’aucune élévation significative de la radioactivité de l’air ne s’était produite et diffusaient des chiffres sous-évaluant d’un facteur 100 à 1000 la réalité des dépôts radioactifs sur le sol… et la chaîne alimentaire. Sur la base de ces informations erronées, le ministère de l’Agriculture concluait que le territoire français avait été totalement épargné par les retombées radioactives.

Aujourd’hui, on est encore confronté à la dissimulation des informations nécessaires à l’évaluation de l’incident et à la diffusion d’informations erronées : des représentants des autorités slovènes affirment par exemple que l’eau du circuit primaire est totalement dépourvue de contamination.
A cela s’ajoutent les dysfonctionnements dans le système d’alerte (signalement d’un exercice au lieu d’un incident réel) ce qui aurait pu retarder la mise en œuvre des contrôles ou des mesures de protection de la population si elles avaient été nécessaires.

Il est totalement anormal que nous n'ayons aucune information réelle sur la cause de ce "nuage" d'iode radioactif. Attendons d'autres informations de la CRIIRAD, leur dernier bulletin n'était pas alarmant. La seule manière de se protéger si le risque augmente est de charger la thyroïde en iode avec de la teinture d'iode ou des comprimés ( si quelqu'un en possède). 
Voir ce lien du BBB :
http://bistrobarblog.blogspot.com/2011/03/posologies-pour-liode.html


Le Blog de Fukushima fait des mises à jour régulières, voici celle d'aujourd'hui :


Article d'origine :
 
  
Mise à jour du 16/11/11
 
Dans un article du Point, Bruno Chareyron de la Criirad est interviewé. Il partage notre analyse : « Ce qui est grave et choquant dans cette affaire, c'est de voir que, plusieurs jours, vraisemblablement même plusieurs semaines, après le début de cette contamination, on ne sait toujours pas d'où vient la pollution. Il est vraiment très inquiétant que, y compris après la catastrophe de Fukushima, les instances internationales et l'AIEA ne soient pas en mesure de faire un tel diagnostic. »
Et plus loin : « Pour l'instant, les niveaux de contamination détectés en France ne nécessitent absolument pas de mesures de protection particulières, mais il faut suivre la situation avec vigilance. Tout dépend du temps que cela va durer et de comment les choses vont évoluer. Car, actuellement, on ignore si, à la source de cette contamination, la situation est en train de s'améliorer ou de s'aggraver... Tant qu'on ne sait pas exactement ce qui s'est passé et d'où ça vient, on ne peut faire aucune projection sur les conséquences du phénomène. Il va falloir que les autorités de radioprotection dans tous les pays potentiellement concernés multiplient les analyses, rapidement et avec des appareillages de haut niveau, pour pouvoir faire une cartographie de cette pollution et de son évolution dans le temps. »
 
Le site http://www.simplyinfo.org/ fait des mises à jour régulières sur la situation en Europe à ce sujet (langue anglaise).


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