mercredi 30 novembre 2011

Le piège de Prométhée (partie 2), suite


Le piège de Prométhée, partie 2
Démission d'un chercheur (3/4)

Dans l'épisode 13, nous apprendrons comment la NISA était sur le point de fournir la carte d'évacuation ''correcte'' qui n'était pas en cercles concentriques.
Démission d'un chercheur (13) 167 cartes de simulation qui n'ont jamais été envoyées

Comment furent réparties les données de simulation de SPEEDI ? (reportage de Kentaro Uechi)

19h03 le 11 mars, quatre heures environ après le séisme/tsunami. Le gouvernement national a déclaré l'urgence nucléaire. Le quartier général de réponse aux urgences nucléaires a été installé dans la résidence officielle du premier ministre.
La NISA gérée par le ministère de l'économie, du commerce et de l'industrie a agi au nom du quartier général. Mais en même temps, elle a installé le centre des réponses d'urgence au 3ème étage du bâtiment annexe du ministère. Des personnes d'autres ministères furent également appelées.
Une simulation de SPEEDI est normalement faite toutes les heures par le centre technologique de sécurité nucléaire géré par la direction du ministère de l'éducation et de la science. La carte de simulation est envoyée à la NISA. Mais la NISA voulait faire sa propre simulation et a invité un technicien du centre technologique de sécurité nucléaire à son centre des réponses d'urgence.
Le résultat de la première simulation SPEEDI sortit à 21h12. La simulation concernait la manière dont les matériaux radioactifs se disperseraient si une ventilation était faite à 3h00 le 12 mars sur le réacteur 2 de la centrale de Fukushima. Le résultat montrait que les matériaux radioactifs se disperseraient vers le sud-ouest au-dessus de l'océan Pacifique.
Le deuxième résultat de simulation fait par la NISA sortit à 1h12 le 12 mars. Cette fois la supposition était une ventilation du réacteur 1 à 3h00. À nouveau, les matériaux radioactifs se disperseraient au-dessus de l'océan. Le 16 mars, la NISA créera ses 173 cartes personnelles par 45 simulations.
Ce qui était particulier aux simulations de la NISA était qu'elles estimaient la quantité de matériaux radioactifs qui seraient libérée, en utilisant des données diverses. Contrairement aux simulations faites par le ministère de l'éducation qui utilisait l'émission par unité (1 becquerel par heure), la précision des simulations de la NISA était bien supérieure.
Il y avait une salle de travail dans le sous-sol de la résidence officielle du premier ministre où séjournaient les groupes de travail formés de divers ministères. La NISA y avait plusieurs responsables. La pièce était équipée d'un terminal dédié pour recevoir les cartes de simulation de la NISA.
Les membres principaux du quartier général des urgences incluant le premier ministre Naoto Kan résidaient au 5ème étage de la résidence du PM. C'étaient les membres principaux qui décidaient de la zone d'évacuation et cette décision devait se baser sur l'information de SPEEDI. Ce qui signifie que les cartes de simulation auraient dû être reçues au terminal [au sous-sol] et ensuite apportées au 5ème étage. Mais...
Seules la 1ère et la 2ème carte de simulation furent envoyées au terminal dédié de la salle de travail. De toutes les simulations de SPEEDI que fit de son propre chef la NISA, 167 cartes venant de 43 simulations restèrent au centre de réponses d'urgence [de la NISA].

Pire, seule les cartes de la deuxième simulation furent imprimées et amenées à un responsable du bureau du premier ministre. Il y avait 3 pages de cartes pour la deuxième simulation, mais la NISA ne sait pas combien de pages furent amenées au responsable, ou ce qu'il en est advenue ensuite. Comment cela se fait-il ?

-----------------------------------------
Restez à l'écoute pour la dernière partie de cette consternante saga de bureaucrates et de politiciens, qui ne sont que des bureaucrates et des politiciens (c'est à dire qui ont fait de leur mieux) face à ce grave accident nucléaire.

3 commentaires:

  1. Un petit coup de big brother supplémentaire
    http://www.lemonde.fr/technologies/article/2011/11/30/un-logiciel-espion-installe-sur-plusieurs-millions-de-telephones-americains_1611073_651865.html

    Cassandre

    RépondreSupprimer
  2. "Comment furent réparties les données de simulation de SPEEDI ? (reportage de Kentaro Uechi)19h03 le 11 mars, quatre heures environ après le séisme/tsunami"

    Donc "ils" étaient au courant dès les premières heures après le séisme.

    RépondreSupprimer
  3. @ Anonyme de 16h43 :
    Ils ont déclaré par principe l'urgence nucléaire, mais la première explosion n'a eu lieu que le 12 mars.
    Mais ils savaient peut-être qu'elle allait avoir lieu.

    RépondreSupprimer

JE RAPPELLE QU'IL Y A UNE MODÉRATION DES COMMENTAIRES. TOUS CEUX À VISÉE PUBLICITAIRE PARTENT DIRECTEMENT À LA POUBELLE !