lundi 17 octobre 2011

Le piège de Prométhée (partie 1, épisode 6)


Partie 1, des hommes en tenue de protection (6) ''Cela aurait pu être nous''


(Même si la série a été écrite par un journaliste dans un journal important, peu de japonais sont au courant, car après le lancement du début, elle a été reléguée en 3ème page de la version imprimée.)

Des hommes en tenue de protection (6) Il y avait des essaims de mouches


Misako Yatsuda (62 ans) est née et a grandi à Namie-machi. Quand elle était au collège, TEPCO a commencé la construction de la centrale nucléaire de Fukushima I (1960)

À la fin de ses études, elle est partie travailler à Tokyo, mais revint à Namie-machi au bout d'un an et demi. Depuis cette époque, sa vie tourne autour de TEPCO.

Elle s'est mariée, a ouvert un restaurant tout en élevant 3 enfants. Les clients, c'étaient les ouvriers de la centrale.

Puis elle a travaillé au foyer des employés de TEPCO.

Elle y a travaillé pendant 10 ans jusqu'à l'été 2010. Elle leur faisait la cuisine et était adorée des jeunes ouvriers de TEPCO. Au foyer des femmes il y avait des femmes qui jouaient au football et qui ont gagné la coupe mondiale de football féminin. ''Il n'y avait que des gens sympas, très chers à mon coeur.''
Quand ses enfants sont devenus grands, elle est devenue employée sur place au foyer des responsables de TEPCO.
Elle se souvient encore de la manière sévère dont TEPCO faisait les élections.
À chaque élection à la mairie ou à l'assemblée préfectorale, le restaurant du foyer se transformait en lieu de représentation pour les responsables de TEPCO. Quand le candidat soutenu par TEPCO gagnait, les responsables se précipitaient vers le candidat et le félicitaient. Elle était impressionnée. ''Une société de production d'énergie électrique qui a une si grande connection avec les politiques !''

Plus de la moitié de sa vie, elle l'a passée chez TEPCO. Il n'y eut néammoins aucune information de la part de TEPCO sur l'accident nucléaire.

L'information est encore bien plus rare à Kasugai dans la préfecture d'Aichi où elle a évacué. Elle reçoit le journal de Fukushima par mail, et en lit toutes les pages.
Comment va-t-elle gagner sa vie ? Et les indemnités ? Elle est remplie d'anxiété.
Elle est retournée temporairement chez elle en juin à Namie-machi. Le réfrigérateur s'est renversé avec le séisme. Il y avait des essaims de mouches sur des restes de nourriture pourrie.
Fin août, elle est retournée à nouveau à Fukushima pour récupérer sa voiture. Son mari conduisait et il leur a fallu 8 heures par l'autoroute depuis Kasugai. Elle a enfilé une tenue de protection dans une salle de sports à Hirono-machi et a pris un car fourni par le gouvernement.
A l'arrêt du car, deux chiens avec des colliers sont venus vers elle. Elle a vu deux chats morts au bord de la route.
''Cela aurait pu être nous.''
Depuis l'accident, la famille de sa fille aînée vit à Koriyama. La famille de sa fille cadette vit dans la préfecture de Niigata. Sa famille a été dispersée.
En septembre, elle a fait une demande pour un logement temporaire dans la préfecture de Fukushima.
''J'ai vécu à Fukushima pendant des dizaines d'années. Je veux y retourner.'' a-t-elle crié. (par Motoyuki Maeda)

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