lundi 17 octobre 2011

La Peste noire, à l'origine de toutes les épidémies modernes de peste

L'analyse génétique de la bactérie responsable de la Peste noire suggère que cet agent qui a ravagé l'Europe au XIVe siècle est l'ancêtre de toutes les formes actuelles de la maladie, a annoncé une équipe internationale de chercheurs.

En septembre dernier, des scientifiques ont annoncé qu'ils étaient parvenus à confirmer une hypothèse de plusieurs centaines années : à savoir l'identité de la bactérie qui a causé l'épidémie meurtrière de peste bubonique qui a ravagé l'Europe entre 1348 et 1352 et décimé près de 30% de la population. En étudiant les os provenant de victimes enterrées au cimetière londonien de East Smithfield, ils ont établi qu'il s'agissait bien de la bactérie Yersinia pestis, agent de la peste identifié en 1894.

Mais aujourd'hui, c'est une nouvelle découverte qui est révélée dans la revue Nature. La souche de la bactérie identifiée dans les os serait en fait l'ancêtre de l'agent responsable des épidémies modernes. Pour arriver à une telle conclusion, le professeur Johannes Krause de l'Université de Tuebingen en Allemagne et ses collègues, ont reconstruit le génome de la souche médiévale à partir de dents de victimes de la peste bubonique. Puis ils l'ont comparé avec celui de quelques uns de ses congénères contemporains dont le code génétique a été décodé en 2001.
"Les données montrent que cette souche médiévale du bacille est l'ancêtre de toutes les flambées de peste qui sévissent aujourd'hui", précise le professeur Johannes Kraus. L'étude a même montré qu'en six siècles, il n'y a pas eu de changements génétiques majeurs chez cette bactérie.

D'autres facteurs à considérer

Ainsi, d'après les chercheurs, la similitude entre l'ancien germe et ses formes modernes suggère que la virulence particulière de la Peste noire ne serait pas uniquement liée à la bactérie elle-même. D'autres facteurs devraient donc être considérés dans les discussions sur la susceptibilité des populations, comme l'environnement, les conditions sociales telles que la misère, la malnutrition, l'absence d'hygiène, la dynamique des vecteurs (rats/puces), la présence d'autres maladies concurrentes ou encore la vulnérabilité des hôtes, rapporte l'AFP.

Ce serait donc notamment parce que la population européenne n'avait jamais été exposée à ce pathogène émergent que l'épidémie de Peste noire aurait été si dévastatrice. Un exemple semblable à celui de l'épidémie de variole qui a décimé des Indiens d'Amérique totalement dépourvus d'immunité contre la maladie.

Par ailleurs, dans leur étude, les chercheurs évoquent également la pandémie de "peste de Justinien" qui a sévi au VIe siècle dans l'Empire romain et dont on estime qu'elle a fait cent millions de morts dans le monde. Si celle-ci reste un mystère, les auteurs émettent l'hypothèse d'une variété différente de la bactérie actuelle voire d'une autre maladie.

SOURCE
http://www.maxisciences.com/peste-noire/la-peste-noire-a-l-039-origine-de-toutes-les-epidemies-modernes-de-peste_art17727.html

Identification de la bactérie présente lors de la peste noire de 1348

Des analyses génétiques ont permis de mettre en évidence la présence de la bactérie Yersinia pestis dans les ossements de victimes de l'épidémie de peste noire de 1348. Une variante très virulente qui a tué 30% de la population européenne au Moyen-Age.

C'est un mystère vieux de plusieurs centaines d'années qu'une équipe internationale de chercheurs a réussi à élucider. Au Moyen-Age de 1347 à 1352, l'Europe a été frappée par une épidémie meurtrière de peste bubonique ou peste noire, qui a décimé près de 30% de la population. Or, si l'on sait que la peste affecte aussi bien les hommes que les animaux et qu'elle est principalement véhiculée par les rats qui la transmettent à l'homme, les scientifiques ignoraient jusqu'ici l'agent responsable de cette grave épidémie. Du moins, ils n'avaient aucune certitude, mais ils soupçonnaient déjà une bactérie appelée Yersinia pestis.

Aujourd'hui, l'étude publiée dans les Annales de l'Académie nationale américaine des sciences (PNAS) confirme ainsi la responsabilité du micro-organisme. En effet, celui-ci a été identifié sur des os provenant du cimetière londonien de East Smithfield où ont été enterrées des victimes de la peste noire. En vérité, des chercheurs avaient déjà effectué des analyses génétiques sur des ossements mais celles-ci n'avait pas été retenues car les restes étaient soupçonnés d'avoir été contaminés par de l'ADN moderne ou des bactéries vivant dans le sol. Cette fois-ci, les scientifiques ont donc recommencé l'expérience en adoptant une approche différente.
Ils ont en fait reconstitué une partie de la composition génétique de la bactérie qui compte un seul chromosome contenant la plupart de ses gènes ainsi que trois petits cercles d'ADN appelé "plasmide". Il s'agit d'une molécule d'ADN surnuméraire distincte de l'ADN chromosomique et capable de se répliquer de manière autonome et qui n'est pas essentielle à la survie de la cellule, rapporte l'AFP. Les chercheurs allemands et canadiens ont alors séquencé l'ADN de ce plasmide issu des os qui s'est révélé être identique à ceux des bactéries Yersinia pestis actuelles.

Une variante disparue ? 

"Ceci indique qu'au moins cette partie de l'information génétique du microbe a peu changé au cours des 600 dernières années", commente Johannes Krause de l'Université Tuebingen en Allemagne et un des principaux co-auteurs de cette étude. Toutefois, les chercheurs précisent que "la peste noire en Europe au Moyen Age a probablement été provoquée par une variante de Yersinia pestis qui pourrait ne plus exister".
En effet en 1904, bien avant l'apparition des antibiotiques, la bactérie a causé une grave épidémie en Inde, qui n'a cependant tué que 3% des personnes infectées. La variante de Yersinia pestis qui subsiste aujourd'hui semble donc être bien moins virulente que celle du Moyen-Age, concluent les chercheurs.


SOURCE
http://www.maxisciences.com/peste-noire/identification-de-la-bacterie-presente-lors-de-la-peste-noire-de-1348_art16645.html

4 commentaires:

  1. Le facteur environnemental de toute épidémie est à considérer très sérieusement. Pourquoi de nombreux médecins n'étaient-ils pas contaminés au cours des épidémies, alors qu'ils étaient en contact rapproché avec les malades ?

    J'en reviens toujours à ce qu'explique le Dr Hamer, les gens touchés vivent le même stress, un stress collectif (par exemple "l'épidémie" de tuberculose après les deux guerres modernes, qui a conduit à l'ouverture de tant de sanatoriums, provenait de la réparation d'une peur de mourir, somatisée par des problèmes respiratoires, comme on dit "rendre le dernier soupir", aggravée par des facteurs d'hygiène et d'alimentation défectueuses.

    Alors il faudrait rechercher le type de stress que vivaient les populations pendant la peste noire, guerres, famines, etc...

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  2. c'est à cette époque qu'il y a eu une grande crise financière provoquée par les Vénitiens...

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  3. En plus de l’épidémie de la peste y a une crise?

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