jeudi 27 octobre 2011

Japon, 27 octobre

EX-SKF

Nouvelle expérience de ''décontamination'' à Iitate-mura : brûler les sols radioactifs

Le gouvernement japonais vient de démarrer une nouvelle expérience dans la ville fortement contaminée d'Iitate-mura de la préfecture de Fukushima où les sols dépassent 50.000 becquerels/kg en césium, avec une foule d'autres nucléides comme le strontium et le neptunium qui s'est décomposé depuis en plutonium.

Quelle est cette expérience ? Brûler les sols radioactifs pour réduire le volume à évacuer.
Qu'est ce que cette obsession des japonais pour la ''décontamination'' et ''l'incinération'' ? Pensent-ils qu'ils vont pouvoir ''purifier'' les retombées radioactives en les brûlant ? (indication : c'est une question rhétorique. La réponse est oui, bien sûr.)
Les chercheurs en nucléaire de l'agence de l'énergie atomique du gouvernement semblent penser que brûler le sol va le faire revivre.
Cela va le tuer.
Prenons le chiffre le plus bas, 5000 becquerels/kg de césium radioactif dans le sol agricole de Fukushima. Une tonne, c'est 1000 kg.
Donc :

1 tonne contient : 5 millions de becquerels de césium radioactif
3 millions de tonne contiennent : 1,5 x 10^13, ou 15 terabecquerels, ou 15.000.000.000.000 de becquerels.
Si le fait que le gouvernement national a fait beaucoup de publicité sur ses expériences passées (comme de planter des tournesols pour absorber les matériaux radioactifs de la terre) à Iitate-mura est une quelconque indication, celle-ci peut également échouer.
Par ailleurs, en encourageant fortement les agriculteurs à l'extérieur de la zone d'évacuation interdite et de la zone d'évacuation planifiée (comme Iitate-mura) de Fukushima à cultiver des céréales comme d'habitude, le sol est probablement devenu épais, avec un mélange de matériaux radioactifs et de sol propre de la profondeur. Donc, enlever les 5 centimètres du dessus n'est rien d'autre qu'une opération psychologique pour que les gens se sentent bien après une ''décontamination''.
Il y a des endroits et des points à forte radioactivité en dehors de la préfecture de Fukushima, mais celles-ci ne sont pas le problème du gouvernement national, quoiqu'il ait dit pouvoir considérer une décontamination au niveau national pour des zones avec une exposition (uniquement externe) annuelle attendue supérieure à 1 millisievert.

Voilà ce qui passe pour de la ''décontamination'' à Fukushima (et ailleurs au Japon)

La ville de Date dans la préfecture de Fukushima, à 60 km au nord-ouest de la centrale, avec des zones de forte radioactivité et des points chauds partout, a démarré la ''décontamination'' à grande échelle le 26 octobre, selon le journal, Fukushima Minyu du 27 octobre. Selon l'article,

Pour le travail actuel de décontamination, les entreprises de nettoyage embauchées par la ville ont enlevé la boue des gouttières d'une maison et lavé le pignon à la machine à pression.
C'est ce qu'on appelle ''décontamination'' au Japon, à la place de nettoyage de cour.
J'ai donc cherché une vidéo sur la ''décontamination'' à Date. Je n'ai pas trouvé les tout derniers efforts, mais j'ai trouvé ceux de cet été, quand la ville a effectué la décontamination avec l'aide de bénévoles et des conseils du Dr Shunichi Tanaka, ancien commissionnaire à la commission de l'énergie atomique japonaise et conseiller actuel en décontamination pour Date.
Bien présentée (par le ministre de l'environnement Goshi Hosono) la nouvelle technique de décontamination japonaise équivaut à un grattage manuel du sol par des bénévoles avec à peine de protection.
D'abord une vidéo d'un effort de décontamination fait par une coopérative en juillet dans le district même de Date :


La page de la coop dit ''Nous cherchons d'autres bénévoles pour la décontamination''.

Et aussi en juillet, dans un district différent de Date :


c'est à Date qu'un chercheur prétend avoir trouvé une grande quantité de neptunium-239 originaire de la centrale. Près de la ville de Fukushima, les chercheurs de Greenpeace ont trouvé du cobalt-60 dans le sol d'un parc.
Ils ne semblent pas trop inquiets dans les vidéos.

(Oh, j'ai oublié. Le professeur d'Oxford a dit qu'un maximum de 100 millisieverts de radioactivité par mois est sans danger...)

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