mardi 16 août 2011

La malbouffe aux USA

Ma nièce Julie est allée aux États-Unis au mois de juillet avec sa fille de 4 ans. 
Julie est naturopathe et a suivi à Rennes un cursus de diététique étalé sur plusieurs mois. Elle réside habituellement dans les Alpes.
Son père est péruvien et elle a rendu visite à sa famille péruvienne, installée depuis plusieurs années aux USA.
 
Elle nous livre le triste constat du mode de vie américain et surtout de la nourriture. 
Voici son témoignage, repiqué sur son blog :

L'aventure Nord américaine : le syndrôme de la mal-bouffe 

Quoi de mieux que d'être au cœur du cyclone pour voir ce qu'il s'y passe. Je profite d'un séjour dans ma famille péruvienne, pour vivre l'expérience de la vie à l'américaine..en ville.
 
Ma première surprise, qui ne devrait pas en être une en fait, a été la taille des contenants alimentaires ; comme si tout devait être à la taille du pays ou des ambitions américaines ! Et puis la qualité des produits proposés m'incite à penser que tout est fait pour que la population soit malade. En effet tout est à revoir, tout et cela dans tous les milieux. Pour trouver des aliments de qualité comme par exemple des fruits mûrs, il faut soit vraiment mettre la main au porte-monnaie ou attendre trop longtemps à mon goût pour les voir mûrir et je ne parle pas de la qualité des légumes sans saveur que j'ai eu la "chance" de goûter. Dans les grandes surfaces, les rayons bios sont pitoyables de non-choix ou de produits déjà tout faits, un copier-coller des autres rayons et surtout peu d’imagination.
J’imagine bien que des magasins bios existent, je sais aussi que des pays comme les Etats-Unis ou le Canada sont capables du pire comme du meilleur ;  mais pour ma part et pour cet article je tiens à vous partager l’expérience de  « l’américain de base » (désolée pour ma famille).
 
Ma plus grande frayeur est de voir le système de conditionnement dans lequel la population est poussée à consommer. Pour résister, il faut imaginer la bataille du pot de terre contre le pot de fer. Ce conditionnement  est médiatisé par les publicités télévisées, par aussi ce qui me choque le plus : via des publicités sur les immeubles, dans les rues des grandes villes, des panneaux publicitaires le long des routes et autoroutes, des enseignes toutes plus flashes les unes que les autres dans les zones commerciales qui s’étendent à perte de vue… la pollution visuelle est partout et elle est étouffante. Comment des jeunes qui grandissent entourés de tout cela peuvent faire les bons choix alimentaires ? Et je ne parle pas des cantines, où les menus préparés par des cuisines centrales comme la Sodexo, proposent des pizzas, des poissons panés frites, des sodas et autres cochonneries de la « junkfood »… La cantine qui devrait au contraire être un modèle d’équilibre alimentaire, un lieu d’éducation et non de destruction.
J’ai vu un  pays où l’économie va plutôt mal (je ne parle pas ici du Canada) et où les parents font ce qu’ils peuvent pour trouver du travail même le plus ingrat, sans compter leurs horaires de travail qu’ils doivent faire… Des enfants livrés à eux-mêmes mais aussi des parents qui n’ont pas envie de cuisiner en rentrant (même quand ils savent cuisiner), et surtout des prix imbattables que propose la mauvaise alimentation et qui incite la population à faire des choix en vue d’un porte-monnaie en baisse. Il n’y a pas d’excuse car quand on veut, on peut, mais la tâche est rude et les mœurs ne se changent pas en un jour surtout quand on voit cette mauvaise graisse et ces mauvais sucres ancrés dans le corps des gens. La mal-bouffe est une drogue aussi dangereuse que toutes les autres. Pour se désintoxiquer, il faut une volonté de fer. Mon jeune cousin de 13 ans réclame des sodas car le sucre qu'ils contiennent lui manquent atrocement. Pour en demander il dit "j'ai besoin d'un soda"... la poitrine tombante à 13 ans c'est pas joli joli...
 
Je me suis faite une amie qui a perdu à force de volonté et de convictions plus de 70 kilos en 2 ans. Elle était obèse depuis son enfance, aujourd'hui elle en a 45. Cela fait déjà 7 ans qu'elle se bat et elle fait attention tous les jours à ce qu'elle mange pour ne pas regrossir. Cela lui coûte beaucoup d'argent de bien s'alimenter. Elle est aussi devenue une acharnée du sport en salle (très usuel par là-bas), mais malgré tout, elle espère être un jour opérée pour que toute la peau en trop qu'elle a de son surpoids d'antan ne lui fasse plus défaut...
 
Je reviens sur le fait que je n’ai pas trouvé de fruits mûrs…je devais soit manger mes pêches comme des pommes (le goût en moins) soit attendre une grosse semaine pour les avoirs mûrs ou pourries en fonction des possibles impacts reçus lors de leur acheminement. J’ai mangé leur espèce de salade cartonnée qu’ils semblent apprécier. Pour vous faire une idée, c’est la salade type Macdo. Eh bien là-bas c’est tout à fait normal et habituel… Sauf pour moi. En rentrant en France j’ai dévoré des salades entières provenant du potager, j’ai pris un plaisir divin à la limite de m’en rendre malade !
 
Malgré tout, j’ai été surprise de ne pas croiser tant de personne en surpoids que je ne l’aurais imaginé par rapport à la France…ou alors les français sont très proches de la réalité américaine aussi. Nous fonçons droit dans le mur alors !
 
Bon, je ne suis pas très positive mais je suis réaliste sur la problématique alimentaire courante pour Monsieur et Madame tout le monde. Je l'ai vu et vécu dans ma famille de latinos. Leur difficulté supplémentaire est malheureusement leur origine car comme les noirs américains, les mentalités liées à leur alimentation (et ce malgré leur culture culinaire saine) sont définies par leur croyance "je suis gros = j'ai de l'argent = j'ai réussi dans la vie". Le paraître est très important pour eux et le rêve américain de l'abondance fait miroiter leur réussite grâce à cette prise de poids évidente tout autant que la facilité avec laquelle ils obtiennent facilement tous leur désirs matériels. Mon oncle a par exemple 5 voitures dont un énorme 4X4 type 4X4 SW, ils rentrent tous dedans malgré 2 de ses 3 enfants qui sont en véritable surpoids. Son problème est de ne pas avoir l'argent pour faire les pleins d'essence. C'était le même constat lors de mon voyage au Pérou, les personnes à faibles moyens préfèrent être habillées à la mode plutôt que de manger à leur faim. Aux Etats-Unis c'est possible, tu manges plus qu'à ta faim, c'est pas cher surtout quand tu prends de la mauvaise qualité...mais c'est pas grave "tu as réussi"...
 
Mon grand bonheur et surtout ma fierté et d’avoir vue ma fille refuser les plats proposés par ma famille (sauf le fameux ceviche de mon oncle), elle leur a préféré une soupe, une purée maison (merci maman) ou  encore une assiette de légumes aussi cuisinée par maman. Le plus impressionnant et de l’avoir vu refuser les glaces. « C’est pas bon » « C’est trop sucré » « Ca n’a pas de goût »… Mission accomplie, ma fille aime les bonnes choses et surtout les aliments qui ont du goût ! Le fromage américain, jamais de la vie, elle le crachait…le « fromage français qui pue et qui a du goût » oui !!! Cela me rassure d’avoir écrit un livre sur l’alimentation des enfants, sur l’initiation au goût, de cuisiner tous les jours avec des aliments frais, biologiques autant que faire se peut et en y mettant tout mon amour… J’en récolte aujourd’hui les fruits en regardant ma fille faire des choix qu’elle estime les meilleurs pour son estomac et surtout ses papilles !
 
Affaire à suivre avec le petit garçon que j’attends pour décembre et avec qui  je pourrais tester de nouveau ma méthode !


L'affiche en haut provient du film tourné en 2004 "Super size me

11 commentaires:

  1. J'ai vu super size me : il a eu du courage, le gars! Et, aujourd'hui, qd je vois le contenu des caddies dans les magasins, je me dis qu'on n'en est pas très loin.... Les gens consomment très peu de légumes, et de fruits de qualité....
    Fatigant, de cuisiner, de nettoyer, de préparer....
    Et puis, les gosses habitués aux sodas hypersucrés ne sauraient apprécier les "vraies" bonne choses! Leurs papilles sont anesthésiées...
    Il y a si peu de gens qui mangent encore sainement, en occident!

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  2. Je recommande vivement de voir et revoir cet excellent film qui démontre bien un aspect fondamental de la condition humaine: "nous sommes ce que nous mangeons". Ce qui est le plus impressionnant, ce n'est pas la transformation physique du journaliste, mais sa transformation mentale et affective: bien sûr les trois sont à la fois liés et distincts.
    Superbe démonstration de la place de l'alimentation dans le fondement de la personne.
    Ce film supersize me!!!!!!!
    Il révèle les mécanismes insidieux de la dépendance, de la perte de soi et réveille nos consciences. Bonne leçon de vie et satire de notre style de vie actuel, plus penché sur l'avoir que l'être, et qui souffre tellement du manque à être.
    Sans tomber dans le culte matérialiste. Bien sûr, Ferlin, que tu peux boire un coca: si tu restes entier et intègre avec toi-même, tu sera intouchable! Le corps matériel n'est qu'un prétexte, un support, un tremplin, à l'esprit et à l'âme qui le transcendent. Mais évite les patates!!!
    Enfin, elles donnent la frite aussi... c'est à voir. Y'a pas de recette miracle hein. Faut surtout rester vigilant.

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  3. je suis allée aux EU avant que Bush fils soit au pouvoir, il y a une dizaine d'années donc et j'y ai vu un nombre incalculable de personnes obèses dans les rues comme on n'en voit jamais en Europe. Au petit dej'des clients prenaient des hamburgers, des crepes et des gobelets de coca d'1 ltr! Je me souviens que quand je commandais une salade, on me proposait au moins 10 différentes vinaigrettes et comme je n'y connaissais rien je commandais toujours la Cesar. Les steaks sont énormes et succulents sauf qu'une fois je me suis affaissée sur la banquette, j'avais fait un malaise et le personnel s'est précipité pour m'aider. Je ne savais pas à cette époque que la viande est pleine d'hormones ou pire encore du staphylocoque doré ni que le maïs était aux OGM. Le seul point "positif" est que la nourriture de mauvaise qualité est tellement bon marché que l'on ne peut pas mourir de faim meme avec 2 dollars par jour.

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  4. Bonjour,

    Il manque une dimension à ce compte-rendu :

    - Faire baigner - parce que c'est le moyen le plus évident d'enrichir le "libre entrepreneur"- l'américain moyen dans un cadre conduisant normalement à la mauvaise santé.

    - Simultanément, culpabiliser ce même américain moyen de sa mauvaise conduite alimentaire (spots, conseils injonctions, émissions médicalisantes) pour, en individualisant le problème, se dédouaner de sa responsabilité.

    La boucle est bouclée entièrement : Créer des conditions pour que les choses soient ainsi (impossibilité globale pour qu'elles soient autrement) et culpabilité de la victime, ce qui verrouille sa situation.

    Cette situation n'est jamais qu'une forme de l'archaïque schéma de dominance, par ex. : Abrutir de mauvais travail (manuel) la personne non éduquée et arguer de ce qu'elle est "primaire" pour justifier son statut.
    Violer et faire culpabiliser la victime, "impure"...

    Amicalement,

    Delphin

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  5. Un jeune garçon chez moi hier soir : il tourne en rond, "elle est où ta télé?" "J'ai pas de télé". Il passe à la cuisine, voit un paquet de dattes : "c'est quoi ?" Je lui en donne une, il en arrache un micron du bout des dents et me la rend : "J'aime pas".

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  6. Edifiant témoignage ! Ce n’est qu’une des caractéristiques de l’american way of life le matérialisme existentiel le plus catastrophique de l’histoire humaine. La planète y court, la planète en demande et même en redemande. Abrutissement généralisé par les média véhiculant l’inculture et les mensonges quotidiens, sexe confondu avec l’amour et considéré comme un simple exercice de barra fixe et ingestion permanente de nourritures et de médicaments jusqu’à l’empoisonnement final. Cette épouvantable actualité représente une régression bestialiste sans précédente qui touche et menace chacun de nous si nous n’y portons attention et vigilance. Il faut s’attendre à une nuit terrible mais brève car Babylone la grande sera vaincue.

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  7. Et 10 ans de fausses études sur le cancer !!!.........

    http://www.alterinfo.net/Dix-ans-de-recherche-inutile-et-de-fausses-etudes-sur-le-cancer-a-la-clinique-Mayo_a62491.html

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  8. Un rapport révèle que des poulets malades sont vendus à KFC


    Un fournisseur majeur de poulet dans le centre de la Chine a été soupçonné de vendre des volailles malades à des chaînes alimentaires populaires, y compris KFC, dans la dernière crise a frappé l'industrie avicole du pays.

    Selon un rapport publié mardi sur china.com.cn, plusieurs élevages de poulets appartenant au groupe Doyoo, un fournisseur majeur de volailles dans le centre de la Chine dans la province du Henan ont fourni des poulets malades au groupe, qui les revend notamment aux chaînes de restauration rapide KFC et McDonald.

    Des poulets morts ont été transformés en poudre d'os par la société, au lieu d'être désinfectés et enterrés, comme la loi l’impose.

    Toutefois, la commission de sécurité alimentaire de la ville de Hebi, où de nombreux élevages de poulets du groupe sont situés, a déclaré qu'une enquête initiale a montré que le groupe n'était pas impliqué dans le traitement des poulets malades ou morts, selon un avis publié sur le site du groupe mercredi.

    Le document rapporte que les poulets étaient élevés dans des enceintes étanches, qui étaient tenus 24 heures sur 24 à une température constante d'environ 36°, afin de maximiser leur croissance, ce qui a fait que les volatiles sont tombés malades et nombreux d’entre eux sont morts prématurément.

    Un éleveur de poulets à Hebi surnommé Yang a déclaré que récemment plus de 7 000 poulets de la ferme étaient malades, mais quand il a contacté Doyoo pour faire part de son inquiétude, il a reçu l’ordre d'envoyer les volatiles destinés à l'abattage, qui ont été vendus par la suite.

    La société a également demandé aux agriculteurs de les avertir si un grand nombre de poulets étaient malades ou retrouvés morts, afin qu’ils puissent être abattus sans passer par une inspection de quarantaine, a confié Yang.

    «De tels cas se produisent chaque année», a-t-il ajouté.

    Plusieurs fermes, qui fournissent des volailles à l'entreprise, n’auraient pas d'installations pour gérer correctement les poulets morts ou malades. Au lieu de cela, chacune des fermes a été équipé d'une chambre de congélation pour stocker les poulets morts avant qu'ils ne soient transformés en poudre d'os, précise le rapport, citant des fonctionnaires restés anonymes.

    C'est le dernier scandale impliquant des poulets en Chine.

    L’administration d’Etat pour le contrôle de l’alimentation et des drogues a annoncé mardi qu'elle encourageait le public à divulguer les problèmes liés à la sécurité alimentaire.

    Les dénonciateurs peuvent recevoir une récompense de 300 000 yuans (48 000 dollars) pour tout cas signalé, selon un communiqué.

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  9. Après un séjour de 6 mois aux USA j'en arrive au même constat. C'est assez hallucinant!
    Voici le lien du fameux reportage Super size me:
    http://http://funvideo.fr/supersize-me/

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  10. http://www.lepouvoirmondial.com/archive/2013/04/07/corinne-gouget-sur-le-genocide-alimentaire.html

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JE RAPPELLE QU'IL Y A UNE MODÉRATION DES COMMENTAIRES. TOUS CEUX À VISÉE PUBLICITAIRE PARTENT DIRECTEMENT À LA POUBELLE !