vendredi 29 juillet 2011
Politiciens du Japon, que faites-vous ?( 2/3)
La colère du Pr Kodama est maintenant directement dirigée vers la non-action du gouvernement pour protéger ses gens, spécialement les enfants et les jeunes mères, d'une exposition aux radiations internes. Sa spécialité est la médecine interne utilisant les radioisotopes, il dit donc qu'il a fait des recherches intensives sur les radiations internes :
J'ai eu la charge des médicaments anticorps au bureau du Cabinet quand M. Obuchi était premier ministre [1998]. Nous mettons des radioisotopes dans des médicaments anticorps pour traiter le cancer. En d'autres mots, mon boulot est d'injecter des radioisotopes dans le corps humain, mon inquiétude première concerne l'exposition aux radiations internes et c'est ce que j'ai étudié intensivement.
Le plus grand problème des radiations internes est le cancer. Comment le cancer arrive-t-il ? Parce que les radiations coupent les fils de l'ADN. Comme vous le savez, l'ADN est dans une double hélice. Quand il se trouve dans une double hélice, il est extrêmement stable. Quand une cellule se divise, la double hélice donne des fils simples, elle double et donne 4 fils. Ce passage est le plus vulnérable.
C'est pourquoi les foetus et les petits enfants, ayant des cellules qui se divisent rapidement, sont plus prédisposés aux dangers des radiations. Même chez les adultes, il y a des cellules qui se divisent rapidement comme celles des cheveux, les cellules sanguines et l'épithélium intestinal et elles peuvent être endommagées par les radiations.
Laissez-moi vous donner un exemple de ce que nous savons des radiations internes.
Une mutation génétique ne cause pas le cancer. Après l'irradiation initiale, il faut un déclenchement particulier pour qu'une cellule mute en une cellule cancéreuse, ce qu'on nomme ''mutation conductrice'' ou ''mutation de passage''. (pour les détails, référez-vous s'il vous plaît au document joint sur les cas de Tchernobyl et le césium)
La radiation alpha est la plus connue. J'ai sursauté en entendant un professeur de l'université de Tokyo dire qu'on pouvait boire du plutonium.
La radiation alpha est la plus dangereuse. Elle cause des dommages au foie par l'oxyde thorium, comme nous le savons parfaitement en tant que spécialistes du foie.
La radiation interne se réfère à tel et tel millisievert, mais c'est totalement dépourvu de signification. L'iode-131 va à la glande thyroïde, et l'oxyde de thorium va au foie, et le césium va sur l'épithélium urinaire et la vessie. Un scanner du corps est totalement inutile à moins de regarder ces parties du corps où s'accumulent les radiations.
L'oxyde de thorium est un médium de contraste utilisé en Allemagne depuis 1890. Il a été utilisé au Japon à partir de 1930, mais on a découvert que 25 à 30 % des gens développent un cancer du foie 20 à 30 ans plus tard.
Pourquoi faut-il autant de temps pour que le cancer se développe ? L'oxyde de thorium est un nucléide de radiation alpha. La radiation alpha touche les cellules proches et l'ADN le plus endommagé est P53. Nous savons maintenant, merci à la science du génome, la séquence complète de l'ADN humain. Il existe cependant 3 millions de possibilités d'ADN qui sont différentes d'un humain à l'autre. Cela ne veut donc rien dire du tout aujourd'hui de procéder comme si tous les humains étaient identiques. Le principe de base devrait être une ''médecine personnalisée'' en parlant de radiation interne – avec un ADN endommagé et quel type de changement se produit.
Dans le cas de l'oxyde de thorium, il est prouvé que P53 est endommagé dès le début, et il faut 20 à 30 ans pour qu'une seconde, puis une troisième mutation se produise, causant un cancer du foie et une leucémie.
A propos de l'iode-131. Comme vous le savez, l'iode s'accumule dans la glande thyroïde, et c'est le plus remarquable dans la phase de formation de cette glande, c'est à dire chez les petits enfants.
A l'époque où le premier chercheur d'Ukraine disait en 1991 ''Il y a un nombre croissant de cancers de la thyroïde'', des chercheurs japonais et américains publiaient des articles dans Nature magazine en disant ''Il n'y a pas de relation causale entre la radiation et le cancer de la thyroïde.'' Pourquoi disaient-ils cela ? Parce qu'il n'y avait pas de données avant 1986, il n'y avait aucune statistique significative.
La signification statistique a finalement été comprise 20 ans plus tard. Pourquoi ? Parce que le pic démarré en 1986 disparut. Donc même sans données d'avant 86, la survenance de cancer de la thyroïde et de l'exposition aux radiations venant de Tchernobyl avaient une relation de cause à effet. La preuve épidémiologique est très difficile. Il est impossible de prouver jusqu'à ce que tous les cas soient démontrés.
C'est pourquoi, en parlant d'une ''protection de nos enfants'', une approche complètement différente est requise.
Le Dr Shoji Fukushima de l'institution nationale appelée le Centre de Recherches Bioassay du Japon, qui recherche les effets sur la santé des composés chimiques, a étudié les maladies impliquant l'appareil urinaire depuis l'accident de Tchernobyl.
Le Dr Fukushima et des médecins ukrainiens ont étudié des parties de vessies enlevées pendant plus de 500 cas de chirurgie pour hypertrophie de la prostate. Ils ont découvert que dans une zone fortement irradiée avec 6 becquerels/litre dans l'urine, il y avait une grande fréquence d'une mutation de P53, bien que 6 Bq puissent sembler minuscule.
Ils ont aussi noté de nombreux cas de conditions de prolifération précancéreuse, que nous supposons dues à l'activation de la kinase p38 et au signal appelé ''NF-kappa B'', menant inévitablement à une cystite proliférante, avec des carcinomes locaux survenant avec une fréquence considérable.
Sachant cela, j'ai été stupéfait d'entendre le rapport disant qu'entre 2 et 13 becquerels/l [de césium radioactif] avaient été détectés dans le lait de 7 mères à Fukushima.
A suivre...
Quand des matériaux radioactifs ont été détectés dans le lait de femme, qu'a fait le gouvernement et qu'ont dit les chercheurs ? ''Pas besoin de vous inquiéter. Pas d'effet immédiat sur la santé des bébés.''
Le Pr Kodama dit que depuis le temps que nous avons la preuve qu'il y a une relation de cause à effet entre l'exposition aux radiations internes (même petite) et le cancer, il est peut-être trop tard.
L'oxyde de thorium est une suspension contenant des particules radioactives de dioxyde de thorium.
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