samedi 30 juillet 2011

Le cheval d'orgueil


La photo que j'ai mis en bannière du blog provient d'une collection éditée par les archives départementales des Côtes d'Armor, département de mon actuel domicile.

Elle m'a beaucoup interpellée et m'a remis en mémoire ''Le cheval d'orgueil''.

Ce livre de Per-Jakez Hélias,(Pierre-Jacques) paru en 1975,

est l'un des premiers que j'ai lu en débarquant sur la terre bretonne en 1979. En hommage à ce pays et aussi pour comprendre l'âme de ses habitants. En débarquant dans un petit bourg morbihannais au nom bien breton, il nous aura fallu environ six mois pour nous faire accepter, nous les parisiens de la grande ville. Le village vivait encore au pas des chevaux. Le fermier d'en face, M. Jan, avait toujours sa vieille jument de trait, Pompon (toutes ses juments s'appelaient ainsi) qu'il était allé chercher, comme toutes les autres, à pied à Belle-Isle en mer, à près de 20 km de sa ferme.

Per-Jakez Hélias raconte son enfance pauvre dans un village du pays bigouden (là où les femmes rivalisaient d'astuce pour avoir une coiffe plus haute que celle de la voisine), Pouldreuzic.
Le livre a été écrit en breton puis traduit en français. Claude Chabrol s'en est inspiré pour faire un film en 1980 (où je n'ai pas retrouvé l'ambiance du livre).

Voici un commentaire du livre et un extrait :
" Trop pauvre que je suis pour posséder un autre animal, du moins 'le Cheval d'Orgueil' aura-t-il toujours une stalle dans mon écurie ".
Ainsi parlait à l'auteur, son petit-fils, l'humble paysan Alain Le Goff qui n'avait d'autre terre que celle qu'il emportait malgré lui aux semelles de ses sabots de bois. " Quand on est pauvre, mon fils, il faut avoir de l'honneur. Les riches n'en ont pas besoin. " Et l'honneur consiste à tenir et à faire respecter son rang, si humble soit-il. L'auteur a grandi dans ce sentiment. Avant d'apprendre le français, il a été élevé en milieu bretonnant, dans une société qui vivait selon un code strictement établi. Il n'enseigne pas, il raconte minutieusement comment on vivait dans une "paroisse" bretonnante de l'extrême Ouest armoricain dans la première moitié de ce siècle. Il nous fait partager sa profonde conviction: ceux qui jugent les paysans comme des êtres grossiers sont eux-mêmes des esprits sommaires et naïfs. Il affirme que ce sont des siècles de mépris culturel qui ont fini par déclencher jacqueries et révoltes chez les paysans de notre pays. Et puis, un jour,"le Cheval d'Orgueil" a secoué furieusement sa crinière !
Le poupon au maillot

''Marie-Jeanne Le Goff commence à me lever à l'âge de trois mois. Le bonnet blanc à trois quartiers de mon baptême a été remplacé par un bonnet noir de même façon sur lequel on a cousu des cabochons et des perles de verre. On me revêt d'une robe violette plus longue que moi, mais il faut bien penser que je grandirai. Là-dessus, un tablier ivoire avec des poches, oui messieurs! Des collerettes, j'en ai bien une demi-douzaine, sorties du crochet de ma mère et prévues, elles aussi pour aller jusqu'à mes trois ans. Ces collerettes ne peuvent servir à baver à cause des dessins à jour qui laissent passer tout ce qu'on veut. Elles sont là simplement pour l'orgueil. L'ennui, c'est que ma mère, en dehors des dimanches, n'a pas beaucoup le temps de m'habiller. Et la cérémonie de l'habillage est si longue, avec toutes ces épingles, qu'à la fin de l'opération nous sommes fatigués tous les deux. Alors, elle me déshabille et me remet au lit avec mon maillot serré. Ce maillot, je l'ai gardé un an…''

2 commentaires:

  1. Merci pour ce rappel d'un livre que j'ai découvert aussi à la même époque qui m'avait été signalé par un ami breton.

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  2. Et je vous recommande également le film de Claude Chabrol que je me repasse de temps en temps.
    Breizh atao et vive le Gwenn ha Du.

    Et maintenant direction la montagne, ciel d'azur et pourvu que çà dure.

    Annecy 31 juillet 2011 0,10

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