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jeudi 9 juin 2011

Interview d'Arnie Gundersen (4ème et dernière partie)


Arnie Gundersen: Bon, il y a un grand panache de radioactivité qui a bougé vers le nord et l'ouest. A plus de 90 km. Je ne sais pas comment vous allez faire pour nettoyer économiquement. Un dépôt de césium plus élevé que dans les zones interdites de Tchernobyl, au-delà de 90 km vers le nord-ouest. Dieu merci, le vent souffle principalement vers la mer. Je pense que ça va se résumer à un Japon qui veut dépenser des sous. Je ne peux imaginer des gens retournant dans la zone des 20 km, surtout dans le quart nord-ouest. Ça va coûter beaucoup trop cher pour décontaminer ce pays. L'agriculture va être un problème maintenant aussi, car les vaches et le bétail absorberont du césium pendant les années à venir. Nous le voyons en Allemagne après Tchernobyl, nous le voyons toujours, 30 ans après, les ours sauvages en Allemagne qui mangent des champignons sont toujours contaminés au césium. Ce n'est donc pas un problème qui disparaît en une génération, c'est là pour très longtemps.
Je pense qu'il y a deux questions de coût ici. Je pense au coût, et cela va vraiment se résumer à de l'argent un jour. Le coût pour décontaminer le site va probablement être de l'ordre de 30 à 50 milliards de dollars. Normalement un démantèlement est autour d'un milliard pour démanteler une centrale qui est vraiment propre. Mais chacune de ces centrales a reçu des globules de combustible fondu au fond, ce qui est un territoire qui n'a pas encore été envisagé. Et là, on ne parle que du site. Donc je pense que le Japon en a pour 30 à 50 milliards de dollars, parce que TEPCO ne peut pas l'assumer, et avec la contamination plus loin dans les terres , ça pourrait être de 100 milliards de dollars.
Maintenant je sors ça sur mon site web et j'ai eu des gens pour dire, oh non, ce ne sera jamais aussi élevé. Bien sûr il faudra beaucoup de temps avant d'y arriver. Et certains de ces coûts seraient mélangés à ceux du tsunami aussi. Je ne serai pas surpris outre mesure que 100 milliards pour décontaminer cette zone autour des 20 à 30 km de Fukushima soit un chiffre réaliste.


Chris Martenson: Et quand nous disons décontaminer, je pense donc que vous parlez de lessiver les surfaces, mais une fois que vous avez nettoyé ces trucs au niveau du sol, ne faites-vous pas ce qui a été fait à Tchernobyl ? Que peut-on faire en dehors de gratter les premiers centimètres et de les jeter et de les empiler quelque part, est-ce le maximum de ce qui peut être fait ?


Arnie Gundersen: Non. Cela devient en gros une poubelle quelque part. Ça ira donc dans la cour de quelqu'un. Et le césium est très soluble dans l'eau donc il migre dans le sol avec le temps. Il y a des travaux avec la zéolithe qui semblent indiquer que vous pouvez en répandre et elle retirera le césium. Vous parlez de centaines de km carrés ici. C'est donc un petit peu plus qu'un projet scientifique.


Chris Martenson: Je suis toujours un peu choqué que vous ayez été capable de recevoir des filtres à air par la poste, je présume d'une certaine manière, qui sont entrés avec de la contamination sur eux et c'est quelque chose où je me suis penché pendant un certain temps, d'essayer d'estimer quels vont être les impacts économiques réels à l'extérieur des frontières du Japon. Une usine très importante, un centre industriel, c'est critique pour certaines chaînes d'approvisionnement. Nous trouverons peut-être des moyens de réguler cela avec le temps. Mais pour maintenant ils ont un paquet de fonctions critiques. Et s'inquiéter sur ce qui arriverait à leur balance import/export s'il s'avère qu'il y a davantage de preuves de contamination qui sortent ? Avez-vous un aperçu sur les sortes de dérangements dans la chaîne d'approvisionnement auxquels vous vous attendez en ce moment ou comment ils pourraient gérer ce processus d'import/export étant donné que tout le monde a besoin d'être contrôlé pour la contamination et comment feriez-vous à ce propos ? A quoi devons-nous faire face ?


Arnie Gundersen: Et bien j'ai été un peu surpris qu'Hillary Clinton ait fait une sorte de pacte avec les japonais pour tenter d'encourager à acheter de la nourriture et des légumes du Japon. C'est clairement la chaîne de nourriture et de légumes dont nous avons déjà parlé. Je pense que les grands produits industriels comme les automobiles et les transistors et les ordinateurs et des choses de ce genre n'auront pas de problèmes. Les containers fabriquées chez eux, ils peuvent un peu s'inquiéter du fait qu'ils voyagent par bateau. Mais je m'attends à ce que les expéditeurs soient les plus concernés parce que la dernière chose que veulent les gens est un chargement de télévisions qui deviennent contaminées parce que les containers sont contaminés. Je pense donc que ce sont les gros qui vont être en alerte pour ces Mitsubishis, ces Sonys et ces Hitachis et ils vont regarder ça de près. Les intermédiaires des marchés, les petits fabricants dont les pots en argile sortent du Japon et des choses comme ça, j'espère qu'il y aura une sorte de surveillance du gouvernement là-dessus sinon je n'aurai aucune confiance sur le type de produit que j'achète.


Chris Martenson: Très bien, pour conclure, je m'intéresse juste aux lecteurs et auditeurs qui peuvent vivre au Japon ou sur la côte ouest ou n'importe où ailleurs ; s'il y a une réplique et si le bâtiment 4 a son toit arraché quel serait votre conseil, j'entends votre conseil pour les gens au Japon, prendre un avion si possible ou partir loin ou connaître le sens du vent et aller dans l'autre direction. Que feriez-vous si vous étiez aux USA et que vous voyez cela arriver .


Arnie Gundersen: Bien, je suis en cheville avec des scientifiques maintenant qui ont monitoré l'air sur la côte ouest et à Seattle par exemple, en avril, une personne ordinaire à Seattle a inhalé 10 particules chaudes par jour.


Chris Martenson: Quoi ? Je ne le savais pas.


Arnie Gundersen: Les rapports prennent du temps pour faire leur chemin dans la littérature. L'être humain moyen respire environ 10 mètres cubes d'air par jour. Et l'air dans la zone de Seattle est en cours de détection, quand 10 mètres cubes d'air passent à travers eux, c'est en avril, donc nous sommes fin mai, c'est donc une meilleure situation aujourd'hui. Le filtre à air contiendra 10 particules chaudes. Et c'était avant la question de l'unité 4. Nous ne pouvons clairement pas courir au sud de l'équateur dans nos résidences secondaires à Rio ou quelque chose comme ça. Mais ça restera au nord de l'équateur même pour quelqu'un qui a un jet et peut partir. Mais je pense que ce que je conseille à ce stade est de garder vos fenêtres fermées. Je porterais sûrement un quelconque filtre si je sortais. Je ne courrais et ne ferais pas d'exercice jusqu'à ce que je sois sûr que le panache soit dissipé. Ce n'est pas pour maintenant. C'est, comme vous le disiez, dans le pire des cas. Si l'unité 4 était détruite, je fermerais mes fenêtres, je mettrais en marche l'air conditionné, en remplaçant fréquemment les filtres, je nettoierais à l'eau, mettrais un filtre HEPA dans la maison et essaierais d'éviter autant de particules chaudes que possible. Vous ne sortez pas avec un compteur Geiger pour vous retrouver dans un panache qui va vous dire la dose. La question se posera sur la côte ouest, les particules chaudes. Et la solution, il y a les filtres HEPA et évitez les particules.
Il y a aussi des questions médicales possibles, Maggie et moi avons travaillé avec deux médecins pour voir les moyens de régulation pour aider votre corps à nettoyer les particules si vous savez que vous y avez été exposés. Mais c'est un peu prématuré d'entrer dans plus de détails à ce sujet.


Chris Martenson: D'accord. Mais c'est donc dans le pire des cas et nous allons garder un oeil là-dessus. Je pense que le message ici est que la situation n'est pas encore finie. C'est quelque chose que nous devons garder à l'oeil, qui est délicat, les médias ont tendance à ne pas avoir une capacité d'attention à long terme sur ces choses. Selon vous c'est toujours une situation qui évolue là-bas. Il pourrait y avoir encore des retours de bâton. Il est possible d'avoir une explosion de vapeur au 3, une destruction au bâtiment 4, ce sont certains des risques-clé qu'il faut avoir à l'oeil. Y-a-t-il quelque chose d'autre que vous voulez ajouter à cette histoire ?


Arnie Gundersen: Non, juste que ça va être un travail de romain.


Chris Martenson: oui, et bien merci beaucoup, Arnie. Cela a été une fabuleuse conversation et à nouveau, où les gens doivent-ils aller s'ils veulent vous suivre et trouver plus d'infos ?


Arnie Gundersen: FAIREWINDS.COM est notre blog et notre site web. Et Maggie et moi le faisons gratuitement. C'était un travail volontaire. Nous avons un bouton pour donations, mais ce n'est pas une entreprise pour le profit.

SOURCE


Traduction Hélios

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