Bistro Bar Blog

jeudi 9 juin 2011

Interview d'Arnie Gundersen (3ème partie)


Interview d'Arnie Gundersen  : Protégez-vous si la situation empire
Chris Martenson : Donc oui, ça m'intéresse personnellement, maintenant bien plus que d'habitude, je pense à faire le tour du problème. Donc la première chose ici où j'aimerai démarrer, parce que cela est une énorme source d'erreurs – et les médias n'y ont pas aidé beaucoup. C'est la différence entre les dangers des radiations et les dangers de la contamination par les particules radioactives. Pouvez-vous nous en parler ?

Arnie Gundersen : Il y a trois sortes de matériaux radioactifs : il y a les rayons gamma : au départ quand les réacteurs nucléaires explosaient ils émettaient de larges nuages de gaz xénon et krypton. Ce sont des gaz nobles. Ils ne réagissent pas au contact de votre peau ni à autre chose mais ils émettent des rayons gamma. Donc les lectures que vous avez vu où des gens marchent partout avec des compteurs Geiger provenaient essentiellement d'êtres dans un nuage de rayons gamma les touchant de l'extérieur. Et c'est important mais c'est aussi dispersé au-dessus de votre corps tout entier. Pour moi, le plus gros problème, ce sont les deux voies de décroissance des matériaux radioactifs et elles s'appellent particules bêta et particules alpha. Elles ne voyagent pas bien loin mais possèdent une énorme quantité d'énergie, plus importante que les rayons gamma. S'ils sont sur votre peau, tout va bien. Vous pouvez vous laver pour les enlever et la vie continue. Le problème est que si elles pénètrent à l'intérieur, elles peuvent aller sélectivement vers un organe et bombarder un très petit morceau de tissu avec une longue exposition et causer potentiellement un cancer et c'est ce que nous nommons une particule chaude.
Toutes ces particules sont radioactives. Mais quand vous parlez de contamination cela signifie presque toujours que l'une de ces particules reste attachée à un organe et commence à bombarder cet organe.


Chris Martenson: Ainsi pour les radiations il y a trois types, il y a les particules alpha, qui est une particule, nous avons les bêta, qui est une particule et puis nous avons vu les rayons gamma. Je pense que quand nous parlons de radiations c'est comme quelqu'un qui dit oh, parlons de voitures. Il y a les Lamborghinis, il y a les VW Beetle, il y a les Mustangs, il y a toutes ces différentes choses, donc nous devons d'abord en savoir un petit peu sur ces niveaux d'exposition aux radiations, si j'ai bien compris, ce sont en quelque sorte un niveau de tout le corps qui dit tu peux avoir tant de REMS. Ce que vous pouvez recevoir, un REM de particules alpha, un REM de bêta, un REM de gamma. C'est juste une sorte de moyen standardisé de dire vous allez avoir cette exposition de tout votre corps, nous allons juste vous toucher. Comme quand vous allez passer une radio ou quelque chose d'autre, un autre type de radiations, des rayons X. C'est la première chose. Mais les particules contaminées qui émettent de la radioactivité sont la question parce qu'elles peuvent se localiser, faisons simplement, nous inhalons une particule de 10 microns et elle est radioactive. Elle va dans nos villosités, dans nos poumons et se plante là potentiellement. Et elle continue d'une manière très très très petite, très près, intimement à bombarder ce tissu, cette particule pour combien de temps est-elle radioactive ou jusqu'à ce qu'elle soit excrétée d'une manière ou d'une autre.
Donc l'idée ici est que cette radiation nous dit quelque chose, mais très peu de gens meurent réellement de radiations si j'ai bien compris. C'est un évènement très rare parce qu'il en faut beaucoup sur tout le corps pour vraiment démolir quelqu'un. Mais la contamination est tout autre chose et la dose létale par la contamination n'est pas facile à mesurer sur une échelle de radiation. Je pense à ce gars, Lenchenko, qui a été réellement empoisonné. C'était un russe dissident et il a été empoisonné à Londres en 2006 avec une très petite quantité de polonium 210, c'est un émetteur alpha. Il a eu ça dans sa nourriture je ne sais pas comment et avec le polonium qui va quelque part, ça a fini par le tuer, je pense très rapidement, en neuf ou dix jours, tout compte fait. Alors la chose à laquelle les gens doivent réfléchir, c'est à la vraie clé autour de la contamination pour ne pas en avoir dans le corps. C'est la première chose.
Comment feront les gens, comment ferez-vous ? Si vous étiez ainsi, imaginons, Arnie, vous êtes là, vous vivez à Tokyo maintenant ou même plus près, comment feriez-vous tout de suite ?

Arnie Gundersen: Ouais, et en réalité nous devrions étendre ça vers la côte ouest, parce qu'il y a les mêmes particules là-bas. Pour répondre à votre question sur Tokyo ; ce que je conseille aux gens à Tokyo, à ceux qui sont là-bas est d'enlever vos chaussures à la porte, poussière humide. Ne séchez pas la poussière. Nous trouvons en fait que la contamination à l'intérieur des maisons est plus élevée maintenant que la contamination extérieure parce qu'elle a été convoyée à l'intérieur pendant les deux derniers mois et est restée. Et si vous séchez la poussière vous répandez tous les matériaux radioactifs dans l'air. Je conseille également aux amis d'acheter ces petits filtres HEPA (filtre pour les fines particules, high efficiency particulate filter) qui ressemble à un petit appareil rond qui se pose sur le plancher et de changer les filtres fréquemment. Aussi conseiller aux gens de changer les filtres de l'air conditionné et aussi dans leurs voitures et de les remplacer. Parce qu'ils ont recueilli des particules depuis les deux derniers mois et c'est le bon moment pour les remplacer.
Dire aussi aux gens de ne pas faire de travaux de démolition. La dernière chose à faire maintenant est d'arracher des ailes à votre maison parce que vous bougerez cette poussière, ne sachant pas exactement ce qu'il y a dedans, vous courez le risque d'une contamination.
Les autres choses que je dis aux amis à Tokyo est de garder un oeil sur l'unité 4. S'il y a un séisme et que l'unité 4 s'effondre, ne croyez pas les autorités, vous êtes bien au-delà de ce que la science a jamais imaginé et il est temps de prendre un vol et de vous sortir de là.

Chris Martenson: je ne pose plus de questions. Avançons. Pour la nourriture ? Je veux dire, c'est une grande question et je pense que c'est même une question potentielle pour les gens de la côte ouest des US. C'est l'idée qu'il y a certains isotopes là-bas et des particules qui peuvent quelque part traverser la chaîne alimentaire, peut-être par le lait parce que les vaches broutent une grosse quantité d'herbe et la transforment en un petit peu de lait qui aide à concentrer tout ce qu'il y avait dans cette herbe ou ces feuilles vertes qui ont une réelle affinité pour certains de ces isotopes, potentiellement du césium, certainement de l'iode s'il se trouve par là, ce qui ne devrait pas, mais qui l'est apparemment. Comment approchez-vous le problème de la nourriture ? Parce que c'est un moyen rapide d'ingérer des choses.

Arnie Gundersen: Bien, le lait de vache aurait essentiellement de l'iode et nous sommes maintenant à 80 jours et la plupart de l'iode devrait avoir disparu car il a une demi-vie de 8 jours et la méthode empirique parle de 10 demi-vies. Mais nous voyons toujours de l'iode ce qui est étrange et ça ramène à cette question de criticalité, recriticalité dont nous parlions plus tôt. Donc je dis toujours aux amis de se tenir à l'écart du lait et des produits laitiers jusqu'à la mi-juin. Bien laver les légumes est primordial. Au Japon nous disons d'éviter le poisson pêché dans le Pacifique, sauf si vous êtes sûrs qu'il a été pris loin de Fukushima. Je dis à 185 km de Fukushima, n'y pensez même pas. Je pense que ça va réellement empirer avec le temps. Greenpeace a des chiffres qui sont sortis indiquant que ça empire. Nous disons donc que la mer du Japon est une autre histoire. Il est possiblede vous sentir en confiance en mangeant du poisson de la mer du Japon. Mais si vous pensez qu'il provient du Pacifique, évitez-le.
Il y a deux isotopes là ; le prédominant est le césium, qui recherche le muscle, donc bien sûr la chair de poisson est du muscle et le césium s'accumule probablement dans votre corps si vous le prenez dans le poisson. L'autre, le strontium, qui serait dans les arêtes du poisson. A moins d'être gourmand des arêtes de poisson, il est peu probable de vous exposer au strontium avec le poisson. Donc finalement même si nous allons voir le haut de la chaîne alimentaire animale comme le thon et le saumon et des choses comme ça qui ont ce procédé biologique d'accumulation. Le poisson en grossissant élève de plus en plus les concentrations de manière graduelle. Et je suis inquiet que la FDA ne surveille pas les poissons qui entrent aux USA parce que tôt ou tard un thon va sonner l'alarme à la radiation quelque part et les gens vont penser que c'est une « bombe sale » ou quelque chose comme ça. Ce n'est pas encore ici parce que le thon n'a pas migré à travers le Pacifique. Mais je pense qu'en 2013 nous pourrions voir la contamination de l'eau et des poissons du sommet de la chaîne alimentaire sur la côte ouest.



Chris Martenson: J'entends toujours que le Pacifique est un vraiment grand océan, que les anciens vantaient beaucoup. Et je pense que ce qui leur manque ici, dans cette histoire bien sûr, c'est ce que vous avez mentionné, l'accumulation biologique qui se produit, beaucoup de ces isotopes imitent vraiment d'importants éléments et donc nos corps les acceptent préférentiellement et ils deviennent des microorganismes et ils sont tous mangés par quelque chose de plus grand qu'eux et ainsi de suite. Depuis le temps nous devrions être familiers de cela. Parce que c'est la manière dont le mercure tend à se bio-accumuler. C'est la manière dont nombre de toxines se bio-accumulent. Nous parlons donc de la concentration des particules radioactives. Vous avez mentionné que vous aviez des estimations qu'une plus grande radioactivité s'est déposée dans le Pacifique que dans la Mer Noire de Tchernobyl. Avez-vous une idée de combien ?


Arnie Gundersen: Oui, en réalité c'est Woods Hole (http://www.whoi.edu/) et c'est certainement une organisation scientifique respectable. Ils disent dix fois plus. Et oui, le Pacifique est grand. Mais nous parlons toujours de ce qu'il y a maintenant et je pense qu'il est important de comprendre que nous ne sommes pas au bout de nos peines, si on considère Tchernobyl et que nous sommes à dix fois plus que Tchernobyl, et que nous n'avons toujours pas de fin en vue pour les rejets de Fukushima et que c'est déjà dix fois cela. Je suis inquiet, nous avons déjà trouvé des petits poissons de l'ordre de 10 à 12 cm jusqu'à 90 km qui contenaient des niveaux de césium 10 à 50 fois plus élevés que la norme autorisée. Et bien sûr ces poissons vont être mangés par de plus gros poissons en haut de la chaîne alimentaire. C'est donc une inquiétude. Les algues semblent absorber l'iode, mais absorbent aussi le césium, c'est quelque chose que je viens d'apprendre. J'étais inquiet de dire aux gens, ne vous inquiétez pas pour les algues, au bout de 90 jours l'iode a entièrement disparu. Mais je n'en suis pas si sûr à présent. Parce que comme je le sais maintenant, elles peuvent aussi absorber le césium, je ne suis pas vraiment sûr de cette science.


Chris Martenson: Bien, heureusement que l'EPA (agence de protection de l'environnement) a un programme de tests rigoureux en place, juste ?


Arnie Gundersen: Croyez-moi, j'en suis, du gouvernement


Chris Martenson: Oui, malheureusement pour ça. C'est donc une partie de l'héritage de Fukushima. Et, oh, au fait, je mentionnerai dans mes recherches que l'idée m'a traversé que les fruits de mer, particulièrement les crabes et autres crustacés accumuleront beaucoup de césium dans leurs coquilles, donc nous devrions ajouter aussi les coquillages pour l'histoire du césium.
Je pense que si je vivais là-bas, personnellement, j'éviterai juste tous les aliments marins du Pacifique. Comme vous le disiez c'est un sage conseil à ce stade. Jusqu'à ce que et sauf si nous étions sûrs d'un énergique programme de surveillance, je resterai méfiant personnellement. Pouvez-vous nous parler des vrais risques pour la santé pour ceux qui vivent près de réacteurs, sur un complexe de réacteurs ?

2 commentaires:

  1. moi j'ai acheté de la morue du pacifique, vers la mi avril, et l'ai congelée.. est ce dangereux à votre idée?

    RépondreSupprimer
  2. ben si ça été pêché dans les parages ou ils ont balançé la flotte radioactive, c'est sûr que ce n'est pas recommandé, parce que ta morue, là, elle sent pas le poisson, mais plutôt le roentgen, ou le becquerel, c'est au choix, à moins d'aimer les radioéléments estampillés "fukushima"....

    RépondreSupprimer

Les commentaires sont validés après acceptation. Tout commentaire qui se veut une publicité cachée est refusé.