lundi 11 avril 2011

Communiqué CRIIRAD du 9 avril

CENTRALE NUCLEAIRE DE FUKUSHIMA DAIICHI
Accidents nucléaires et rejets radioactifs



Nous avons reçu plusieurs milliers de demandes concernant la situation radiologique au Japon ou en France. Comme il nous est impossible d'y répondre individuellement, nous vous invitons à poser vos questions aux 2 adresses courriel ci-dessous. Nous en tiendrons compte dans l'élaboration de nos documents d'information. Concernant la France, un premier niveau de réponse est désormais en ligne. (voir la note d'information préliminaire). Nous espérons publier un document sur le Japon d'ici le 13 avril;

JAPON : contamination.japon@criirad.org

FRANCE (et autres pays): contamination.france@criirad.org

Dernières infos CRIIRAD

Note d'information : version du 9/04/2011 : contamination de la France : quels sont les risques ? (voir ci-dessous)

Annexes : Cartes de France : (1,2 et 3)
1. Activité de l'iode 131 dans l'air (1,1Mo - pdf)
2. Activité de l'iode 131 gazeux dans l'air (948 ko - pdf)
3. Activité de l'iode 131 dans l'eau de pluie (964 ko - pdf)
4. Doses reçues par INHALATION d'iode 131
5. Doses reçues par INGESTION d'iode 131
6. Evolution de la contamination de l'air à Valence

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Contamination de la France par les rejets de la centrale de Fukushima Daiichi

QUELS SONT LES RISQUES ?

La CRIIRAD a reçu plusieurs milliers de demandes concernant l’impact de l’arrivée sur la France des masses d’air contaminé : quels sont les risques pour ma santé ? Pour mes enfants ? Pour l’enfant que je porte ? Faut-il se protéger ? Si oui, comment ?


Le texte ci-dessous constitue un premier élément de réponse. Il sera progressivement enrichi et amélioré.
Nous espérons pouvoir le présenter prochainement sous forme de « foire aux questions ». La charge de
travail est telle que notre petite équipe a du mal à avancer autant qu’il le faudrait sur les différents volets du dossier : prélèvement et analyses d’échantillons venus de France et du Japon, recensement et étude des données disponibles, rédaction des documents d’information, réponse aux appels, aux courriels et aux demandes d’interviews, etc.). Il faut savoir qu’avant le déclenchement de la crise, la CRIIRAD était déjà en situation difficile du fait du décalage entre ses moyens et l’importance des dossiers qu’elle traite. Nous essaierons bien sûr de répondre, le plus rapidement possible, au plus grand nombre de questions… mais nous comptons aussi sur votre compréhension. De plus, pour faire face aux demandes d’information, nous avons dû alléger les procédures de relecture. Nous vous invitons à rester vigilants et à nous signaler toute
erreur ou passage confus. Nous n’aurons peut-être pas le temps de vous remercier mais nous corrigerons le plus rapidement possible.

NB : les informations qui figurent dans ce texte peuvent concerner d’autres pays européens. En effet, la contamination de l’air est globalement identique en Allemagne, en Suisse, en Belgique, en Italie, etc. Les résultats dont nous disposons pour les Etats-Unis font par contre apparaître des niveaux de contamination sensiblement supérieurs (10 fois environ). Il est d’autant plus important d’éviter la consommation régulière de l’eau de pluie et de ne pas consommer de façon excessive les aliments à risque (légumes à feuilles, lait et fromage frais).


Dans son communiqué du 22 mars dernier, rédigé avant que la contamination ne touche la France
métropolitaine, la CRIIRAD avait essayé d’estimer les niveaux de risques en effectuant diverses
hypothèses pour pallier le manque de données utilisables. Le texte indiquait ainsi :


1. « le risque d’irradiation par les masses d’air contaminé sera négligeable ». Cette prévision est
désormais confirmée sur la base de mesures, et non plus d’hypothèses.


2. « le risque associé à l’inhalation des aérosols et halogènes radioactifs présents dans l’air devrait
être très faible ». Les estimations de dose indiquent que la mise en oeuvre de contre-mesures,
confinement à domicile ou prise de comprimés d’iode stable, n’est pas justifiée. Cette prévision est
désormais confirmée sur la base des résultats d’analyse, et non plus d’hypothèses.


3. « le risque lié à l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés par les retombées radioactives devrait
rester limité. Le laboratoire de la CRIIRAD évaluera le plus rapidement possible les quantités de
radioactivité déposées au sol (dépôts sec et dépôts liés aux précipitations) afin de vérifier les ordres
de grandeurs attendus dans les aliments et de donner, si nécessaire, des conseils adaptés ».


EAUX DE PLUIE ET EAUX DE DISTRIBUTION

 
Afin d’évaluer les dépôts de radioactivité sur les sols, le laboratoire de la CRIIRAD a analysé 8
échantillons d’eau de pluie collectés sur différentes régions de France. Les activités en iode 131
(seul radionucléide détecté) sont comprises entre 0,24 Bq/l et 4,9 Bq/l.


Ces très faibles activités n’induisent aucun risque pour les personnes qui se sont trouvées sous la
pluie sans protection. En revanche, l’utilisation de l’eau de pluie comme source principale
d’alimentation est déconseillée, en particulier si les consommateurs sont de jeunes enfants. A noter que la règlementation ne considère pas l’eau de pluie comme une eau potable.(1)


L’eau provenant de captages souterrains ou de gros cours d’eau ne devrait pas poser problème. Il faudrait en revanche examiner de plus près la situation des plans d’eau type lacs collinaires qui
recueillent l’eau de pluie d’un ou plusieurs bassins versant.


ALIMENTS POTENTIELLEMENT A RISQUE


Il y a, a priori, deux catégories d’aliments à considérer : les végétaux à larges feuilles type salades, blettes, épinards, choux, oseille… (sauf s’ils sont cultivés sous serre évidemment) ; le lait et les
fromages frais (en particulier de chèvre et de brebis), la viande sauf pour les troupeaux encore en
stabulation. Les risques sont certes très faibles mais si l’on tient compte de la durée possible de la
contamination, de l’existence d’habitudes alimentaires particulières et de la vulnérabilité de certains groupes de populations, on n’est plus dans le domaine du risque négligeable et il semble utile
d’éviter des comportements à risque : éviter que les aliments sensibles constituent, sur les
prochaines semaines la base de l’alimentation de la famille. Cette mesure de bon sens concerne
tout particulièrement les enfants, les femmes enceintes et les mamans qui allaitent.


(1) Le ministère de la santé précise : « Après ruissellement sur le toit et stockage en cuve, un développement bactérien est possible. Il s’agit donc d’une eau non potable, car contaminée microbiologiquement (principalement à l’occasion du passage sur le toit) et chimiquement (pesticides dans la pluie, métaux ou amiante présents dans le toit, etc), qui ne respecte pas les limites de qualité fixées par le code de la santé publique pour les eaux destinées à la consommation humaine.

4 commentaires:

  1. http://www.noonehastodietomorrow.com/eugenics/food/2858?task=view

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  2. salon de p-ce

    0.09 microSv/h

    Marcel

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  3. Genial!! mon alimentation se resume en generale aux legumes feuille crus, aux fromages (chevre et brebis), oeufs (poules parcours enherbé)...
    Sur ce je file au mac crado :).
    Je comprends ma reticence à faire le jardin cette année (eaux pluviales).
    Allez un peu d'espoir, il nous reste les legumes racine!

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