samedi 18 décembre 2010

Ressemblance frappante entre la catastrophe du golfe du Mexique et un incident en Azerbaïdjan

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Quel crédit accorder aux câbles révélés par Wikileaks ? En voici quelques-uns au sujet d'une catastrophe évitée de justesse en Azerbaïdjan, 18 mois avant celle du Deepwater Horizon,  peu révélée, et pour cause, par les médias.
Câbles de l'ambassade américaine relayés par the Guardian

Câbles Wikileaks : BP a fait face à un échappement de gaz sur une plate-forme d'Azerbaïdjan


Les câbles de l'embassade US révèlent que cette compagnie a eu la « bonne fortune » d'avoir évacué ses employés en toute sécurité après une explosion similaire à celle du Deepwater Horizon.

Des ressemblances frappantes entre le désastre du golfe du Mexique et une immense fuite de gaz en Azerbaïdjan, peu rapportée dans les médias, vécue par l'entreprise britannique 18 mois auparavant, ont émergé des câbles de l'ambassade US.

Les câbles révèlent que certains partenaires d'exploitation de BP étaient mécontents que la compagnie soit restée tellement secrète à propos de l'incident qu'elle leur en a même refusé les informations. Ils auraient dit également que BP a eu de la chance d'avoir pu évacuer en toute sécurité ses 212 employés après l'incident qui a entraîné la fermeture de deux champs d'exploitation, la réduction d'au moins 500.000 barils par jour et une production perturbée pendant des mois.

D'autres fuites de câbles ce soir affirment que le président de l'Azerbaïdjan a accusé BP d'avoir volé pour 10 milliards de dollars de pétrole de son pays et utilisé un « gentil chantage » pour obtenir le droit de développer de vastes réserves de gaz dans la région de la mer Caspienne.

Wikileaks a également publié des câbles affirmant que :
  • En Thaïlande, des personnalités seniors sont préoccupées par la capacité du prince héritier à devenir roi, citant des rumeurs selon lesquelles il a des amants dans plusieurs capitales européennes en plus de sa femme et de son fils en Thaïlande.
  • La firme américaine Chevron était en discussion avec Téhéran à propos du développement d'un champ pétrolifère à cheval entre l'Irak et l'Iran, malgré les sanctions américaines contre l'Iran.

Les fuites sont arrivées alors que Julien Assange se préparait pour une autre nuit en prison avant de comparaître le lendemain au tribunal au sujet de la décision de lui accorder la liberté sous caution contre 200.000 livres. Les autorités suédoises qui veulent interroger Assange sur les allégations d'agression sexuelle, pensent qu'il devrait rester en détention car il risque de s'enfuir.

A propos de la fuite de gaz en Azerbaijan, un câble rapporte pour la première fois que BP a fait face à l'éruption en septembre 2008, comme il l'a fait dans le golfe avec les conséquences dévastatrices d'avril.

« En raison de l'éruption d'un puits d'injection de gaz, il y avait ''un monceau de boue'' sur la plate-forme, que BP aurait analysé pour aider à trouver la cause de l'éruption et de la fuite de gaz », dit le câble.

Rédigé quelques semaines après l'accident, le câble, déclarait Bill Schrader, dirigeant BP en Azerbaïdjan, admettait qu'il était possible que la société « ne saurait jamais » la cause même si elle « continuait de chercher méthodiquement les théories possibles ».

Selon un autre câble, BP pensait en janvier 2009 qu'une « affaire de ciment défectueux » était à l'origine de la fuite de gaz d'Azerbaïjan. Plus récemment, l'ancien chef de BP, Tony Hayward, blâmait aussi en partie l'emploi « de ciment défectueux » par l'entreprise Halliburton dans la catastrophe du Deepwater Horizon. L'éruption du golfe a entraîné la mort de 11 travailleurs et le pire déversement de pétrole de l'histoire de l'offshore.
BP a été également critiqué pour ne pas avoir partagé dès le début ses informations avec les autorités américaines sur l'ampleur de l'écoulement dans le golfe. Le champ de gaz de la mer Caspienne était en production au moment de la fuite et de l'éruption, contrairement au puits du golfe qui était foré pour une prospection.

BP a refusé de répondre aux questions posées par le Guardian au sujet de la cause de la fuite de gaz en Azerbaïdjan et du travail de cimentage, se référant à un communiqué général qu'il avait fait sur des câbles.

Le câble révèle que la compagnie l'a échappée belle. « Étant donné le potentiel explosif, BP a été très chanceux d'avoir pu évacuer tout le monde et d'avoir évité la mise à feu du gaz. Schrader a déclaré que, bien que l'histoire n'ait pas retenu l'attention de la presse, il était le centre d'attention du gouvernement d'Azerbaïdjan qui perdait entre 40 et 50 millions de dollars par jour ».

La fuite s'est produite au champ d'Azeri-Chirag-Guneshi (ACG), le plus grand domaine de production de pétrole de la mer Caspienne, où résident d'immenses réserves de gaz inexploitées. BP est l'opérateur et le plus grand actionnaire du consortium, qui comprend la compagnie américaine Chevron, ExxonMobil et Hess (anciennement Amerada Hess), ainsi que l'entreprise norvégienne Statoil et la propre compagnie pétrolière de l'Azerbaïdjan, Socar.

BP s'est attiré les critiques pour avoir prétendument limité les informations disponibles sur l'incident. Un autre câble rapporte peu de temps après l'incident : « L'opérateur BP pour ACG a été exceptionnellement circonspect dans la diffusion d'informations sur la fuite de gaz ACG, aussi bien envers le public que ses partenaires ACG. Cependant après avoir parlé avec BP et d'autres sources, l'ambassade a reconstitué le tableau qui suit. » Il poursuit en disant que l'incident a eu lieu lorsque des bulles sont apparues sur l'eau autour de la plate-forme Central Azeri, signalant une fuite de gaz proche. « Peu de temps après, un puits de réinjection de gaz en relation s'est mis en éruption, expulsant de l'eau, de la boue et du gaz ». Le dernier rapport annuel de BP fait référence à un « examen approfondi de la libération de gaz du sous-sol » qui a eu lieu et aux travaux de réparation effectués.

Le câble poursuit : « Au moins quelques-uns des partenaires de BP pour ACG sont également mécontents des performances de BP dans cet épisode, car ils prétendent que BP a cherché à limiter le flux d'informations à ses partenaires concernant cet événement. Bien qu'il soit trop tôt pour déterminer la cause, si en fait cet arrêt de production est du à une erreur technique et s'il se poursuit pendant des mois (comme cela semble possible), la réputation de BP en Azerbaïdjan prendra un sérieux coup ».

BP est en charge de projets énergétiques-clé en Azerbaïdjan et possède une influence sur la région. Fin 2006 des discussions ont eu lieu pour connaître le moment où la Turquie serait en mesure de relier son propre réseau à un nouvel oléoduc exploité par BP pour le transport de gaz à travers le Caucase depuis le champ géant de BP à Shah Deniz en Azerbaïdjan. Le nouveau pipeline est considéré comme crucial pour réduire les dépendances de la région en approvisionnement de gaz fiable à partir de la Russie, en particulier par rapport à la hausse des prix du gaz.

Selon un câble, le président sortant de BP en Azerbaïdjan, David Woodward, a déclaré en novembre 2006 que BP estime peu probable que la Turquie était en mesure d'achever ses travaux avant le printemps 2007.  « Toutefois, a-t-il ajouté, 'il était inconcevable' que Botas (la compagnie turque de pipeline) puisse achever le travail pour être prêt à recevoir le gaz bientôt, quoique le pipeline ne serait pas conforme aux normes internationales », annonçait le câble. En fin de compte, BP a dit que la Turquie a commencé à recevoir du gaz de Shah Deniz en juillet 2007.

Les câbles révèlent aussi les craintes de BP sur le manque de sécurité à l'époque autour des installations de pétrole et de gaz, particulièrement en mer Caspienne, ce qui les rendait vulnérables aux attaques terroristes. Un câble de juillet 2007 rapporte : « Le président de BP en Azerbaïdjan, Bill Schrader, a dit en conversation privée à des officiels US : ''tout ce qu'il faudrait c'est un gars avec un mortier ou six gars dans un bateau'', pour faire des ravages dans les infrastructures énergétiques essentielles de l'Azerbaïdjan. »

Les fonctionnaires de BP se sont plaints également d'une pénurie de bateaux de la garde maritime et côtière - essentiellement de l'ère soviétique et construits dans les années 60 et 70 – pour patrouiller les eaux autour des plateformes. Quelle agence gouvernementale ou quelle branche de l'armée en avait la charge n'était pas éclairci non plus, signifiant par là qu'une « réponse à une urgence offshore pourrait être problématique », rapportait un câble en août 2008.

La compagnie pétrolière a déclaré que BP « apprécie l'appui continu et la bonne volonté du gouvernement et du peuple d'Azerbaïdjan ».

La compagnie pétrolière a déclaré dans un communiqué que « BP continue son partenariat fructueux et son bénéfice mutuel avec le gouvernement d'Azerbaïdjan. Cette coopération a produit et continue à produire des bénéfices aux deux parties et surtout à la nation d'Azerbaïdjan. Le gouvernement d'Azerbaïdjan nous a confié le développement de ses principaux projets de développement pétroliers et gaziers sur la base d'accords de partage de production qui sont érigés en lois en Azerbaïdjan. Des accords de cette envergure et de cette taille nécessitent la coopération et l'harmonisation entre les entreprises et le gouvernement. BP en Azerbaïdjan apprécie l'appui continu et la bonne volonté du gouvernement et du peuple d'Azerbaïdjan pour l'aider à respecter ses obligations. Dans le cadre du maintien de ce partenariat fructueux, nous nous rencontrons et discutons des affaires en lien avec les parties concernées, y compris avec nos partenaires, SOCAR, et le gouvernement. Ces discussions sont confidentielles et en tant que telles nous maintiendrons cette confidentialité et ne commenterons pas des éléments spécifiques. »

Traduction par Hélios

2 commentaires:

  1. Bonsoir ,

    Histoire de tuyauterie et le chiffre 11 .

    PUEBLA (Mexique) - Onze personnes ont été tuées et douze blessées dimanche par une explosion sur un oléoduc de la compagnie pétrolière nationale Pemex à Texmelucan, dans le centre du Mexique, a annoncé le gouvernement de l'Etat de Puebla.

    Gros bisous , Léa .

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  2. C'est possible, il y en a bien eu dans d'autres pays , même si cela a été étouffé (Nigéria , etc..)

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