dimanche 26 décembre 2010

Mystère : qui étaient les faussaires de Glozel ?

En 1924, on découvre à Glozel, dans l'Allier, des objets étranges d'abord attribués à une civilisation inconnue. 90 ans plus tard, la thèse du canular est privilégiée.

Tous les archéologues et chercheurs s'accordent sur un point : il y a eu des faux à Glozel. Pour certains, ils se comptent sur les doigts de la main. Pour d'autres, ils constituent...toute la collection ou presque, découverte dans ce hameau de l'Allier.

A-t-on voulu faire croire à une civilisation inconnue ? Cet alphabet mystérieux gravé sur des tablettes d'argile n'est-il qu'une supercherie ?

L'archéologue Jean-Paul Demoule, qui a participé au sondage du site en 1983, penche largement pour le canular. « Mais pour le réaliser, il fallait avoir de bonnes notions en archéologie » estime-t-il. Les objets glozéliens ressemblent en effet à des vestiges préhistoriques, de différentes époques. Comme s'ils avaient été imités.

Deux gifles

Deux hommes ont souvent été accusés : le médecin Antonin Morlet, qui a dirigé les premières fouilles et Émile Fradin, l'agriculteur qui a découvert les premiers vestiges.

« Mais Morlet était assez naïf, balaie Didier Miallier, chercheur en physique, chargé de l'inventaire du site en 1983. Il s'était déjà laissé abuser par une supercherie à Sarliève (Puy-de-Dôme) ». Il est mort en 1965.

Quant à Émile Fradin, il est soupçonné dès le départ. En 1928, un instituteur bourbonnais M. Clément prétend que Fradin lui a montré une brique sans inscription et que sept mois plus tard, les inscriptions étaient apparues. Mais plusieurs témoins réfutent sa version.

En 1929, la Police perquisitionne au domicile du jeune Émile. Séparé des siens, il reçoit deux gifles et subit 63 heures d'interrogatoire. « J'en ai pleuré » , racontait-il. Les enquêteurs cherchent un atelier où il aurait pu concevoir les objets : ils ne trouvent rien de probant. D'ailleurs, en 1930, tandis qu'il est accusé d'escroquerie, la Justice ordonne un non-lieu.

« Comment aurait-il pu fabriquer 3.000 objets ? » s'indigne son ami Lucien Rebiron, correspondant pour La Montagne.

En fait, selon Didier Miallier, « sur 3.000 documents, il y avait beaucoup de bricoles. Seule une centaine a vraiment demandé du temps ».

Les policiers avaient beaucoup surveillé Fradin, devenu aussi la cible de courriers de corbeaux. Ses voisins lui reprochaient la soudaine popularité du hameau. Mais personne ne l'a jamais vu enfouir d'objets sous terre.

" J'ai découvert un trésor "

Pour ce petit paysan, également apiculteur, qui passait ses journées à bricoler et s'occuper de ses abeilles (elles ne l'ont d'ailleurs jamais piqué), Glozel était devenu une affaire d'honneur. « Il était intrépide, il n'avait peur de rien » se souvient Lucien Rebiron. Surtout, il avait la foi. En Dieu - il aurait voulu être prêtre - mais aussi en Glozel. « J'ai découvert un trésor » disait-il.

Pour Serge Soupel, président de l'association du Cier qui travaille encore sur l'origine du site, des faux n'ont été ajoutés que pour décrédibiliser l'affaire.

Colis anonyme

A la fin des années 20, un colis adressé par un anonyme étudiant rennais parvient à Salomon Reinach, l'un des rares préhistoriens qui croyait à Glozel. A l'intérieur : des galets gravés, dans le style glozélien, flanqués d'un petit mot : « De la part de l'auteur ». Comme pour dire : n'importe quel amateur aurait pu faire ça.

Emile Fradin est mort en février 2010, à l'âge de 103 ans. Aujourd'hui, une école porte son nom à Arronnes, dans l'Allier. Sur ses terres, beaucoup le perçoivent comme un héros. A tort ou à raison, il reste celui qui a affronté la science, l'archéologie, les enquêteurs... David contre Goliath.
Thibaut SOLANO
thibaut.solano@centrefrance.com
source http://www.lamontagne.fr/editions_locales/vichy/mystere_qui_etaient_les_faussaires_de_glozel_@CARGNjFdJSsBFB4BAx0-.html

1 commentaire:

  1. Tissu de sottises ...le mystère demeure...
    Pourquoi parlez vous de faussaires ?

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