Un jeune bureaucrate de la NISA admet que l'accident de la centrale de Fukushima n'est pas terminé
Houps.
Le journaliste indépendant Ryusaki Tanaka rapporte la réunion entre un groupe de citoyens et la NISA (agence de sécurité nucléaire et industrielle). Le groupe de citoyens avait pris officiellement un rendez-vous avec l'agence mais le jour de la réunion on les a placés dans un couloir sombre en attendant quelqu'un et la ''réunion'' s'est faite dans un hall, debout, entre le groupe et un bureaucrate de la NISA tout seul, âgé de 30 ans.
Du blog de Tanaka (31 janvier) :
Un jeune bureaucrate de la NISA dit par mégarde que ''Des ouvriers de la centrale travaillent à réduire l'accident''
Quand le groupe de citoyens est allé adresser une pétition à la NISA au ministère de l'économie pour demander ''d'arrêter et démanteler toutes les centrales nucléaires'', un jeune bureaucrate a fait un curieux lapsus. Il a dit que l'accident nucléaire n'était pas fini.
Le 31 janvier, un groupe de 12 personnes a rendu visite à la NISA dans un bâtiment annexe du ministère de l'économie. Yosuke Oda, secrétaire de la conférence, avait négocié un rendez-vous avec le département des relations publiques de la NISA.
Ils arrivèrent à 14h, à l'heure, et allèrent à la réception de la NISA pour les démarches obligatoires avant la réunion. Après avoir appelé le département des relations publiques, le réceptionniste leur dit, ''Il y a eu un changement de responsable''. Oh, les gars, ils avaient mis au point la réunion 5 jours avant...J'ai failli éclater de rire devant le manque de bon sens de la NISA en observant cet échange.
''Nous n'allons pas être renvoyés comme ça.'' Le groupe protestait avec véhémence contre le département des relations publiques par l'intermédiaire du réceptionniste. Au bout de 10 minutes d'échanges, un garde de la sécurité est arrivé.
''Pourriez-vous attendre par là ?'' Le garde les plaça dans un endroit au dos de la zone de réception. Il n'y avait pas de lumière, et il faisait sombre (voir la photo). Quand nous avons demandé à un autre garde, il a dit que cela faisait partie de l'effort d'économie d'énergie.
Nous attendîmes dans le noir environ 20 minutes. Un bureaucrate du département des relations publiques se présenta avec un garde de la sécurité. Il s’appelait Shunsuke Shimozuru, responsable de section au département des RP de la NISA. C'était un jeune homme au visage juvénile, âgé d'à peine 30 ans. Un bureaucrate de carrière, selon toute probabilité.
Le jeune Shomozuru, pardon, le responsable Shimozuru nous emmena dans un hall au même étage. Il allait s'occuper de la pétition.
''Pourquoi pas dans une salle de conférence ?''
''C'est notre politique de recevoir une pétition dans un hall.''
''Quand le ''groupe des femmes de Fukushima'' est venu apporter une pétition le 27 octobre, elles sont allées dans une salle de conférence''. ''voulez-vous limiter notre droit à une pétition ?'' Les gens le pressaient de répondre.
Le responsable Shimozuru était acculé. ''Bon, c'est aussi une question de sécurité...''
''Nous n'allons rien faire de dangereux. Quel rapport avec un problème de sécurité en nous laissant dans une salle de conférence ?''
Ne sachant pas quoi dire d'autre, le responsable Shimozuru laissa échapper la vérité malgré lui. ''Une déclaration a été faite que l'accident de la centrale nucléaire était terminé, mais les ouvriers de la centrale travaillent à mettre fin à 'accident...''
''Comment pouvez-vous dire que l'accident est terminé quand on voit une fumée blanche sortir de la centrale détruite ?'' C'est ce que disent souvent les habitants de Fukushima.
Un jeune bureaucrate de la NISA a admis par inadvertance que l'accident de la centrale nucléaire, à tous égards, n'était pas terminé. ''Exactement ce que je pensais'', me suis-je dit. J'espère pouvoir dire au premier ministre Noda, ''la NISA elle-même dit que l'accident n'est pas terminé. Le savez-vous ?''
Shimozuru est l'homme au centre, qui tourne le dos.
Ce doit être une rude leçon pour les citoyens ordinaires du Japon. Toute leur vie, ils ont pensé que les bureaucrates et les hommes politiques diplômés des grandes écoles de la nation travaillaient pour eux. Quand ils ont pris rendez-vous pour les voir, ils étaient relégués dans un coin sombre, et furent reçus par un jeune homme âgé de pas plus de 30 ans, dans un hall, debout.
Juste pour votre information au cas où vous ne seriez pas au courant, tous les bureaucrates ne sont pas des bureaucrates de ''carrière''. Les bureaucrates de carrière sont ces élites du gouvernement national qui ont passé des examens sévères et en échange ont la garantie de promotions rapides dans les ministères. Ils dominent la hiérarchie au sommet des ministres. Ils sont en général des diplômés d'universités d'élite du Japon. Comme formation sur le terrain, nombreux parmi eux sont dispersés vers les municipalités du Japon durant leur carrière en devenant maire adjoint de villes avant de revenir aux ministères. Certains vont dans des agences internationales et reviennent.
Certains décident de concourir pour un poste de bureau après leur expérience d'adjoint au maire, et deviennent des hommes politiques mais avec des liens aux ministères. Le gouverneur pro-nucléaire d'Hokkaido en est un exemple ; elle était bureaucrate de carrière au ministère de l'économie avant de devenir gouverneur. Il y en a de nombreux autres. Puis à la retraite, ils ''descendent du ciel'' pour diriger des ONG, associations à but non lucratif, instituts de recherche, grosses sociétés, avec de gros chèques et peu de travail. (Qu'Ultraman ne pense pas que c'est typique au Japon, ''on a les mêmes à la maison'')
Simulation de la dispersion du césium-137 dans l'océan Pacifique, du 21 mars 2011 au 27 janvier 2012 La simulation de dispersion de radioactivité JCOPE (Japan Coastal Ocean Predictability Experiment) faite par la JAMSTEC (Agence japonaise pour la science maritime et terrestre et la technologie), qui montre la dispersion du césium-137 dans l'océan Pacifique entre le 21 mars 2011 et le 27 janvier 2012.
Le 21 mars est la date de début à laquelle de forts taux de matériaux radioactifs ont été détectés dans l'eau de mer près de la centrale.
Captures d'écran depuis la page de JCOPE avec une simulation animée (30 janvier).
Pour finir la journée, je vous propose cette vidéo de la BBC, avec une musique de Kitaro, "Matsuri" (j'ai demandé à Ayumi ce que cela signifie en japonais en lui envoyant le lien de la vidéo).
Merci à l'anonyme qui a posté le lien en commentaire.
Ayumi m'a répondue ce matin pour la signification de "Matsuri", en japonais cela signifie "fête" dans le sens sacré du terme, "fête religieuse", au Japon on emploie beaucoup les tambours dans ces fêtes, comme dans cette vidéo d'un groupe populaire au Japon (KODO) dont elle m'envoie le lien.
La neige...On va en entendre parler pendant quelque temps, et surtout dans les pays de montagne comme par exemple la Haute-Savoie où réside notre expatrié breton, j'ai nommé M. Korrigan.
Avec la complicité d'Alan et de Korrigan lui-même, je vous présente un dossier "spécial environnement neigeux" de Korrigan :
Le magnifique chalet de Korrigan !
Son abri à bois, ça va, il y a de quoi faire...
La femme de Korrigan, euh, non, il y a erreur, je me suis trompée de photo...Il n'habite pas si au nord. Et puis en Hte-Savoie, il y a des cerfs.
C'est quoi, ce truc ? Une table de jardin ? Bon d'accord...
Les petits amis de Korrigan
Voici pour terminer ce dossier neige, quelques sites conseillés à Korrigan pour acheter:
Nous lui souhaitons une bonne continuation et le blog lui décernera peut-être le prix du lecteur du BBB le plus enneigé de France (on attend encore, l'hiver n'est pas fini)
Et le BBB demande à ses lecteurs quelle est, parmi toutes les photos présentées, celle qui appartient au véritable environnement de Korrigan (pour la femme, la photo est hors concours).
A gagner, un week-end en Haute-Savoie, dans un environnement sain et dans un sportif esprit de camaraderie pour donner un coup de main au déblaiement de la neige autour de chez Korrigan.
J'ai oublié une dernière photo, au loin Korrigan qui a reconnu les rétroviseurs de sa voiture et qui utilise ses rhomboïdes frénétiquement pour la dégager.
Un garçon de huit ou neuf ans de Fukushima a écrit au premier ministre au mois d’août :
« Cher Monsieur Kan, le premier ministre :
Je voudrais jouer au football dans l’équipe nationale dans le futur. Pourtant, je ne peux pas m’entraîner beaucoup à Fukushima à présent. Quand est-ce que la radioactivité va disparaître ? Est-ce que je peux devenir une grande personne ? (…) »
Son rêve est brisé. Une fille de dix ou onze ans de la ville de Fukushima a également écrit au gouvernement :
« Est-ce que je peux avoir un enfant normal ? Jusqu’à quel âge puis-je survivre ? »
Colère et désespoir nus s’expriment. Une grande lucidité traverse aussi les mots des enfants ; ici un garçon de neuf ou dix ans originaire de Fukushima :
« Nous allons être exposés à une radioactivité de 20mSv par an ? Pensez à notre futur. Vous, les grandes personnes, ne serez pas là dans 30 ans environ. Pourtant, j’ai (encore) 10 ans, donc dans 30 ans, j’aurai 40 ans, et je dois encore pouvoir vivre. Pourquoi je dois être atteint de cancer à ce moment-là ? »
Un autre garçon de neuf ou dix ans qui vient de Fukushima a demandé le secours du gouvernement :
« Je ne veux pas mourir (tôt). »
La perception de ces enfants ne peut pas être réduite à une simple « radiophobie » sans fondement. Depuis le mois d’avril, de nombreux enfants dans une vaste zone s’étendant de Fukushima jusqu’à Tokyo ont manifesté des symptômes aux causes inconnus, notamment des saignements de nez et des diarrhées, que certains pointent comme les conséquences potentielles d’une irradiation aiguë. Ainsi, un garçon de Fukushima a posté cette observation faite à son école :
« À l’école, il y a des amis qui saignent du nez. »
Comme les enfants de Fukushima, les enfants en ville sont également angoissés par les conséquences potentielles de la radioactivité telles que la maladie grave et la mort qui les attendraient dans le futur. Une fille à Tokyo et un garçon de Chiba, âgés d’une huitaine d’années, ont posté leurs messages sur un site web :
« Quand j’ai entendu que je pouvais être irradiée, je me suis demandée si je serais paralysée (à cause d’une maladie déclenchée par la radioactivité) et perdrais mes cheveux comme Gen d’Hiroshima, ou si j’allais mourir. Puis, j’avais peur. J’ai cru que je ne voulais pas mourir alors que j’avais seulement huit ans. »
« J’ai peur de la radioactivité. J’ai peur d’être atteint des maladies comme le cancer. »
Pour le moment, aucun adulte ne peut répondre à leurs questions et leurs inquiétudes La colère envers les grandes personnes et la politique du nucléaire
Les enfants ne sont pas seulement inquiets, ils exposent leurs doutes aux adultes et expriment leur colère, comme le garçon de Fukushima cité plus haut. Une fille de dix ou onze ans a écrit dans sa lettre au gouvernement :
« Je voudrais savoir si vous (les hommes politiques et les fonctionnaires) croyez franchement que la situation est sûre. »
Une autre fille de 13 ou 14 ans a posté son message sur le site web :
« Le voisin de l’amie de ma mère (qui habite à Fukushima) travaille dans le domaine des politiques, et j’ai compris que les hommes politiques ont des secrets. » (Une fille en deuxième année du collège, Iwate)
À leurs yeux, les hommes politiques et les fonctionnaires ne sont plus crédibles. Leur doute est aussi fondé sur la politique du nucléaire. Un garçon de neuf ou dix ans a demandé aux adultes du gouvernement:
« Pourquoi avez-vous construit autant de centrales nucléaires ? »
Une fille de dix ou onze ans qui vient de Fukushima a écrit aux autorités :
« Mon rêve actuel est très différent de celui de l’année dernière.
Je voudrais qu’on élimine la radioactivité.
Je voudrais qu’on définisse notre quartier comme une zone d’évacuation.
Je voudrais que la paix revienne dans notre pays.
Je voudrais avoir un enfant normal.
Je voudrais vivre pendant longtemps.
Je voudrais que vous supprimiez les centrales nucléaires du Japon, un pays plein de séismes.
(…) Je vous en prie. Veuillez nous protéger. »
Les enfants âgés expriment plus précisément leur méfiance et leur colère. Un jeune-homme en quatrième année du lycée du soir (18 ou 19 ans), qui habite dans la ville de Fukushima, a laissé exploser sa colère à son professeur pendant la classe :
« Alors que toutes les centrales explosent ! »
Face au professeur choqué par ses propos et qui lui a demandé ce qu’il voulait dire, il a poursuivi.
« C’est que, professeur, c’est bizarre que le gouvernement ne désigne pas la ville de Fukushima comme une zone d’évacuation, malgré le haut niveau de radioactivité. Ils ne nous permettent pas d’évacuer, car s’ils décident de désigner la ville de Fukushima ou celle de Koriyama comme zones d’évacuation, cela voudrait dire qu’il faudrait arrêter le Shinkansen (TGV japonais), l’autoroute – bref, l’économie ne fonctionnera plus. C’est-à-dire que nous sommes sacrifiés pour les activités économiques et on nous laisse mourir. Je ne peux pas supporter cette situation à demi comme ça. Dans ce cas-là, je me sentirais plus léger si les centrales explosaient (complètement) avec
fracas. »
De son point de vue, la volonté politique accorde plus d’importance à l'intérêt économique des entreprises et des villes qu’à la vie des habitants de Fukushima menacés par la radioactivité ; elle les « laisse mourir ». Cette vision est partagée par d’autres enfants. Une fille de 13 ans qui vient de Miharu, Fukushima, a posé des questions au gouvernement devant une dizaine de fonctionnaires responsables de l’éducation et de la gestion du désastre nucléaire :
« Est-ce que l’argent est plus important que les habitants de Fukushima ? Pourquoi devons-nous être irradiés, les enfants de Fukushima, à cause de la centrale nucléaire que les grandes personnes ont construite sans nous consulter ? Pourquoi nous devons subir des épreuves si rudes ? Pourquoi vous continuez de relancer les centrales nucléaires malgré un accident si grave ? Je ne comprends pas du tout. (…) »
Une étudiante de l’université de 21 ans qui vient de Fukushima et qui fait ses études loin de chez elle exprime son indignation :
« Les autres départements affectées par le séisme, comme Miyagi et Iwate, avancent rapidement dans leur travail de reconstruction. Cependant, à Fukushima le temps est figé dans les zones d’évacuation à cause du problème de l’accident de la centrale nucléaire. Alors que trois mois sont déjà passés… Pourquoi ce genre de chose est arrivé ?
Pourquoi est-il arrivé à Fukushima ? L’actualité parle tous les jours de la centrale nucléaire accidentée et je la suis tous les jours mais il semble qu’il n’y ait aucune amélioration. Même actuellement, après trois mois (depuis l’accident), il semble que la situation se détériore de façon progressive.
Melt down ? Qu’est-ce que c’est ? Melt through ? Melt down ? Qu’est-ce que c’est ? (…) On n’aurait pas eu besoin de les connaître (si l’accident n’était pas arrivé). J’ai encore 21 ans. Je voudrais que le Japon devienne un pays dans lequel mon enfant que je vais mettre au monde et élever moi-même n’aura pas besoin de connaître ces choses-là. »
Ce n’est pas seulement la colère, mais aussi le sentiment d’être abandonné par l’État qui traverse les paroles de ces enfants et de ces jeunes adultes.
Conclusion
Au moment de la rédaction de cet article, au début du mois de septembre 2011, les autorités n’ont pas encore présenté de plan de reconstruction pour les zones affectées par les désastres. Cela aurait-il modifié la parole des enfants de Fukushima et d’ailleurs dans le pays?
Pour l’heure, dans leur diversité et au travers de niveaux langagiers inégaux, ces enfants nous dévoilent leurs perceptions de la situation. Eux aussi commentent la cause et les conséquences de l’accident nucléaire. Plus que les autres, ils subissent les contradictions enfouies dans le silence des adultes qui les laissent continuer de souffrir.
« Protéger les enfants de Fukushima. » Depuis mars dernier, la protection de la santé des enfants après l’accident nucléaire de Fukushima Daiichi était toujours le sujet prioritaire du débat public. Six mois après, cependant, nous ne voyons pas de progrès substantiel dans la mise en oeuvre des mesures concrètes qui assurent leur santé et sécurité.
L’inquiétude et la frustration exprimées dans leurs paroles s’originent en partie dans le manque de données sur l’état d’irradiation de ces enfants dans les zones affectées - une des premières données de bases pour développer les politiques de santé auprès des enfants après l’accident. Ce manque illustre l’état de stagnation politique.
Nous avons tendance à présumer que les enfants ne comprennent pas grand-chose et qu’ils n’ont pas d’avis. Dans cette perspective, les opinions perceptions et besoins des enfants de Fukushima et d’ailleurs affectés par l’accident nucléaire, ne sont pas prises en compte dans le débat public. Pourtant, la colère et les doutes qui traversent leurs
analyses « enfantines » de la situation, nécessitent d’orienter certaines actions politiques en direction de leur catégorie d’âge. Dans ce contexte, il faut ouvrir des voies pour écouter plus attentivement les jeunes citoyens japonais et inventer des réponses politiques qui puissent continuer de soutenir leurs destinées.
A côté de la question de l’action à mettre en oeuvre, celle de la responsabilité pour la justice sociale se pose. Et si les acteurs principaux dans la gestion de l’accident nucléaire – l’État, les hommes politiques et les bureaucrates, les milieux des patronats/entrepreneuriaux, les médias - ne s’en emparent pas toujours, il faut que nous, cadres de la santé publique et chercheurs en sciences sociales leur adressions. L’accident nucléaire de Fukushima nous a montré l’impossibilité de maîtriser non seulement la nature mais aussi les technologies nucléaires, cela doit nous pousser à replonger dans notre passé et agir désormais selon d’autres normes, orientées par la déontologie professionnelle.
Cet accident continue d’avoir un impact important sur la société japonaise – non seulement du point de vue environnemental, sanitaire et économique, mais aussi social et historique. Grandazzi conclut que nous n’avons rien appris de l’expérience de l’accident de Tchernobyl après deux décennies, à cause de la pression politique des « groupes
les plus puissants des sociétés modernes » qui « ont investi politiquement, idéologiquement, économiquement et vitalement dans les techniques les plus dangereuses de la mobilisation au point que même les accidents les plus énormes ne provoqueront probablement pas de doutes fondamentaux sur la direction et le rythme du processus civilisateur. »
Étant conscients de cette réalité politique à laquelle nous faisons face, nous, les professionnels de santé et les chercheurs en sciences sociales sommes encore obligés de prendre nos responsabilités afin de jouer un rôle dans cette transition émergeante, qui demande plus de démocratie et plus d’attention aux voix des citoyens de la société.
Très bon prétexte d'envoyer dans le golfe persique un sous-marin, porte-avions(lapsus corrigé) nucléaire à la retraite l'année prochaine. Moins cher que le démantèlement et bien polluant (8 réacteurs nucléaires).
L'USS Enterprise (deuxième du nom, le premier a participé au false flag de Pearl Harbor) a démarré sa carrière en 1961. Long de 341 mètres pour un déplacement de 94.000 tonnes en charge, l'USS Enterprise est armé par un équipage de 5700 hommes. Son groupe aérien embarqué comprend environ 70 avions et hélicoptères. Sa piste d'envol fait environ 2km².
Il est à noter que ce porte-avions était arrivé en Europe (au Portugal) depuis un an (janvier 2011) et qu'il devait repartir pour la Méditerranée, la Mer Rouge, l'océan Indien et le golfe Persique (SOURCE).
Le rapport de 400 pages de la Cour des Comptes est publié aujourd'hui. Il avait été demandé l'année dernière par des ONG anti-nucléaires.
Source : Le Point.fr
La Cour des comptes a chiffré mardi à 228 milliards d'euros les investissements dans l'électricité nucléaire en France tout en évoquant des incertitudes importantes quant aux coûts futurs de la filière, mais qui n'agiront qu'à la marge sur une addition appelée à grimper. D'après ce rapport de près de 400 pages, qui avait été commandé l'an dernier par le gouvernement après la catastrophe de Fukushima, les investissements publics et privés réalisés depuis le début dans la filière française d'électricité nucléaire, d'un montant colossal, sont néanmoins bien "identifiés", avec une addition "toutes dépenses confondues" évaluée à 228 milliards.
Le montant total de la construction des installations nécessaires à la production d'électricité nucléaire est chiffré à 121 milliards d'euros (hors coût de Superphénix), et le parc actuel, composé de 58 réacteurs dont les plus anciens (Fessenheim 1 et 2) sont entrés en service en 1978, a coûté, à lui seul, 96 milliards. Les dépenses de recherche publiques et privées depuis les années 1950 sont de leur côté évaluées à 55 milliards, soit environ un milliard par an.
Charges futures incertaines
La Cour prévient par ailleurs que les charges futures assumées par les opérateurs sont très incertaines "par nature", du fait de multiples inconnues liées au démantèlement des installations nucléaires et à la gestion à long terme des déchets radioactifs, par manque d'expérience et parce que certains choix ne sont pas encore arrêtés. D'où des risques d'augmentation "probables". Cependant, elle souligne que l'éventuelle augmentation de ces charges aura un impact bien moindre sur le coût global de la production d'électricité nucléaire que l'évolution des dépenses de maintenance des installations, dont le montant annuel moyen va au minimum doubler sur la période 2011-2025 par rapport à 2010.
Enfin, sans vouloir entrer dans le débat autour de la part du nucléaire dans la palette énergétique nationale, la Cour a prévenu que le non-prolongement des réacteurs d'EDF au-delà de 40 ans nécessiterait "un effort très considérable d'investissement équivalant à la construction de 11 EPR d'ici 2022", ce qui lui paraît "très peu probable, voire impossible".
*******************************************
Nucléaire/coût: le gouvernement réitèrera la démarche de la Cour des comptes
Source : Romandie News
PARIS - François Fillon a salué le rapport remis mardi par la Cour des comptes sur le coût du nucléaire et promis que le gouvernement reprendrait désormais régulièrement à son compte cet exercice de transparence.
La Cour des comptes a publié mardi un rapport sans précédent sur l'ensemble des coûts liés à la production d'électricité nucléaire en France, pointant des incertitudes sur les charges futures mais qui n'agiront qu'à la marge sur une addition appelée de toute façon à grimper.
Ce rapport, demandé par le gouvernement après la catastrophe nucléaire de Fukushima (Japon) en mars 2011, constitue une première référence mondiale depuis la construction du parc électro-nucléaire français, a salué le Premier ministre dans un communiqué.
Rappelant les conclusions de la Cour, qui a évoqué une appréhension correcte des coûts, passés et actuels de la filière, en dépit d'incertitudes sur les coûts futurs, M. Fillon a demandé à la ministre de l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, de procéder aux audits correspondants et aux évaluations complémentaires nécessaires.
Les choix sur la durée de fonctionnement des centrales nucléaires ou la construction de nouveaux réacteurs revêtant un caractère stratégique et déterminant sur les coûts de la filière, ils seront précisés dans le cadre de la programmation pluriannuelle des investissements (PPI) élaborée à partir de l'été 2012, ajoute le communiqué de Matignon.
Selon M. Fillon, qui a critiqué à de multiples reprises le choix du candidat socialiste François Hollande de réduire la part du nucléaire, ces choix auront des conséquences sur la progression, au cours des prochaines années, des tarifs de l'électricité pour les ménages. Un examen attentif global des choix en matière électrique sera indispensable dans les domaines de la production, du transport et de la distribution, estime-t-il.
Afin que l'exercice de transparence effectué par la Cour se poursuive, le gouvernement a décidé de le reprendre à son compte de façon régulière, annonce en outre Matignon.
Le gouvernement y intégrera de façon détaillée les conséquences du rapport remis le 3 janvier par l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) et demandera à la Commission de régulation de l'énergie (CRE) dassurer un audit régulier et public des travaux ainsi menés, conclut-il.